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A vous, parents qui assistez aux spectacles de vos enfants

parents spectacles

Ayant la chance et le bonheur d’avoir deux beaux enfants (en même temps, quel parent dirait de ses enfants qu’ils sont moches ?), j’ai toujours considéré les spectacles de fin d’année comme des moments privilégiés dans notre vie de famille.

C’est d’abord l’assurance d’assister à un moment de candeur et d’innocence, oeuvre d’une ribambelle de bambins cherchant tous à faire de leur mieux.

C’est aussi et surtout notre façon de participer et de témoigner de notre gratitude envers les équipes enseignantes et éducatives qui se démènent toute l’année pour organiser et mettre au point ces spectacles qui sont avant tout une partie du programme pédagogique mis en place pour nos enfants afin de les conduire sur le chemin de la connaissance et du savoir-être.

Tous les parents n’ont pas forcément l’opportunité d’assister à ces spectacles. Sans tomber dans le cliché véhiculé par certains films américains avec des papa ou des mamans tellement surbookées et obnubilés par leur travail qu’ils en oublient le match de baseball décisif du petit dernier ou le spectacle de danse de la cadette, certains métiers ou certaines situation ne permettent pas toujours d’être disponible pour ces évènements.

Néanmoins, dans mon village, beaucoup de monde assiste aux spectacles des écoles maternelles et primaires.

Tant mieux ! Cela créé un vrai enjeux pour les enfants, qui savent alors qu’il vont devoir jouer devant une foule conséquente. Cela témoigne également d’un vrai interêt des parents (ou grand-parents, amis, nounous, etc.) pour le travail fourni par les enfants et les enseignants. Ou alors, c’est juste un réflexe narcissique pour se faire la réflexion que quand même « il est beau mon fils ! ».

A force d’assister année après année à ces rituels, si les chorégraphies, les thèmes, les costumes, les mises en scène, les musiques, et bien entendu les participants changent, il est une chose hélas qui reste immuable : l’attitude des parents.

C’est quelque chose qui me choque à chaque fois mais cette fois-ci, je pense avoir assister à la quintessence de toutes les dérives possibles d’une assistance de parents complètement gaga.

Voici donc une liste non exhaustive de conseils, ou plutôt de consignes à suivre pour que chacun dans l’assistance, mais surtout pour que vos enfants, passent un moment serein.

Arrivez à l’heure

Nous connaissons tous les aléas des transports, d’une sortie trop tardive du bureau, ou le pot de confiture qui s’éclate sur vos beaux souliers à cinq minutes de partir, mais la ponctualité, globalement, ça se prépare.

Un spectacle de ce type, ce n’est pas une séance de cinéma où l’on sait tous qu’il y a 25 minutes de pub au minimum avant que ça démarre vraiment.

Là, en général, un temps nécessaire et suffisant est prévu pour laisser le loisir à tout à chacun d’arriver avant le début du spectacle. Mais après l’heure… c’est plus l’heure.

Un retard est toujours possible, mais dans ce cas, faites vous discret et ne cherchez plus à vous mettre au premier rang !

Posez vos fesses et ne bougez plus

C’est quoi cette manie de se lever sans arrêt de naviguer d’un bout à l’autre de la salle ?

Quand c’est pas pour téléphoner, c’est pour courir après un bambin qui s’est fait la mâle ou une copine pour tailler le bout de gras, quand c’est pas pour aller aux toilettes ou simplement pour le plaisir de changer de point de vue.

On est d’accord que c’est le type d’évènement assez bon enfant et pas guindé pour un sous mais demandez-vous quand même si vous feriez la même chose à l’Opéra ou même plus prosaïquement dans une salle de cinéma près de chez vous.

Quand vous avez votre place, restez-y !

Et tant pis si vous deviez être à côté de quelqu’un. Vous débrieferez plus tard.

Ce qui m’amène à un autre point crucial.

Fermez votre gueule

Ouais, désolé, ça devient vulgaire.

Mais bon sang : d’une part est-ce que c’est vraiment l’endroit pour tenir une conférence avec vos voisins, et d’autre part, avez-vous aussi peu de respect pour vos enfants et leurs enseignants pour ne pas pouvoir la mettre en veilleuse pendant, aller quoi, une heure maximum, et laisser les chants se dérouler dans un silence de gymnase ?

C’est pas une réunion tuperware ni le salon de la moquette. Il y a des gens sur scène. Et pas n’importe lesquels en plus. Des gens que vous connaissez et qui par dessus le marché sont des enfants. Des enfants qui des fois ne parviennent même plus à s’entendre face au brouhaha de vos conversations désordonnées et inintéressantes.

Vous faites ça au concert d’Ed Sheeran ou tout autre artiste populaire du moment ? Non bien sûr. Vous fermez sagement votre gueule pour surtout « profiter du moment ». Tout juste reprenez vous en choeur un refrain avec les autres spectateurs, mais jamais vous ne digressez vers une conversation triviale à base de jante alu, de tuto macramé ou de lait 2e âge…

Posez votre téléphone et regardez avec vos yeux

Vous, vous aurez l’impression d’avoir assisté au spectacle de l’école.

Les enfants, vos enfants, auront fait face à une armée de téléphones braqués sur eux.

Dire qu’on se moquait des papas à caméscope dans l’école de fans. Mais outre le fait que c’était touchant, c’état fait avec tendresse et discrétion.

La facilité que les outils modernes nous ont donné pour capturer par l’image chaque moment de notre existence, a donné naissance à une armée de clone qui ne vit plus qu’à travers les écrans.

Le tout, en plus, pour un résultat souvent médiocre, que personne ne verra jamais et qui finira par être sommairement supprimé parcequ’il n’y a plus assez de place pour mettre à jour Candy Crush…

Si vous voulez vraiment des photos ou des vidéos du spectacle, plutôt que de tous faire les mêmes photos ou vidéos ratées, faites en sorte qu’il y ait de vrais photographes ou vidéastes dans la salle. Réservez leur les bons emplacements pour qu’ils puissent produire de belles images. Organisez vous pour qu’ensuite ces images soient partagées.

Vous profiterez ainsi pleinement du spectacle et vos enfants verront que vous les avez regardé et pas seulement fait acte de présence.

Soyez discret et ne faites pas « Coucou » à votre gamin

Que diriez-vous si, immergé dans l’eau glaciale de l’atlantique nord, Leonardo Dicaprio s’était tourné vers la caméra et avait beuglé « Coucou papa ! Coucou Maman ! » le tout accompagné de grands gestes ?

Ridicule n’est ce pas ?

Et bien là c’est pareil. Les enfants ne sont pas sur scène pour vous faire « Coucou ». Même si c’est pour une putain de photo floue. Surtout si c’est pour une putain de photo floue.

Les enfants sont sur scène pour exécuter le fruit de leur travail, de leur effort. Ce qui demande concentration et un peu de discipline. Même pour les plus petits. Un enfant de maternelle qui pleure parce qu’il est intimidé ne pas instantanément se sentir mieux parce qu’il vous aura vu faire de grand signe des bras dans la foule. Au contraire, cela va l’inciter à se précipiter vers vous et perturber tout le spectacle.

Et si c’est pas pour ça, pourquoi voulez vous que votre enfant vous fasse coucou ? Pour que vous sachiez qu’il vous a bien vu ?

Aussi étonnant que cela paraisse, les enfants ne jouent pas la représentation que pour vous. Vous ne seriez pas là, ils auraient fait pareil.

Donc sauf à ce que vous souhaitiez leur faire une surprise (ou arpenter les salles des fêtes en mode client mystère) ils sont en principe au courant que vous êtes là quelque part.

Si vous tenez vraiment à ce qu’ils vous localisent dans l’assistance, arrivez en avance, quand c’est encore les préparatifs, à un moment où faire coucou comme un Gogol ne sera pas gênant ni pour vous ni pour eux.

Odile

Restes à ta place bordel

Je l’ai déjà dit mais quand au début du spectacle tu as fait des pieds et des mains pour venir te mettre au premier rang pour pouvoir faire une story Instagram du passage de ton gamin en Marcus de la Pat’patrouille, c’est pas pour te casser 3 secondes après qu’il soit allé se rasseoir.

Déjà parce que personne ne viendra prendre ta place. On n’est pas devant la Joconde au Louvre où les touristes se chassent mutuellement les uns les autres devant le cordon comme des hooligans allemand dans un bordel russe pendant la coupe du monde.

Si tu as une place assise, tu la garde. Jusque. Au. Bout. Bordel.

Même si ça veut dire se farcir les 50 minutes restantes de spectacle a regarder des gamins qui ne sont pas les tiens…

Ne pars pas avant la fin

Ca rejoint le point précédent. Que tu sois assis devant ou pas. Que tu sois assis ou pas. Que tu sois à une spectacle scolaire ou pas. C’est toujours, je dis bien TOUJOURS, malpoli de se barrer avant la fin.

Si vous aviez fait ça pendant l’acte, vous n’auriez justement peut-être pas de gamin à venir voir… Enfin je dis ça…

Ça vous semble peut-être long, mais dites vous que c’est long aussi pour les enfants. Surtout ceux qui passent au début et qui vont se faire chier comme des rats mort le temps que tous les petits copains défilent.

