Tuer Jupiter de F. Médeline : le top de la rédaction de CE2

Tout est KO…

Avec « Tuer Jupiter« , François Médecine commet la « caution » politique de la rentrée littéraire 2018.

Vous savez « LA » rentrée littéraire. Un évènement marketing plus ou moins symbolique qui s’est transformé d’année en année en un concours de « celui-qui-aura-la-plus-longue » pour savoir qui publiera le plus grand nombre de « nouveautés » quand vient la fin de l’été.

En résulte un maelström insondable où l’on est à peu près certain de tomber sur un truc pas à son goût parmi un océan de choses qu’on ne cherchait pas.

En somme, un peu comme un premier jour de soldes ces Zara ou une recherche sur Google.

Bref. C’est un autre sujet.

Pitch, le résumé de potche

Emmanuel Macron, président de la République Française a été assassiné. Le pays est sous le choc.
Le livre démarre le jour où l’on fait entrer le chef de l’état défunt au panthéon. Ces premiers instants sont l’occasion pour l’auteur d’imaginer ce que serait la situation en pareil cas, de la couverture médiatique au ballet des politiques qui se voient déjà prendre sa place en passant par Brigitte, dont l’attitude altière force l’admiration (ou la détestation – comme aujourd’hui quoi).

L’auteur en profite pour égratigner assez singulièrement Gérard Larcher, président actuel du Sénat, qui devient en de pareilles circonstances de facto Président de la République par intérim, comme le prévoit la constitution.

Je dois avouer ne pas saisir pourquoi plusieurs romans tournant autour d’un empêchement du président, que ce soit par décès ou démission, prennent un malin plaisir à dépeindre le président du Sénat en exercice comme un loup affamé de pouvoir, n’attendant que le jour où ils pourront sans forcer prendre la place suprême.

On peine à comprendre ce que cherche à nous dire les auteurs à travers ces descriptions peu flatteuses.
Les hommes politiques accédant au pouvoir sont-ils tous pour eux des arrivistes et des personnes avides de pouvoir ? La constitution de la Ve République est-elle aussi mal conçue qu’un homme non élu par le suffrage universel direct peu ainsi accéder aux plus hautes fonctions de l’état de manière indue ? Il faut pourtant bien que la continuité de l’État soit garantie, non ? Ou alors, comme je le soupçonne, il ne s’agit que de « se payer la tête » à peu de frais du troisième personnage de l’état, car après tout, le sénat ça ne sert à rien, ça coûte cher et qu’il n’y a pas de mal à brusquer un peu ces vieillards engourdis.

Bref, Gérard Larcher en prend largement pour son grade et passe pour le dernier des falots.

Be kind : rewind

A partir de ce momentum, le récit se déroule de manière antéchronologique.
On remonte ainsi le temps assistant à un mélodrame quasi comique avec un Gérard Collomb inconsolable. Quand on sait qu’il démissionnera finalement dans la vraie vie, cela donne un saveur toute particulière à ce comportement quasi mystique de ce vieux ministre ressentant dans sa chair la disparition d’un être aimé.
Cette attitude contraste d’autant plus avec celui de Brigitte, qui, droite dans l’adversité, ne laisse pas transpirer autant de détresse et ne se laisse pas aller.

Bref. Gérard aussi en prend pour son grade.

Mais au-delà de ces quelques clichés savoureux de notre personnel politique actuel (qui épargne assez étonnamment le parti du président qui regroupe pourtant le plus grand nombre de ses fans enamourés) le roman propose bel et bien de nous expliquer ce qui a conduit à l’assassinat de notre bon président avec des chocolat empoisonnés.
On s’attendait à une histoire de cordon bleu vérolés, mais l’auteur n’aura pas poussé la moquerie jusque-là.

Et c’est là que le bât blesse…

En voilà une idée qu’elle est bonne !

Tuer Jupiter est un ouvrage à classer parmi les projets nés sur une intuition boiteuse. Ou plutôt à ce qu’une partie des gens pensent être un genre littéraire à part entière, et qui s’appellerait « Et qu’est ce qui se passerait si ? ». 

Sauf qu’une dystopie ne fait pas forcément un bon bouquin. 

Si un postulat de départ audacieux permet d’entrapercevoir une intrigue passionnante, ce postulat seul ne permet pas de soutenir tout le récit. 

Et si indéniablement le roman est parsemé de moment de bravoure, ceux-ci sont hélas anéantis par des faiblesses d’écriture impardonnable…

Alors oui, bravoure il y a, comme ces moments savoureux où Donald Trump est trollé comme jamais ou encore cette pseudo satyre des réseaux sociaux quand, au lieu de consacrer plusieurs chapitres classiques au déroulé attendu et convenu des événements, l’auteur reconstitue une timeline Twitter, qui sonne juste et que l’on retrouverait très certainement sur nos écrans.

Ce « live-tweet » de l’actualité permet de mesurer le glissement de notre société vers l’information spectacle, l’absence de filtres qui fait lit des intox et autres fake-news relayées sans relâche soit par malveillance soit par ignorance.

