God the father

« Bonjour Charlie ! « 

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Entre deux rubriques nécrologiques de ce début d’année 2016 (une tout les deux jours on attend fébrilement celle du 8 janvier) personne n’aura pu échapper à la Une symbolique de Charlie censée marquer le premier « anniversaire » des attentats.

Le dessin de cette Une, signé Riss, est conforme à l’esprit de toutes les unes de Charlie : iconoclaste, décalée, provocante, blasphématoire, etc…

On n’en attendait pas moins de Charlie. Surtout pas après ce que le journal et son équipe a traversé.

Malgré tout, cette une me laisse un goût amer…

On a probablement tous compris l’idée qui préside à ce dessin : les assassinats de janvier 2015 ayant été perpétrés par une poignée de fous endoctrinés se revendiquant du Prophète et d’Allah, ces derniers deviennent donc mécaniquement à leur tour des assassins et des meurtriers.

C’est ce syllogisme que Riss a tenté de représenter dans un dessin qui représente pourtant une figure divine plus proche de l’iconographie chrétienne (pour ne pas dire catholique) que d’une vision plus universaliste du concept de « Dieu ».
Difficile en effet de faire une synthèse des représentations divines (surtout en dessin) quand de nombreuses religions les interdisent tout simplement. Il n’y a guère alors que l’esthétique chrétienne sur laquelle s’appuyer.
Même le triangle d’inspiration maçonnique ne parvient pas à mon sens à donner une dimension « Être Suprême » à ce personnage hargneux couvert de sang.

C’est là le premier écueil à mon sens de ce dessin : aux dernières nouvelles, les catholiques n’ont tué personne l’an dernier en France (à part peut-être quelques dindes à Noël). Ailleurs, dans le monde, il doit aussi falloir bien chercher (mais les commentaires sont là pour ceux qui trouveront des catholiques ou chrétiens sanguinaires ayant commis le même genre d’actes l’en dernier).

Le deuxième écueil, c’est que ce dessins aurait pu être lu de toutes les manières possibles, chacun y voyant la puissance symbolique qu’il voulait bien lui donner, s’il n’était pas accompagné de l’édito de Riss dans le journal.
C’est là que la Une perd de sa force. D’un dessin librement interprétable, son auteur nous en donne ses clés de lecture. Là où l’on pouvait voir par exemple une allégorie d’un Dieu d’amour transformé en Dieu de terreur, assassin, lâche et haineux par ceux qui justement se revendique de sa personne pour commettre des actes sanguinaires, Riss nous lâche au contraire comme ça que d’après lui tous ceux qui se revendiquent d’une religion sont à mettre dans le même sac et que le dessin est à prendre au premier degré : quelle que soit la religion, le Dieu vénéré est un assassin.

En sous texte, il faut comprendre que rien de bon ne peut sortir des religions qui ne sont que des machines d’endoctrinement, de soumission et de perversion.
Un peu extrême et un peu cru comme jugement.
On objectera bien entendu que l’histoire regorge d’exactions commises au nom de « Dieux » (croisades, colonisation, massacré, etc…) a créditer au compte de plusieurs religions.
Mais je ne suis pas convaincu que les sages paroissiens de mon village soient d’abominables sanguinaires en sommeil qui n’attendent que le signal du Saint Siège pour déclencher le grand soir !

Et que dire des milliers de croyants, pratiquants ou non, de toute confession qui sont aller manifester le 11 janvier 2015, qui pour certains se sont même peut-être abonné à Charlie alors que la ligne du journal allait à l’encontre de leur convictions ?

Le choix du symbole ne me semble pas le bon car ce ne sont pas les religions qui fabriquent des assassins, mais bien la connerie humaine qui transforme des êtres stupides en cons trouvant dans leur religion le prétexte à se donner en offrande pour s’acheter un quart d’heure de célébrité.
Enlevez les religions et nous aurons toujours autant de légions de cons prêts à se faire sauter pour n’importe quelle autre cause débile : les partisans des Chocolatines contre l’appellation « Pain au chocolat », les intégristes du saucisson pur porc contre ceux qui ne sont pas contre un petit saucisson au sanglier de temps en temps, etc…

Le dessin de Riss me laisse perplexe quand au message qu’il souhaite délivrer. C’est encore faire trop d’honneur aux tocards qui ont canardés il y a un an que d’en faire les messagers armés d’un Dieu quel qu’il soit, alors qu’ils n’ont probablement rien compris de ce qu’ils ont lu où appris dans leur formation religieuse.

L’histoire ne retiendra pas leur nom ni qu’il aient été des croisés ou des martyrs. On ne retiendra que leur connerie et que finalement la vérité ne se niche pas dans la Bible, le Coran ou la Torrah mais peut-être bien chez Audiard : « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait ».

Maître de ces lieux

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