La différence pour eux, c’est que pendant tout ce temps là, ils sont costumés à la vue de tout le monde et qu’ils ne peuvent rien dire, rien faire…

Vous, vous pourrez toujours surfer sur Facebook ou Zalendo…

N’applaudis pas que quand c’est ton gamin qui chante

Vous vous croyez à l’assemblée nationale ?

Les enfants des autres ne méritent pas vos applaudissement ? Ah. Peut-être ne les avez vous même pas regardés ?

Imaginez que tout le monde fasse comme vous. Chaque groupe d’enfants est connu par moins de monde qu’il n’y en a dans la salle.

Ça donnerait quoi ? 30 parents sur 200 qui applaudissent ? Un peu vide non ?

Et puis quelle violence pour les enfants en face. Ils pensent quoi ? Que ce qu’ils ont fait n’est pas assez bien ?

Allez. Faites vous violence et tapez dans vos petites mimines à chaque tableau !

Voilà. C’est tout pour le moment, et c’est déjà pas mal !

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Dans la tête du panda

Je vais commencer par ça : j’en ai marre des gens connus qui se plaignent d’être connus.
J’en ai marre des gens connus grâce à un talent, une activité, un art ou une réalisation particulière, se plaindre d’être réduit ou cantonné à ce seul acte originel.
J’en ai marre des gens qui, quoiqu’il fasse, ne sont jamais satisfaits et voudraient toujours faire autre chose.
Et j’en ai marre de ces « youtubers » (pourquoi youtubers d’ailleurs et pas youtubiste ?) qui cumulent ces 3 tares et qui reviennent régulièrement vous expliquer que les choses vont changer, que ça leur coûte (humainement et financièrement) mais que bon, c’est pour être « en accord avec mes valeurs » et ce que je suis profondément… #surmoipower

Et par dessous tout, j’en ai marre qu’on m’engueule et qu’on me fasse culpabiliser à longueur de journée sur le net et ailleurs, mais surtout sur le net.
Olala, vous utiliser un adblocker ! Vous tuez la création et les journalistes !
Olala, tu regardes des vidéos de chatons qu’on martyrise #causeanimale
Olala, tu regardes des vidéos YouTube sans donner sur tepee ou t’abonner #telethon

Merde !

(Ouais, en général je réponds merde, ça colle avec à peu près tout !)

Donc désolé, mais aujourd’hui, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase !

Et le fautif, c’est InthePanda, Victor dans la vraie vie. Inthepanda qui officie sur YouTube avec une chaîne orientée cinéma. Réalisateur lui-même, sa chaîne nous permet de découvrir certaines de ses créations, mais également ses coups de cœur, ses coups de gueule. Mais elle est surtout empreinte de réflexions de fond sur le cinéma dans toutes ses dimensions : techniques, sociales, économiques, etc.

Victor aime le cinéma, ça se sent et ça se voit. D’un amour viscéral, presque fusionnel. C’en est presque trop. Et comme pour tout ce qui est excessif, on perd vite le sens de la mesure.

Mais si être passionné est (relativement) facile, être passionnant l’est beaucoup moins. Et Victor sait être passionnant en donnant vie à son propos par la fougue de sa passion et sa vergue faconde.

Le risque avec une passion, c’est qu’on ne découvre trop tard qu’elle vous consume. Et une fois consumé, il ne reste plus grand chose pour rallumer la flamme…

Victor s’est-il aujourd’hui brûlé les ailes ?

C’est en tout cas le sentiment qu’il semble nous confier dans sa vidéo sur Alad’2 (notez que c’est le première, seule et unique fois que j’écris le nom de ce « film » de merde quelque part).

Usé par les règles du jeu de YouTube (le fameux YouTube Game dont il nous dit qu’il est par ailleurs inexistant) consistant à optimiser ses contenus et son référencement pour maximiser la monétisation de sa chaîne afin de gagner des sous… et pourquoi pas sa vie !, il se dit fatigué de devoir créer pour plaire à une certaine audience qui générera en bout de course une partie de ses revenus. Plus de vue = plus de pognon. Logique. Donc pour faire plus de vue, il faut faire des trucs que les gens veulent voir. Imparable.

Sauf que beaucoup de créateur qui se sont accommodé de ce mode de fonctionnement, semblent aujourd’hui lui tourner le dos…

Ça va foutre la merde dans mon plan, mais tant pis j’en parle maintenant : je ne suis pas du tout convaincu de la pertinence du modèle économique des créateurs tirant tout ou partie de leurs revenus des dividendes versés par YouTube.
Pour preuve, la majorité de ceux qui avaient tout misé dessus sont obligés de faire appel à des ressources tierces : plateformes de financement (tepee, patreon, abonnement YouTube, etc.), des placements de produit ou « partenariats » pour les prudes, etc.
Bref. C’est la merde. Et dès que Google change quelque chose dans les règles de monétisations et de rétribution, on se prend une avalanche de vidéo « ouin-ouin » parce que la rentabilité n’est d’un coup plus au rendez-vous… Triste époque.

Vous voulez la sécurité de l’emploi et de vos ressources ? Trouvez autre chose !

La vie des créateurs a toujours été dure et même quand on s’appelait Leonard de Vinci, Jean-Sébastien Bach ou que sais-je, il fallait faire ce pour quoi on vous savait doué et pour quoi on vous payait, quitte à ce que ça soit au détriment de son moi artistique profond et incompris.

Donc ouais : vivre de la création, c’est la merde. Mais ça l’a toujours été. Combien d’auteur ont du faire des piges de merde, et pas toujours glorieuses pour pouvoir bouffer des pâtes histoire de survivre assez pour avoir le temps d’écrire le chef d’oeuvre qui se vendra et les rendra un peu moins pauvre ? (ouais faut pas déconner, on n’est rarement milliardaire en vendant des bouquins…)

Et pour ne rien arranger , on est à l’époque d’internet… Tu sais celle où il est à la fois possible d’accéder à tout le savoir du monde (et tout le porno) en un clic et de déverser tout son fiel et sa haine d’un coup de clavier anonyme et masqué…

Mais a la limite incriminer le média et l’époque serait par trop facile et étriqué.
Parce que quel que soit le support et l’époque, les « haters » ont toujours eu le verbe haut et facile. Il n’y a guère que sur TripAdvisor où l’on trouve aisément de bonne critique. Sinon, de manière générale (le genre de formule à l’emporte pièce qui implique forcément de tomber sur une exception), ce sont ceux qui sont mécontents, pas d’accord, déçu ou en colère, qui lâche plus volontiers un avis ou un Feedback.
On ne parle jamais des trains qui arrivent à l’heure…

Et comme ça commence à devenir personnel, on va se tutoyer hein !

Ainsi donc, la vidéo la plus vue de ta chaîne est celle de ta critique des nouvelles aventures d’Aladin.
Alors du point de vue du créateur, je comprend que ça te fasse chier parce que d’autres de tes productions (on va arrêter de dire « vidéos » comme si on était sur videogag.fr) méritent plus de notoriété que ce que leur compteur de vues laisse voir (#jeudemot).
Mais d’un autre côté, quand tu dis que c’est ta vidéo la plus nulle, c’est faux, et ce au moins à deux titres.

  1. C’est pas la critique du film le plus mauvais que tu ai commenté sur YouTube. Les visiteurs 3 sont bien plus mauvais. A bras ouverts est bien plus mauvais. Donc console toi en te disant que la performance d’une critique n’est pas proportionnel à la médiocrité de l’objet.
  2. Sans parler de mon aversion de plus en plus prononcée pour les vidéo face cam (sérieux les mecs quand vous avez un message à délivrer / libérer… vous mettez pas en face cam… vous n’êtes pas le message !), ce qui est un autre sujet, l’esthétique de cette vidéo est loin d’être dégueu. En plus tu as le sens du rythme et du montage (ah bravo tocard ! Si tu maîtrise le montage, tu maîtrise le rythme…) qui rend le tout très plaisant à regarder. Que ça ne corresponde pas à tes standard de qualité, qui sont soit dit en passant ceux d’aujourd’hui alors que tu es plus « mur », c’est une chose. Mais même en prenant en compte le fait qu’il s’agit d’une ancienne vidéo, à la technique « datée », elle n’a pas a rougir.
    Et puis merde (oui, je vous ai dit, ça passe partout !), chier sur tes anciennes productions au motif que « c’est moins bien que maintenant, j’avais une coupe de merde, etc… » et reprocher à ton audience de les avoir aimées ça revient au même que si tu disais à ta mère qu’elle a pas de goût parce qu’elle a pleuré quand tu lui à récité le premier poème que tu as appris par cœur pour la fête des mère quand t’avais 3 ans au motif que c’était pas du Baudelaire.
    Non c’était pas de la grande poésie, oui c’était récité avec le cul, mais c’était fait avec amour, avec le sourire, avec enthousiasme et ça restera quoi que t’en penses et quoi tu veuille comme l’un des plus beaux souvenirs de ta maman et qu’elle en repleurera encore certainement dans bien des années en y repensant.

