Monsieur le Président élu,
Monsieur Macron,
Cher Emmanuel,

Voilà quatre jour que tu as été élu. Un seul si on se réfère à la proclamation officielle par le Conseil Constitutionnel.

Dans les deux cas, cela fait peu. Trop peu pour que l’on ne soit pas… intrigué (à tout le moins) par le ballet qui est en train de se mettre en place.

La pratique de la politique était censée changer. Le personnel politique était censé changer. Les vieilles habitudes des vieux partis étaient censées appartenir au passé.

Et qu’a t-on vu ?

En tout cas, rien qui ne permette de se dispenser d’une méfiance prudente, à défaut d’un mécontentement agacé frôlant le rejet.

Visiblement cela négocie sec pour les investitures aux législatives, preuve la tambouille politico-politicienne à l’ancienne est encore à l’ordre du jour.

Mais à cela pourtant, il fallait s’attendre.

Non, le plus troublant, ce sont tes « amis », et François Bayrou en particulier. Ce vieux routard, au parcours politique en dent de scies, qui tient avec ta victoire une petite revanche sur le destin, et qui voudrait sinon jouer les premiers rôles du moins œuvrer aux premières loges.

Il se murmure qu’il pourrait entrer au gouvernement. A la Justice, ironie de l’histoire quand on connait les problèmes d’emplois fictifs auxquels il n’a pas souhaité répondre.
Il se murmure également qu’il aurait négocié un certain nombre de circonscriptions pour les législatives. L’avenir dira si le Yalta du centrisme a vraiment eu lieu.
J’espère pour la cohérence de ton discours qu’il n’en sera rien et qu’il n’y aura pas de recyclage !

Mais le pire avec ce bon François, c’est quand il nous livre ses analyses de comptoirs Palois en nous expliquant, le sourire aux lèvres et la fleur au fusil, que ton élection est surtout le fait d’un vote d’adhésion et d’un enthousiasme ravageur.

S’il fonde son analyse de fond sur la foule présente dimanche soir au Louvre, il ne fait aucun doute que tous ceux qui étaient là l’était de bon coeur et par conviction. Pas de débat.

Mais tous ceux, nombreux, qui t’ont apporté leur suffrage pour faire perdre Marine, au-delà de leurs convictions profondes, ne t’on pas choisi par amour, admiration ou enthousiasme. Ils l’ont fait par conscience. Leur conscience politique.

L’entre deux tour à été martelé de la même formule : « Voter Macron, c’est voter contre Le Pen ». Sous entendu, cela ne vaut pas adhésion, mais on n’a pas le choix.

Comme d’habitude encore, le discours change insidieusement par ceux à qui ont tend un micro. Ça et là on entend désormais : « Voter Macron, ben c’était voter pour Macron », donc il a 43% des inscrits qui sont d’accord avec lui donc ça vaut adhésion.

Ben non…

Donc mon Cher Emmanuel, s’il te plait, ne refait pas comme Chirac il y a 15 ans. Et ce, à deux niveaux : n’oublies jamais que tu es là grâce à des gens qui ont mis leur orgueil de côté et surtout, surtout, ne t’encombre pas de Bayrou !

Très affectueusement.

Publié par PeheMe

Maître de ces lieux

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