Donc non, nous on va pas chialer en revoyant tes vieilles prod, surtout que, on va pas se mentir, t’as aucun gout en matière capillaire ;), mais merde (comique de répétition) ça fait partie des fondations qui font ce que tu es aujourd’hui !

Tu sais, la culture, c’est comme la bouffe. Tu reviens toujours aux trucs que tu as aimé. Même si tu vieillis et que tu te découvre de nouveaux goûts, et ben de temps en temps t’aime bien revenir au MacDo. Tu sais, le truc honteux que tout le monde critique mais qu’on trouve bien rassurant de temps en temps…

Ben avec toi c’est pareil. Ouais on aime ce que tu fais de manière générale. Y a des trucs qu’on aime plus que d’autres. Mais quand y a un truc qu’on a vraiment kiffé, et bien on en redemande.
Le problème c’est pas que tout le monde t’ai « demandé » de faire une critique de la suite des aventures d’Aladin. Le problème, c’est qu’ils l’ont tournée cette putain de suite…

Les gens n’attendaient pas du bashing gratuit pour se divertir ou avoir un avis objectif sur cette bouse. Les haters t’ont pas attendus pour cracher sur Kev Adams ou qui sais-je.

Les gens t’attendais sur le sujet parce que tu es le porte parole de ces spectateurs affligés qui en ont marre qu’on leur donne de la merde à bouffer et qui se désolent de voir les jeunes pré-pubères se ruer consommer de la chiasse predigérée nauséabonde parfumée au marketing.

Tu te vois peut-être pas comme un Robin des bois des salles obscures mais pourtant c’est bien la qualité de ton propos mariée avec la qualité esthétique de tes productions qui font de toi quelqu’un de légitime pour t’exprimer sur le sujet.

Ta vie serait triste si tu n’étais qu’un hater comme les autres. Mais c’est pas le cas, même si la majorité des gens ayant vue ta vidéo la plus vue n’ont sans doute pas pris le temps de voir ce que tu fais par ailleurs.

Et quand bien même tes prod les plus performantes (ouais on va arrêter de se mentir, c’est du business YouTube et il n’est question que de performances) sont celles sur Aladin, ça va non seulement te rapporter du blé (ou des pâtes, rapport à ce que je disais plus haut, tu suis ?) mais surtout de locomotive pour le reste de la chaîne.

Et ne crois pas que ton rôle dans l’histoire de l’humanité sera réduit à ces seules épiphanies numériques. Plein de gens ont clashé Aladin. T’aurais été le seul, ça aurait pu se discuter. A la rigueur. Mais dans le concert de louanges à cet étron, tu as au moins eu le mérite de poser un constat simple, construit, argumenté, documenté, et instructif (ce qui est une gageure dans le cas présent).

Donc ça te saoule qu’en 2018 ta prod la plus vue soit encore celle là. Et ça te saoule encore plus qu’on t’ai harcelé pour savoir si t’allais critiquer la suite.

Soit.

Mais mec : c’était écrit !

Bien sur que les gens allaient vouloir avoir ton avis. Comme je le disais plus haut, pas pour voir un mec lambda tirer sur une ambulance qui n’a plus de roues. Non. Mais pour avoir TON avis. TON analyse. Avec TON ton (non, pas mon oncle…)

Et si tu le fais pas TOI, qui va le faire ? Qui va aller dire à tous ces producteurs, acteurs, marketeux que ce qu’il font c’est de la merde en barre massive ?
Nous ?
Et ou ? Dans les fiches Allociné et sur Amazon ?
C’est sur que ça va faire trembler l’industrie de voir 200 « LOL C NUL » à la queue leleu sur le forum Bla bla de JV.com !
Y a qu’à voir comme Disney à changé son fusil d’épaule face au torrent de haine dans les commentaires sur l’épisode 8.
Oh wait ! Ah bah non en fait, ils en ont rien à foutre…

Les gens t’ont pas attendu pour chercher des infos ou des avis sur un film avant d’aller le voir. Les gens n’ont pas besoin qu’on leur dise quoi penser. Ceux qui se laissent influencer ont l’échine trop molle pour avoir un impact sur le monde. On influence que l’endroit où ils vont lâcher leurs euros.
Les gens cherchent de l’info parce qu’il est humainement impossible de tout voir, tout lire, tout écouter. Et contrairement à ce que tu dis, c’est pas une question de pognon. C’est juste une question de temps… Au ciné, tu paye 13 balles pour 2h de ton temps. Et que pour 13 balles, t’as envie de passer 2h de bon temps. Pas 2h de supplice. T’es déjà resté 2h les doigts coincés dans une porte ? Ben c’est pas agréable et perso c’est la sensation que j’ai eu en regardant le dernier Star Wars.
Même en téléchargeant, en piquant le bouquin ou le CD (qui écoute encore des CD ?) le temps que tu consacre à une merde c’est du temps perdu et le temps perdu ne se rattrape jamais. Le pognon, ça reste à voir.

Donc oui, les gens, devant l’afflux massif de contenus, ont besoin d’avoir un peu d’infos avant de se ruer sur tout et n’importe quoi. Notre monde souffre de manque de temps. On n’en donc pas à perdre sur des conneries (comme cet article qui devient beaucoup trop long, je me saoule moi-même…) et, à minima, quand on sort d’un truc qui nous a pas plus on va vouloir savoir si on a été le seul à pas aimer ou si c’est qu’on a des goûts de merde.

Donc désolé Victor. J’aime beaucoup ce que tu fais, y compris les critiques, parce qu’elle sortent du lot de cette bouillie infâme de copier / coller des arguments marketing qu’on trouve dans toute la presse.

Si tu tiens vraiment à ce que les gens réfléchissent d’avantage à ce que tu dis : écrit le ! A l’heure du tout vidéo, on a tendance à sous-estimer la puissance des mots. Et bizarrement, les haters bas de plafonds qui sont venus se lâcher chez toi et qui te saoules, seront d’un coup moins nombreux, ayant déserté les lieux au premier mot contenant plus de 3 syllabes.

Quand j’ai vu la conclusion de ta dernière vidéo, j’ai programmé un lâché de slip kangourou à ton effigie sur Paris.

Si tu reviens, j’annule tout !

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Humeur Photographie Test

Everyday Backpack de Peak Design : un an après

Il y a un an, après avoir longtemps tergiversé, j’ai fini par craquer (raisonnablement) sur le Everyday Backback de Peak Design, en version 30 L, couleur « Ash » (enfin… gris clair quoi !)

Hasard ou coïncidence, j’ai du effectuer tout récemment un échange du sac avec le service client de Peak Design pour un léger problème, dont je parlerais plus bas. Du coup, j’ai saisi l’occasion pour comparer un sac tout neuf avec un sac ayant fidèlement servi pendant un an.

Voyons donc ce qu’il en est !

Oh ! Un sac tout neuf 🙂

Le choix du sac

Avant de rentrer dans le détail, laissez moi rapidement vous expliquer pourquoi avoir choisi ce sac.

Je commence à avoir pas mal de sac : sac à dos, sacoches, pochettes, sac de voyages, etc. Je me découvre presque une passion pour ces outils du quotidien pour lesquels les innovations ne cessent de voir le jour.

Mon précédent sac principal était un basique mais robuste Eastpak noir. Avec son look et sa fiabilité éprouvée on y loge tout ce dont on peut avoir besoin pour les déplacements du quotidien ou une petite randonnée.

Mais très vite, dès qu’on transporte un peu de matériel technique (ordinateur, tablettes, appareils photos, cables, etc.) ça devient vite compliqué en termes de confort (avec des arrêtes saillantes dans le dos) et de sécurité du matériel qui n’est pas suffisamment protégé.

Pour accompagner ce sac à dos, j’ai commencé à prendre plusieurs sacs « photos » de type sacoche ou sling. Mais très vite, les limites de ces sacs dédiés sont apparues. Même en reportage photo on a besoin d’embarquer autre chose que son boitier ou ses filtres…

Après plusieurs voyages où j’ai du me battre avec mes différents sacs, je me suis donc mis en chasse d’un nouveau sac, avec un cahier des charges assez strict :

  • Confortable, avec un soutien du dos ferme
  • Compartimenté
  • Adapté au transport de matériel photo… en quantité
  • Avec un accès rapide sur le coté
  • Mais qui ne se limite pas à un rôle de sac photo
  • Avec une poche dédiée pour un ordinateur

Autant dire que je cherchais le mouton à cinq pattes !

Cherche Lycos ! Cherche !

Mes recherches, peu efficaces il faut avouer, ne donnèrent rien dans un premier temps. Je tombais invariablement sur les gammes « photo » de type Lowepro, qui se prêtaient pour moi assez peu à un usage quotidien hors sorties photos, sauf à démonter consciencieusement l’enchevêtrement de séparateurs à scratch que vous avez mis des heures à mettre en place…

Mais force était de constater qu’à priori aucun candidat ne semblait répondre à l’ensemble de mes critères, un paramètre manquant toujours à l’appel ou ne correspondant pas tout à fait à mon postulat de départ.

Je devait donc me résoudre à faire des compromis par rapport à l’idéal que je recherchais.

En désespoir de cause, aidé par le hasard lors de la visite inopinée d’un magasin photo en vacances à Bordeaux,  je me suis rabattu sur un sac de la marque Nikon, non parce que c’est la marque photo que j’utilise (et que j’apprécie par ailleurs) mais parce que c’est celui qui se rapprochait le plus de mes besoins. Un test de ce sac, assez méconnu par ailleurs, est en cours de préparation.

C’était (enfin… c’est, puisque je l’ai toujours) un sac purement photo, mais dont les possibilités d’aménagement et son prix contenu (moins de 100€) en faisait une alternative interessante à toutes les gammes vers lesquelles toute recherche Google va vous mener inconditionnellement… Pour peu que l’on cherche un sac « photo », ce qui n’était toujours pas mon cas.

Bref. Ce sac est parfait pour stocker tout mon matériel photo. Plus pratique pour moi qu’un valise encombrante, il ne résout quand même pas l’ensemble de mes besoins.

Après avoir lâché l’affaire pendant plusieurs semaines, c’est au détour d’une vidéo youtube, que j’ai découvert Peak Design et l’Everyday Backpack.

Quelques recherches et quelques hésitations plus loin (et oui, c’est quand meme un budget 😉 ) me voilà l’heureux propriétaire de ce magnifique sac.

Le sac en bref

Inutile de revenir en détails ici sur les features de ce sac. Les tests, unboxing et autres review sont légions sur le net. Le mieux étant d’aller voir directement la vidéo de présentation faite par Peak Design :

Versatile grace à son système de séparateurs polyvalents, sobre et élégant, pratique, doté d’un nombre incroyable de rangements très astucieux, d’une robustesse saluée, il répondait en tous points de vues à mes besoins !

Des poches ! Plein de poches !

Le sac au quotidien

J’ai utilisé ce sac tous les jours, que ça soit pour aller au bureau, se balader en ville, partir en week-end ou faire de la randonnée.

J’ai trouvé là un sac unique me permettant de répondre à toutes les situations, sans avoir besoin de changer de sac à chaque fois. Bien entendu, pour des sorties très spécifiques, il ne remplacera pas complètement un sac dédié. N’espérez pas faire un trek avec, il ne remplacera pas complètement un vrai sac de randonnée. J’ai néanmoins fait plusieurs sorties à la journée et il n’a pas été pris en défaut : vêtements, cartes, bouteilles, rations, appareil photo (bien sur !), j’avais tout à portée de main, sans manquer de rien et avec une tenue irréprochable.

Certains disent trouver que l’organisation du sac demeure un véritable casse-tête : comment est-ce que j’organise les séparateurs ? Que mettre dans chaque poche ? Je met ce truc où ?

C’est se tordre la tête pour pas grand chose ! Au fil du temps, vous apprenez à tirer parti des capacités de personnalisation (presque) infinies offertes par le sac.

Il n’existe pas une façon unique d’organiser ce sac, qui va se plier à toutes les situations en partant d’un grand espace vide à une imbrication plus ou moins complexe des séparateurs. Le problème est, comme dans beaucoup de situation, la trop grande variété de choix. Trop de choix, trop de possibilités, tue le choix. Se plaindre de cette modularité reviendrait à se plaindre qu’une voiture offre de trop nombre allures possibles…

De mon point de vue, il y a plus matière à ergoter sur son look, qui plait ou ne plait pas, ou encore son envergure qui peut être plus ou moins massive selon la physionomie de chacun. Mais sur le reste, il s’agit d’un sac très polyvalent qui s’adapte à la vie quotidienne de beaucoup d’entre nous.

Le sac un an après

Après un an d’usage intensif, je dois admettre que le sac est en meilleur état que ce à quoi je m’attendais.

Deux bémols par rapport à ce constat tout de même.

D’abord, j’ai pris un soin tout particulier de ce sac et ai fait attention à ce qu’il ne subissent aucun accroc ou aucun dommage sérieux. Il a été tâché, mais c’est à peu près tout.

Ensuite, malgré le soin apporté, une usure marquée est apparue sur la garniture en bas du dos, usure qui a fait l’objet du SAV évoqué en début d’article.

Après contact avec Peak Design, il s’agit d’un problème connu, qui passe sans problèmes sur la garantie.

Au départ, je croyais qu’il s’agissait du frotement des pièces métalliques que l’on trouve à l’arrière des jeans. Mais en fait, il n’en est rien. C’est simplement le passage du temps, sur une partie très sollicitée et pas suffisamment renforcée.

Mise à part ce dégât, rien n’a bougé ou presque. Les fermetures éclairs sont intactes. Tout juste les attaches touchant le sol ont perdue de leur superbe.

L’ancien sac à gauche, le nouveau à droite

Les pièces de cuir n’ont pas bougé non plus. Seule celle de la poche supérieure a pris une patine sympathique à force d’être utilisée. D’ailleurs, sur le sac de remplacement, ces attaches ne sont plus garnies de cuir, mais seulement noire. D’après l’équipe de designer de Peak Design, cette modification permet de régler des problèmes d’usure.

Ca patine !

Le cuir, c’est quand même la classe !

Les parties en nylon sont intactes également. Celle en nylon renforcé au pied du sac, destinée justement à résister le plus aux abrasions, n’a pas pris une ride.

Nickel !

Les séparateurs laissent tout juste apparaître discrètement une légère usure sur la tranche. Mais leur solidité n’est pas prise en défaut et ils restent bien en place.

A peine usé !

Aucune couture n’a lâché et les bretelles ne souffrent d’aucune faiblesse. Les poches latérales, fortement sollicitées pour le transports de bouteille ou de trépieds auraient pu être distendue. Il n’en est rien non plus.

L’ancien à gauche, le nouveau à droite

En conclusion

Vous dire que je suis très content de ce sac serait un doux euphémisme !

Il m’accompagne tous les jours et me permet d’emporter tout ce dont j’ai besoin pour une journée de travail, une sortie en famille, etc.

Vous dire que je ne suis pas inquiet à propos du problème rencontré serait un pieux mensonge.  Bien que couvert par la garantie (même si c’est particulièrement galère de le faire prendre en charge) ça n’en reste pas moins un point « inquiétant ». Car il est à peu près certain que le souci va se représenter.

Reste à savoir quand, vu que je vais particulièrement surveiller ce point là !

Ça n’enlève rien au fait que le prix en vaut la chandelle et qu’au delà de la hype du moment, le sac reste endurant et résiste sur la durée (quelques éraflures n’entament pas l’intégrité du sac… votre matos est en sécurité !).

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Humeur

La fonction publique c’est comme un meuble Ikéa

La fonction publique est un monde merveilleux. Je le sais d’autant plus que j’en ai fait partie et que j’ai passé une longue partie de ma vie professionnelle à travailler à son contact.

On peut dire ce qu’on veut, mais tous les points de vues sur la fonction publique reposent sur un fond de vérité : il y a plein de gens formidables, il y a plein d’incapables ou de fainéants, ça coûte trop cher mais la plupart ne sont pas bien payés, les moyens sont mal employés, les politiques ne savent pas correctement la piloter, etc…

Entre les gens qui font de leur mieux, ceux qui se tirent une balle dans le pied, ceux qui ne savent pas pourquoi ils sont là, etc. on se retrouve devant un équipage plutôt improbable dont on se demande comment il tient encore debout.

De là est venu cette petite réflexion, cette petite « analogie ».

N’y voyez là aucune méchanceté ni aucune malice. Rien qu’un trait d’esprit. Oh ! Et pardon pour les designers d’Ikéa. C’est pas leur faute 🙂

Les agents sérieux

Les pièces discrètes, voire invisible, sans qui le meuble ne tiendrait pas. Sans les agents sérieux, tout l’édifice s’effondrerais pour de vrai. On peut tenter par moment de retirer une pièce sans que cela ne porte véritablement à conséquence : l’intégrité du meuble sera garantie la part que prendront les pièces encore en place. Mais à mesure que l’on retire des pièces, la charge utile du meuble diminue jusqu’au jour où celui-ci se délite

Les délégués syndicaux

Ce sont les pieds du meuble… mais posés de travers. Du coup on les voit bien, c’est moche et ça rend le tout bancal. Si on les enlève, le meuble est moins haut, si on le tire, ça peu rayer le parquet, mais dans les faits, c’est plus esthétique et plus efficace. En plus, ça évite que la poussière s’agglutine sous le meuble

La notice de montage

Illisible pour certains. Parfaitement compréhensible pour d’autre. Ensemble des règles, en apparence simple, qui permettent de monter l’ensemble pour qu’il réponde à son usage de destination. Toute liberté prise avec la notice est passible de dysfonctionnements plus ou moins graves

Les chefs de services

Ils sont en principe les potences, courroies et autres tringles qui permettent que tout glisse et d’amortir les secousses de fonctionnement. Mal dimensionné ou mal posées, les tiroirs sont bancals et tout grince.

Les élus

Ce sont les vitrines et les ornements du meuble. On voit à travers et n’ont de fonction qu’esthétiques. Que les goûts des utilisateurs du meuble changent et on les remplacent aussi vite qu’ils ont été installés

Les agents nuisibles, nocifs, incompétents et inutiles

Ce sont les pièces en trop qui restent une fois le meuble monté. On ne sait jamais quoi en faire donc on les laisse dans un tiroir du meuble « au cas où » et ils pourrissent la vie au jour le jour en se glissant là où il ne faut pas.

Le gouvernement

C’est la poussière inévitable qui se dépose lentement sur le meuble. Quand l’envie lui en prend, il passe un grand coup de balai et, quand il estime que la poussière revient trop vite, déplace le meuble à un autre endroit, voire lui affecte un usage bien différent de sa destination de départ.

Les think-tank

C’est le vendeur de Ikéa qui te propose de tuner ton meuble, soit en changeant de couleur, soit en ajoutant des options débiles dont tu t’aperçois au bout d’une semaine que c’était pas une bonne idée : genre le porte cravate sur la porte extérieure ou le porte pantalon qui t’oblige à virer toutes tes pompes pour encombrer un autre placard.

Voilà, c’est tout pour moi 😉

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Humeur Tech

« Apprendre ne sert à rien, c’est dangereux et ça rend idiot »

Cet article vient en réaction à l’interview, surréaliste de mon point de vue, qu’a donné Nicolas Sadirac, DG de l’école 42 cofondée avec Xavier Niel, dans laquelle il postule qu’apprendre ne sert à rien.

L’histoire retiendra peut-être que le premier acte de la défaite de l’homme face à la machine aura été une banale interview d’un directeur d’école informatique.

A ce stade là, c’est une boutade. L’idée n’étant bien entendu de ne pas se lancer dans une querelle des anciens contre les modernes.

Les ordinateurs et les machines sont amenées à faire de plus en plus de choses, de plus en plus vite. Il ne s’agit plus seulement de multiplier les calculs et leur vitesse d’exécution, mais bien de confier aux machines de tâches de plus en plus complexes, tâches qui s’éloigne de plus en plus du calcul brut en allant vers des raisonnements, de la déduction et de l’imagination créatrice. Au passage, il faut noter que ces tâches complexes reposent, quoi qu’on en dise, sur des milliards de calculs à la miliseconde.

La question n’est pas tant de savoir ce que les machines sont ou seront capables de faire ou de produire. Le débat est plutôt de savoir quel degré d’autonomie nous allons confier à ces machines. A quel moment allons nous perdre le contrôle ?

La réponse à cette question n’est pas liée aux limites que nous imposerons aux machines, mais bien aux limites que nous nous imposerons à nous même. Ainsi, quand Nicolas Sadirac postule qu’apprendre ne sert à rien et qu’il faut s’en remettre à Internet pour trouver les informations dont on a besoin, il introduit une borne, une limite face à la machine.

Apprendre ne sert-il vraiment à rien comme le postule Nicolas Sadirac ?

Distinguons trois dimensions :

  • Apprendre comme outil d’apprentissage et de construction de soi
  • Apprendre par curiosité ou plaisir
  • Apprendre par nécessité ou commodité

Ajoutons à cela deux postulats supplémentaires :

  • Tout apprendre est humainement impossible. La somme des connaissances est telle, qu’un cerveau humain est incapable de tout absorber. Chercher à tout apprendre est donc inutile, et il faut « apprendre » pour le coup, à savoir où chercher quand nécessaire. Ceci est une règle de base, immuable depuis que l’on a est passé de la tradition orale ou la tradition écrite.
  • Il convient de distinguer le fait d’apprendre de celui de « retenir ». Il est tout à fait possible de survoler une information, sans chercher à l’assimiler, mais d’en conserver une empreinte diffuse quelque part dans sa mémoire.

« Mémoire ». Le terme est important. Cet outil bien plus puissant que le simple stockage sur un disque dur quelconque. Cet outil autrefois propre à l’être humain et que la machine s’approprie à travers les technologies de Deep Learning et de réseaux neuronaux.

A quoi sert la mémoire ?

La mémoire permet de construire son identité, de tirer profit de l’expérience et, à plus court terme d’être plus efficace. Quoiqu’en dise Nicolas Sadirac, certaines informations sont plus facilement mobilisable lorsqu’on les a dans un coin de sa tête que de devoir aller la chercher sur le net ou dans sa calculatrice (dédicace à tous ceux qui ne connaissent pas leurs tables de multiplications).

Mais revenons-en à la question initiale : Apprendre ne sert-il vraiment à rien ?

Compte tenu de ce que nous avons dit précédemment, la première réponse est : non, cela ne sert pas à rien. En tant qu’outil indispensable d’apprentissage, le fait d’apprendre est ce qui permet de maîtriser sa langue maternelle, entraîner sa mémoire à long mais surtout à court terme, ce qui, sur la fin de vie est d’une valeur inestimable.

Passé ce bagage, est-il inutile d’apprendre une connaissance ou un information lorsque l’on agit par curiosité ou par plaisir ? Là on a envie de dire que c’est subjectif. On a envie… ou pas. On peut très bien vivre sans apprendre une nouvelle langue étrangère (mais dans ce cas, on ne plaint pas que les voyages sont moins intéressants) ou n’avoir aucune curiosité pour en savoir d’avantage sur l’histoire secrète du tableau La vierge et l’enfant de De Vinci.

Mais force est d’admettre que notre bon Nicolas Sadirac ne parle d’aucune de ses deux « façons » d’apprendre. Lui s’en tient à la connaissance purement utilitaire. De son point de vue, il est inutile de s’encombrer l’esprit de données périssables, d’usage ponctuel, donc par essence « jetable » puisque sans utilité passé le cadre dans lequel ces connaissances étaient nécessaires.

D’une certaine façon, ce point de vue peut se défendre. Certains projet nécessites en effet que l’on doive brasser quantité d’informations dont il est inutile de conserver une trace indélébile. L’essentiel est cela est en revanche de « savoir » où trouver l’information désirée (ceci relevant pour le coup d’une compétence qu’il convient d’apprendre si l’on veut espérer la mettre en pratique de manière efficace).

Mais ceci montre vite ses limites et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord pour une question d’efficacité. Quand bien même les interfaces évoluent « de façon drastique » pour accéder à l’information, le temps d’accès à certaines informations, surtout si celles-ci sont redondantes, devient un frein.

Quand l’outil prend le relais de l’homme sur ces tâches pour des raisons de commodité (prédiction des méthodes à appeler dans Visual Studio, autocomplétion de formules de calculs, etc…) mais surtout que l’on ne se pose plus la question de savoir pourquoi la machine nous propose telle ou telle information ni comment cela a été conçu, alors nous entrons dans ce que nous exposions au début : quel niveau de contrôle exerçons nous sur la technologie qui nous sert ?

Apprendre doit permettre de comprendre. Comprendre le pourquoi mais aussi le comment.

Cela renvoie à une blague connue sur la différence entre un polytechnicien et un ingénieur des arts et métiers qui construisent un pont : celui du premier s’écroule mais il sait pourquoi. Le pont du second tient mais il ne sait pas pourquoi.

Même si, comme le laisse entendre Nicolas Sadirac, certains savoir et savoir-faire peuvent être confiés à la machine, ce qui reste à prouver pour le second, il appartient à l’homme d’en tirer parti. Bâtir quoi que ce soit à partir de fondations que l’on ne maîtrise ni ne comprend est le premier pas vers un monde de crétins.

Prenons un exemple simple, hors du champs de la technologie et de l’informatique : l’écriture d’un livre. Quoiqu’on en dise, ce n’est pas à la portée de n’importe qui. Non pas pour trouver matière à construire une histoire, mais encore faut-il la narrer avec talent. Mais au-delà du style, le récit implique que l’on s’appuie sur de la matière, y compris pour bâtir un univers entièrement fictionnel. Il serait toutefois inutile de se vouloir expert dans le domaine servant de contexte au récit (physique pour un roman de SF, histoire pour une fresque historique, etc…). Néanmoins, l’auteur va se documenter et pour cela rechercher des informations non pas pour les assimiler (encore que, comme je le disais précédemment, les conserver en mémoire lui fera gagner un temps précieux) mais pour comprendre et disposer d’une base cohérente (je renvoi à ce que je disais de la suspension consentie de l’incrédulité).

Le produit final va donc être le fruit d’un travail issu d’un mix de connaissances, au moins superficielles, et de création.

Ainsi, est-ce que, comme le suppose Nicolas Sadirac, apprendre encombre  t-il l’esprit au point de ne plus pouvoir être créatif ?

Assurément non.

Au contraire même !

Qu’il faille encourager l’audace, la créativité, et cela dans tous les domaines, qu’ils soient artistiques ou plus terre à terre, c’est une évidence. En dehors des rentiers, personne n’a intérêts à ce que les choses se perpétuent immuablement sans renouvellement, sans créativité.

Mais penser que l’ignorance crasse et l’absence d’expérience est la condition sine qua non d’une créativité débridée et salvatrice pour le monde de l’entreprise est suicidaire, abscon et fallacieux.

Autre ineptie, et après j’arrête de tirer sur l’ambulance : envisager l’informatique comme un art. Pire : postuler que l’une des erreur majeure de notre société ait été de considérer l’informatique comme une science et que c’est une hérésie (rien que ça) de le penser.

L’informatique n’est ni l’un, ni l’autre. C’est un outil. Point. Un outil que l’on étudie, que l’on « apprend » à maîtriser, pour créer. De même d’autres domaines que l’on qualifie de « science » permettent de créer : la physique, la mathématique, la biologie, etc… On peut être créatif en maths, en biologie, en littérature, quand bien même ces domaines reposent sur des règles établies.

En définitive, Nicolas Sadirac semble avoir des idées bien arrêtées sur ce que devrait être l’apprentissage de l’informatique : être créatif et disruptif. La question étant, à partir de quand cet engrenage va t-il se retourner contre ceux qui auront contribué à le mettre en place ?

Heureusement que des gens sérieux se sont penchés sur la question de la créativité.

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Lettre ouverte au Président de la Commission de Défense

Monsieur le Président de la Commission de Défense,

Monsieur le Député,

Je me permet de vous adresser cette missive en raison des manquements flagrants à leur devoir de confidentialité d’un ou plusieurs membres de la Commission Parlementaire que vous avez l’honneur et la charge de présider.

En effet, vous avez auditionné il y a plusieurs jours le Général De Villiers, Chef d’Etat Major de nos armées, et ce, au cours d’une séance à huis-clos.

La haute sensibilité des informations susceptibles d’être échangées lors de ces réunions est évidente et l’aspect confidentiel de ces sessions l’est donc tout autant.

Comment pouvez-vous donc expliquer que des propos « prétendument » tenus dans cette enceinte se retrouvent publiées dans la presse ?

Ne mettons pas en doute la pugnacité des journalistes et leur intrépidité pour débusquer les informations les plus croustillantes de la vie politique française.

Néanmoins, le caractère parfaitement hermétique que suppose une réunion à « huis-clos » laisse présager que des fuites plus ou moins bien intentionnées sont en cause et que certains participants à cette audition n’aient pu s’empêcher de s’épancher à l’oreille de quelque chroniqueur.

Comment est-il possible dans ces circonstances de faire confiance à la représentation nationale et aux députés qui la compose si les impératifs éminents les plus élémentaires du secret des auditions confidentielles n’est pas respecté ?

Alors que toute la campagne de l’élection Présidentielle puis des élections législatives d’ « En Marche » promettait de rompre avec les usages du passé, comment interpréter ce qui ne ressemble à rien d’autre qu’à une tentative de déstabilisation destinée à éliminer une voix discordante ?

Quoique les fautifs ne soient à cette heure-ci pas identifiés – si tenté que quelqu’un cherche à savoir qui est à l’origine de ces confidences douteuses, et que l’ensemble des groupes parlementaires est représenté au sein de votre commission, il peut tout autant s’agir d’un coup politique comme d’une grossière erreur de débutant. Dans les deux cas, de telles pratiques constituent des fautes lourdes et

En tout état de cause, et parce qu’il en va de la crédibilité des travaux de l’Assemblée, il semble plus que nécessaire qu’un rapide rappel à l’ordre soit adressés aux membres de votre commission afin que de pareilles indiscrétions ne se réitères pas, au risque de voir dévoilées à l’avenir des informations par trop sensibles.

Ne voyez dans ce courrier Monsieur le Député, rien de plus que la requête d’un simple citoyen exigeant vis-à-vis de ceux qui ont reçu le mandat de représenter l’ensemble des français.

En espérant que cette modeste contribution trouve un écho favorable de votre part, je vous prie d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de mes sincères et cordiales salutations républicaines.

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Humeur

« Bonjour Charlie ! « 

Entre deux rubriques nécrologiques de ce début d’année 2016 (une tout les deux jours on attend fébrilement celle du 8 janvier) personne n’aura pu échapper à la Une symbolique de Charlie censée marquer le premier « anniversaire » des attentats.

Le dessin de cette Une, signé Riss, est conforme à l’esprit de toutes les unes de Charlie : iconoclaste, décalée, provocante, blasphématoire, etc…

On n’en attendait pas moins de Charlie. Surtout pas après ce que le journal et son équipe a traversé.

Malgré tout, cette une me laisse un goût amer…

On a probablement tous compris l’idée qui préside à ce dessin : les assassinats de janvier 2015 ayant été perpétrés par une poignée de fous endoctrinés se revendiquant du Prophète et d’Allah, ces derniers deviennent donc mécaniquement à leur tour des assassins et des meurtriers.

C’est ce syllogisme que Riss a tenté de représenter dans un dessin qui représente pourtant une figure divine plus proche de l’iconographie chrétienne (pour ne pas dire catholique) que d’une vision plus universaliste du concept de « Dieu ».
Difficile en effet de faire une synthèse des représentations divines (surtout en dessin) quand de nombreuses religions les interdisent tout simplement. Il n’y a guère alors que l’esthétique chrétienne sur laquelle s’appuyer.
Même le triangle d’inspiration maçonnique ne parvient pas à mon sens à donner une dimension « Être Suprême » à ce personnage hargneux couvert de sang.

C’est là le premier écueil à mon sens de ce dessin : aux dernières nouvelles, les catholiques n’ont tué personne l’an dernier en France (à part peut-être quelques dindes à Noël). Ailleurs, dans le monde, il doit aussi falloir bien chercher (mais les commentaires sont là pour ceux qui trouveront des catholiques ou chrétiens sanguinaires ayant commis le même genre d’actes l’en dernier).

Le deuxième écueil, c’est que ce dessins aurait pu être lu de toutes les manières possibles, chacun y voyant la puissance symbolique qu’il voulait bien lui donner, s’il n’était pas accompagné de l’édito de Riss dans le journal.
C’est là que la Une perd de sa force. D’un dessin librement interprétable, son auteur nous en donne ses clés de lecture. Là où l’on pouvait voir par exemple une allégorie d’un Dieu d’amour transformé en Dieu de terreur, assassin, lâche et haineux par ceux qui justement se revendique de sa personne pour commettre des actes sanguinaires, Riss nous lâche au contraire comme ça que d’après lui tous ceux qui se revendiquent d’une religion sont à mettre dans le même sac et que le dessin est à prendre au premier degré : quelle que soit la religion, le Dieu vénéré est un assassin.

En sous texte, il faut comprendre que rien de bon ne peut sortir des religions qui ne sont que des machines d’endoctrinement, de soumission et de perversion.
Un peu extrême et un peu cru comme jugement.
On objectera bien entendu que l’histoire regorge d’exactions commises au nom de « Dieux » (croisades, colonisation, massacré, etc…) a créditer au compte de plusieurs religions.
Mais je ne suis pas convaincu que les sages paroissiens de mon village soient d’abominables sanguinaires en sommeil qui n’attendent que le signal du Saint Siège pour déclencher le grand soir !

Et que dire des milliers de croyants, pratiquants ou non, de toute confession qui sont aller manifester le 11 janvier 2015, qui pour certains se sont même peut-être abonné à Charlie alors que la ligne du journal allait à l’encontre de leur convictions ?

Le choix du symbole ne me semble pas le bon car ce ne sont pas les religions qui fabriquent des assassins, mais bien la connerie humaine qui transforme des êtres stupides en cons trouvant dans leur religion le prétexte à se donner en offrande pour s’acheter un quart d’heure de célébrité.
Enlevez les religions et nous aurons toujours autant de légions de cons prêts à se faire sauter pour n’importe quelle autre cause débile : les partisans des Chocolatines contre l’appellation « Pain au chocolat », les intégristes du saucisson pur porc contre ceux qui ne sont pas contre un petit saucisson au sanglier de temps en temps, etc…

Le dessin de Riss me laisse perplexe quand au message qu’il souhaite délivrer. C’est encore faire trop d’honneur aux tocards qui ont canardés il y a un an que d’en faire les messagers armés d’un Dieu quel qu’il soit, alors qu’ils n’ont probablement rien compris de ce qu’ils ont lu où appris dans leur formation religieuse.

L’histoire ne retiendra pas leur nom ni qu’il aient été des croisés ou des martyrs. On ne retiendra que leur connerie et que finalement la vérité ne se niche pas dans la Bible, le Coran ou la Torrah mais peut-être bien chez Audiard : « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait ».

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Humeur Politique Tech

Régions : « My bretzel is Rich(ert) »

Hier avait lieu la séance inaugurale des nouveaux conseils régionaux issus des élections de décembre dernier. Les nouveaux présidents de régions ont été élus. Sans suspens. Discours convenus, communication contrôlée, clichés claquants classiques… Bref, la routine.

La routine, vraiment ?

Oui et non…

Oui, parce que les discours convenus étaient pour la plupart une redite des promesses de campagne et certaines annonces sont venues rendre concrétiser certaines déclarations de campagne. Ça c’est du déjà vu : on dit qu’on va faire ce qu’on avait a dit…

Et puis Non, parce que contrairement à d’habitude, l’acte fondateur de plusieurs d’entre eux aura consister à s’attaquer au moins symboliquement au train de vie des élus régionaux. Les budgets sont en berne partout et après tout, il n’y a pas de petites économies. A force de nous dire que chacun doit prendre sa part de responsabilité et de sacrifice pour l’effort national, il fallait bien que cela finisse par tomber sur nos chers édiles.

Indemnités, voitures de fonctions et autres avantages en nature, toutes les régions vont subir ce tour de vis budgétaire.

Toutes ? Non !

Une région résiste encore et toujours. Et pas qu’un peu !

C’est en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine (#woputainvouspouviezpastrouverunnomderegionpluslongencore?) que ce joue le drame. .

C’est en effet au pays de la Choucroute, des cigognes et de Jeanne d’Arc (Au secours !) que nous avons eu une belle démonstration de l’esprit de rigueur et de pondération.

Mais qu’ont donc fait ces Alsachampardennailorrains ?

Comme un jour de rentrée des classes en maternelles ou de congrès des syndics de copropriétés, chacun des 169 élus de l’assemblée (moins ceux qui effectue là leur deuxième mandat si l’on en croit Le Point) ont reçu une sacoche de bienvenue (ou « Welcome Pack » dans les congrès étudiants) contenant différents goodies offerts par le nouveau conseil régional.

Là où c’est très fort, c’est qu’au lieu de se contenter d’un pin’s, d’un stylo, d’une clé USB et d’un t-shirt floqué du nouveau logo, les services généraux et marketing ont préféré y mettre des objets plus… exotiques !

Quelques menues documentations sur la région, des cartes de voeux, une carte du département (pratique pour les nouveaux parachutés) et accessoirement un iPhone et un iPad.

malette alsace ipad

Si l’anecdote a été relayée par plusieurs médias dans la journée pour insister sur la caractère luxueux de ces cadeaux de bienvenue, pas un seul ne s’est posé la question du coût que représentent à eux seuls ces objets technologiques.

Livrons-nous donc à un petit calcul théorique !

Soit 169 élus à qui l’on offre, si l’on se fie à la photo relayée, un iPhone 6 (ou 6s) ainsi qu’un iPad (Air ou Air 2). Personne ne veut croire qu’il s’agisse ici des modèles les plus onéreux de ces gammes, mais dans le doute, nous ferons le calcul avec les tarifs les plus extrêmes.

Ainsi, le tarif d’un iPhone 6 (2014) d’entrée de gamme (#LOL) est à ce jour de 639€ (TTC). Celui d’un iPad Air (2013, modèle wifi de 16 Go) est de 399€ (TTC).
A l’opposé, un iPhone 6s (2015) dans sa version 128 Go, est disponible à 969€ (TTC) et un iPad Air 2 (2014, modèle wifi + cellulaire de 128 Go) se négocie sur l’Apple Store à 825€ (TTC).

Nous en arrivons donc à une somme rondelette comprise entre 175 et 303 mille euros.

Ça fait cher le cadeau de bienvenue… Hein ? Même en admettant que quelques malchanceux n’aient pas été gâtés, que le service achat ait pu faire des économies d’échelle par une commande groupée en passant par le budget de fonctionnement (déjà voté ?), ça ne représenterait pas une grande réduction sur ce total.

On espère qu’à ce prix là, l’efficacité accrue de ces élus surmotivés compensera ce manque à gagner pour les finances de la région qui aurait pu servir au choix pour les lycées, les transports, le soutien aux entreprises, etc… Pas sur non plus que le coût de ces tablettes, certes de qualité, compenseront le budget papier économisé par l’accroissement de la dématérialisation.

A l’heure où d’autres régions font justement le choix de retirer les téléphones de fonction des élus (poke Rhône-Alpes-Auvergne), il est quelque peu étonnant de voir un autre quoi de l’hexagone (et du même bord politique !) faire le choix inverse…

S’expliquerait-il par un taux d’équipement anormalement bas de l’est de la France où un trop plein de Hype mal maitrisé ?

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Les quadras c’est sympa mais les trentenaires, c’est super !

On les voit partout. Ils occupent les plateaux télés, ils signent des tribunes dans les médias à la mode, la presse traditionnelle leur consacre des dossiers, on les retrouve dans les think-tank les plus actifs ou dirigent même des courants au sein de partis politiques… Bref, ils sont passé à l’offensive politique.

De qui parle t-on ?

Des jeunes pousses de la politique entre 30 et 40 ans, qui ont les dents longues et qui tentent de se bâtir une carrière politique à la force du poignet, sans être nécessairement issus du sérail ou d’une quelconque promotion de l’ENA.

Ces trentenaires ont bien compris qu’il y avait dans l’air comme un parfum de changement, et pas celui qui devait avoir lieu maintenant. La colère qui gronde silencieusement contre la classe politique en place et le sentiment de défiance à l’encontre de l’exécutif comme de la plupart des élus donne des ailes à cette tranche d’âge. Elle se présente comme l’avenir d’une politique française et européenne renouvelée, rompant avec les dérives de leurs aînés, tout en assurant une certaine continuité dans le registre des idées et de la doctrine.

Effet d’aubaine, carriérisme assumé, mouvement de l’histoire ou naïve illusion, comment expliquer l’arrivée sur le devant le la scène de cette génération ?

Time is over…

Si les plus jeunes parviennent à se créer un espace médiatique et une existence politique, c’est avant tout parce qu’ils profitent de la faiblesse de la classe politique en place. Une classe politique d’autant plus fragilisée par un ensemble de facteurs, qui, conjugués, semblent créer une fenêtre de tir aussi inespérée qu’opportune.

Le principal de ces facteur est l’un des nombreux reproches que l’on a pu adresser – et que l’on adresse toujours – à notre classe politique française, à savoir son manque de renouvellement, et par ricochet, son âge avancé. Pour le constater, il suffit de regarder la moyenne d’âge des parlementaires sur les 40 dernières années pour se rendre compte que cette dernière a augmenté à mesure que le temps et les mandats passaient.

Cet état de fait est le fruit d’une part d’une professionnalisation de plus en plus accrue de la vie politique, qui est devenue (à tort ou à raison) un métier à temps plein, et d’autre part de l’absence de limites dans la confiance que peuvent leur accorder les électeurs. Grâce au jeu des étiquettes politiques, renforcé par le système des investitures, de la prime au sortant qui joue sur la réputation du personnage, ou encore l’extrême rareté des peines d’inéligibilité pour les élus condamnés, sans parler de ce que l’on nomme les « fiefs » électoraux, il est courant de voir des élus enchaîner les mandats sur plusieurs décennies.

Tout le paradoxe réside dans cette critique du « non renouvellement des élites » conjugué à une confiance sans cesse renouvelée par une majorité des électeurs à ces élus. Pour qu’un élu cesse de l’être, on pourrait lui interdire de se présenter, ce qui pourrait être le fait d’une condamnation judiciaire sanctionnant un délit, ou bien d’une loi interdisant d’occuper un mandat au delà d’un nombre donné ou d’une limite d’âge, ou tout simplement, de ne pas voter pour lui et d’élire un autre prétendant.

Et si au final nos élus ont vieilli avec le système, c’est que le système démocratique qui est le notre le permet ! En dehors de la limite à deux mandats pour le chef de l’état entrée en vigueur en 2008, rien n’empêche un député de l’être pendant toute sa vie. Et cette addition de mandats dans le temps n’est pas le dévoiement de notre démocratie car rien n’oblige les électeurs à accorder leur suffrage élection après élection aux mêmes candidats. Bref, les citoyens créent eux-mêmes le mal qu’ils dénoncent !

C’est sur ce sujet d’un nécessaire renouvellement du personnel politique et de son rajeunissement qu’avait déjà tenté de surfer la génération des quadras, autant de gauche que de droite. Cette génération qui gravitait autour du pouvoir sans parvenir à l’exercer était finalement celle qui voyait son avenir « professionnel » en politique largement obstrué et qui la première avait un intérêt dans la critique de la monopolisation des postes par leurs aînés.

Un temps à la mode, ces jeunes loups, Sarko boys à droite, et chasseurs d’éléphants à gauche, ont semble t-il disparus des radars médiatiques, sans doute à la faveur de l’accession pour certains à des postes de ministres ou de hauts fonctionnaires. C’est que loin d’avoir pu et su profiter de leurs nouvelles positions, ces quadras ont été entraînés malgré eux dans la tourmente de la crise et assimilés à cette classe politique vieillissante et crispée sur ses positions tant décriées. Leur proximité avec le pouvoir a eu un effet inattendu de contagion, et le regard porté sur la frange la plus ancienne de la classe politique a aussi atteint les plus jeunes. Sans compter que, plus « neufs » sur la scène politique, ces derniers sont plus exposés et victimes de la vindicte populaire et médiatique, et plus volontiers sacrifiés par leurs aînés. Le cas Gaymard en est l’une des illustrations les plus emblématiques. Bref, une génération « sacrifiée »

Winter is coming…

Les trentenaires seraient donc la relève d’une classe politique défaillante, usée, décadente, et ce dès les prochaines échéances électorales, c’est à dire pas plus tard qu’aux municipales de 2014. Et c’est que cette génération a des arguments à faire valoir pour preuve de sa bonne foi. Née avec la crise, elle n’en connait que trop les effets. N’ayant connu qu’un monde en crise, qui d’autre qu’elle pourrait l’en sortir ?

D’autant que ceux qui étaient là avant la crise semblent bien impuissants ne serait-ce qu’à en limiter les effets. Quant à en sortir… N’ayant jamais été aux affaires, ou alors qu’à l’extrême périphérie, on ne peut l’accuser d’avoir eu un impact sur la situation actuelle. Vierge de toute action significative, qu’elle ait pu être positive ou négative, on ne saurait lui reprocher le moindre méfait. Dénonçant les dérives politiques, idéologiques, budgétaires, morales et économiques auxquelles on assiste « depuis 30 ans », elle ne saurait dès lors y être associée, contrairement aux plus anciens qui « depuis 30 ans » sont aux affaires.

A les en croire, nous serions donc rendus en un moment où la situation est tellement dramatique, les responsables politiques en place tellement hors course, la confiance des électeurs tellement entamée et le système tellement à bout de souffle qu’il serait grand temps de procéder à un grand renouvellement du personnel politique dont ils seraient les principaux bénéficiaires.

Providentiels, vierges de tous reproches, agitant les errances de leurs aînés et leurs collusions malsaines (qui avec l’extrême droite, qui avec des puissances d’argent, etc…), les politiques trentenaires seraient la solution à l’ensemble des problèmes du pays. Plus jeunes, mais aussi plus matures car forgés dans un monde en crise, plus ouverts sur le monde et ses problèmes, plus audacieux dans leurs réflexions, leurs diagnostics et leurs propositions, bref, plus « neufs », ils se défendent de toute démagogie et revendiquent une rupture avec le « monde d’avant ».

Les bonnes intentions c’est bien, mais…

Évitant l’écueil systématique d’un jeunisme ringard et se limitant à une série d’arguments simples, difficilement attaquables et qui ont le bon goût d’être dans l’air du temps, la mode des trentenaires est-elle pour autant parfaitement sincère et exempte d’arrière pensée ? D’ailleurs, cette mode est-elle le fruit du hasard ou le résultat d’un processus anticipé ?

Car s’il est malheureusement un art dans lequel les français sont devenus des experts, c’est bien celui de douter de la parole des politiques. Pas assez semble-t-il toutefois puisqu’une large part d’entre eux reconduit régulièrement les mêmes hommes politiques malgré leurs erreurs, leurs méfaits, au détriment d’hommes nouveaux aux discours séduisants.

Et les raisons de douter sont nombreuses. Les défaites de la droite en 2012, et préalablement celles aux élections intermédiaires conjuguées à la perte du Sénat, ont libéré un espace sans précédent de ce côté de l’échiquier politique pour ceux aux dents longues qui rêvent de se faire une place au soleil et qui se posent en porte étendard du redressement de leur famille politique. A l’autre bout, le long manque de leadership à gauche, curieusement couronné au final par une mainmise quasi exclusive sur l’ensemble des institutions (certes désormais presque réduite à néant par les affaires, les couacs et autres faiblesses), a contribué à créer un boulevard à l’arrière garde qui attend son heure. Quant au reste du paysage politique, dont l’unique credo est une transformation radicale et plus ou moins pacifique du système, il est le terrain de jeu absolu pour ceux de cette génération aspirant à exercer des fonctions politiques, bien que sur cette portion de l’échiquier leurs chances soient plus qu’infimes…

Bref, il semble bien chimérique de voir dans la propulsion de cette « nouvelle génération » un miraculeux renouvellement du personnel ou de la pratique politique dans notre pays. Bien au contraire, on peut y lire d’abord une subtile tentative de la presse de dépoussiérer ses pages politiques pour se sortir d’une routine désormais suicidaire tant ses ventes sont en chute libre. Ensuite, profitant de cet effet de loupe, l’arrivée sur le marché de ces nouveaux jeunes constitue un relais de croissance pour les formations politiques desquelles ils sont issus, concourant ainsi à maintenir ces dernières dans la course pour le pouvoir. Enfin, derrière des intentions – probablement louables chez certains – prenant la forme d’une fausse ou d’une touchante naïveté, il faut y voir la recherche de l’accomplissement d’un destin personnel et l’espoir d’une carrière politique brillante, bien entendu au seul service de l’intérêt général…

The end is the beginning is the end

Expérience rime t-elle nécessairement avec efficacité, ancienneté avec obsolescence et jeunesse avec renouveau ? L’équation semble bien difficile à résoudre tant il existe une tolérance à l’échec et à la médiocrité entretenant un cercle vicieux nous empêchant de sortir définitivement du marasme ambiant. Bien qu’il faille se garder de généraliser et de jeter une opprobre malsaine sur l’ensemble des élus ayant effectué deux mandats ou plus, on ne peut que se poser la question pour ceux qui sont en place depuis le plus longtemps pourquoi, avec tant d’expérience, de sagesse et de compétences accumulées, nous nous retrouvons dans une situation structurelle et morale pire qu’à leur arrivée aux affaires.

Mais dans le même temps, il serait illusoire de considérer qu’un homme ou une génération providentielle tirant profit de sa relative virginité politique (relative car on n’arrive pas en politique sans engagements préalables) puisse incarner à la fois un rebond nécessaire de notre vivacité démocratique et un véritable renouvellement humain et idéologique, tant les schémas de pensée, le socle dogmatique et plus tristement la façon d’envisager la pratique de la chose politique semblent figés. Tant que l’on n’aura pas consciencieusement redéfini cette dernière, l’important ne sera pas de savoir qui fait de la politique mais plutôt ce que l’on veut faire de la politique.

Et comme disait le poète : « Qu’est ce qu’un vieux con ? C’est un jeune con qui a vieilli ».

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Humeur Politique

Quand commerce et culture font mauvais ménage

Quand la défense de la culture et du commerce rendent les positions du gouvernement contradictoires

Il n’est décidément pas facile d’être à la tête de l’Etat.

Ce jour, Arnaud Montebourg, ministre au redressement productif, a participé à l’annonce de l’implantation de la 3e base logistique du géant du commerce en ligne Amazon, sur ses terres de Saône et Loire, à Châlon-sur-Saône pour être exact.

Cette implantation, rendue possible par la nouvelle position de l’élu Bourguignon et par les avantages – certes légaux – conférés au groupe américain en contrepartie du choix de Chalon, est une bonne nouvelle pour les habitants de la région et une petite victoire pour le ministre, même si l’on ne doute pas que la décision de créer une nouvelle plateforme logistique en France est un projet bien antérieur à l’arrivée d’un ministre au redressement productif.

Le fait est que le gouvernement, par la voie d’un de ses ministres se félicite de la croissance d’une entreprise, certes à capitaux US, mais qui génère de l’activité et donc de la croissance dans l’hexagone. Qu’importe au final que ladite entreprise paye ses impôts au Luxembourg et autres réjouissances fiscales. Pour moins que ça, on a demandé à des entreprises de rembourser des aides publiques – certes légales – en représailles contre des agissements pas très patriotes…

Mais bon. Après tout, il faut bien chercher les leviers de croissance là où ils se trouvent, et vu le volume d’activité d’Amazon, c’est un gage de pérennité de l’emploi et des revenus fiscaux idoines. Sans compter que le service rendu aux clients d’Amazon (dont je suis), va s’en trouver en principe encore amélioré. Mais c’est un détail.

Là où ça se complique, c’est qu’à un mois d’intervalle, un autre membre du gouvernement émettais un avis bien plus réservé sur ce même acteur économique.

Les prises de positions contradictoires ne sont pas une nouveauté. Il arrive même qu’elles soient le fait d’une même personne. Par exemple, ce même M. Montebourg, qui, à l’occasion du lancement de Free Mobile en janvier dernier utilisait cet évènement pour tacher le président en place en disant que Free avait plus fait pour le pouvoir d’achat des français que Sarkozy en 5 ans, mais qui, devenu ministre et soumis au lobbying intensif des opérateurs « historiques » trouve maintenant que la concurrence est dérégulée et a été poussée trop loin. Etrange…

Dans le cas d’Amazon, la charge est venue du ministère de la culture, qui volait au secours des librairies indépendantes, qui souffrent de la crise et de la concurrence, plus ou moins déloyale « d’un géant de l’internet ». On ne parle même pas de l’oubli, volontaire ou pas, du rôle néfaste des éditeurs qui ne rendent pas les choses faciles, car appliquant une réduction plus importante à Amazon qu’à ses même libraires indépendants… Mais passons…

Comment, en un mois à peine, peut-on jeter l’opprobre sur un acteur économique dont on peut certes critiquer les méthodes, pour ensuite l’accueillir à bras ouvert, faisant ainsi fi des réserves émises antérieurement ?

Puisque, si on comprend bien, tous les maux du monde de la librairie indépendante viennent d’Amazon et de son influence grandissante, le choix d’encourager l’implantation d’Amazon est un signal envoyé signifiant que le pays à besoin d’investissements structurels et de grandes entreprises capables de générer de l’emploi, du CA et donc des taxes et des impôts. Finalement, on semble avoir choisi quel camp on soutenait.

Pas sur que ça plaise à la rue de Valois ni aux libraires. En attendant un hypothétique plan de sauvetage de la profession, la real-economie a pour le moment marqué un point contre le petit commerce culturel de proximité.

Affaire à suivre…