Mais par-delà ces quelques fugaces idées lumineuses dont la lecture est par moment jubilatoire, on peine à s’extraire d’une narration brouillonne qui dilue inutilement le sens du propos.

Ainsi on ne compte plus le nombre de chapitres parfaitement inutiles, ceux dont on constate qu’une fois retirés du livre, ils ne manquent pas, signe que ni leur fond ni leur forme ne contribuait d’aucune façon à l’intrigue.

De même, l’auteur semble prendre plaisir à abuser des répétitions, un effet rarement porteur de sens, sauf en de très rares occasions, et que les plus élémentaires leçons de grammaires et d’écriture invitent à éviter.

Alors, on en pense quoi ?

Je dois avouer avoir été très en colère à l’issue de cette lecture. Non que je sois une groupie d’Emmanuel Macron dont la perspective du décès serait de nature à me plonger dans des abysses de dépression, mais plutôt parce que ses faiblesses d’écriture et son emploi maladroit d’une structure antéchronologique donne le sentiment d’avoir achevé un mauvais roman.

Alors qu’en réalité, une fois reposé l’ouvrage, et digéré ses dernières lignes, les choses apparaissent nettement moins simplistes qu’elle ne semblent l’être.

Passée l’ironie et la moquerie, l’auteur nous propose une intrigue qui, et c’est triste à dire, est tout à fait vraisemblable. De là à dire qu’un tel scénario puisse effectivement se dérouler dans le monde réel, il y a un pas à qu’on ne franchit pas encore.
Mais force est d’admettre que ceux qui sont responsables dans le livre seraient tout à fait capable d’imaginer de tels procédés et le seul fait de l’admettre fait froid dans le dos.

Donc au final une lecture un peu pénible en raison d’une écriture qui sabote le propos. Dommage, car le fil directeur, s’il avait été moins confus aurait pu être développé plus convenablement pour lui donner plus de force.

Récap’ de mes lectures d’Août 2018

Le sang des 7 rois (Tome 5)

Plus ça va et plus j’ai l’impression de tirer sur une ambulance…

Passé les deux, voir trois, premiers volets, le récit se rend de plus en plus confus. La multiplication à outrance des personnages, souvent secondaires malgré les efforts fait pour nous les introduire, n’aide pas de ce côté là.

Latium (Tome 1)

Latium

Combiner science-fiction, Space Opera et antiquité constitue a priori un mélange plus que susceptible de titiller mes différentes passions.

S’il brasse des concepts intéressants sur le libre arbitre et le devenir de la technologie intelligente après l’homme, allant ainsi au bout de la logique des lois de la robotique inventées par Asimov, le propos est tellement touffu qu’il en devient confus. On se noie littéralement dans certaines descriptions ou certains concepts dont la démesure ne trouve d’égal que la surabondance de mots qui les qualifient. C’est très verbeux. Trop verbeux. On perd sans arrêt le fil alors que le cadre dans lequel évolue le récit est suffisamment hors du commun pour ne pas en ajouter une couche de complexité.

Tout cela au service d’une banale histoire de quête de pouvoir qui n’aurait pas souffert de plus de légèreté dans la langue employée.

Avant la tempête

On continue avec World of Warcraft mais cette fois ci avec le roman qui a accompagné la sortie lors de l’été 2018 de la septième extension du MMORPG.

Complément utile aux scènes de mise en place proposées par le jeu, la plume de Christie Golden, désormais salariée du studio, fait toujours mouche et, s’il n’y a pas de grandes surprises, la narration nous emporte dans une intrigue épique mémorable.

Un très bon moment doublé d’un jalon important dans la timeline de la franchise.

Warcraft, Chroniques (Tome 2 et 3)

Suite et fin de cette excellente série brillamment écrite et richement illustrée.

Must have pour toute personne qui s’intéresse un tant soit peu à l’univers de Warcraft, cette somme permet d’une part de se rafraîchir la mémoire mais surtout de découvrir la richesse et surtout la cohérence de l’univers mis en place par Blizzard depuis des dizaines d’années.

Une réussite !

Le Hobbit

Le hobbit

Cette lecture est à ranger au rayon des lectures de rattrapage.

Que dire, à part que ce livre est et restera un monument d’élégance, de simplicité, preuve qu’une narration dense mais simple peut exister.

S’il se prête hélas moins à un usage de compte à destination des enfants comme c’était sa vocation initiale, ce livre est à mettre entre toutes les mains dès que possible car il est une mine extraordinaire pour stimuler l’imagination et enrichir son vocabulaire !

Dongeons & Dragons : Dungeon Master Guide

DD Dungeon Master Guide

Après avoir expérimenté le jeu de rôle plus tôt dans l’année, je suis rentré dans le dur en m’attaquant à la référence du genre : Donjons et Dragons.

Plus que le jeu en lui-même, c’est la création d’histoire et leur animation qui m’attire le plus. J’ai donc dévoré ce manuel avec avidité, l’achevant avec mille idées de campagnes en tête !

Au-delà du contenu, des règles qu’il présente et de l’inventaire d’objet conséquent qu’il renferme, le livre est très richement illustré, ce qui en fait un très bel objet très plaisant à lire.

Je poursuis en 2019 ma plongée dans cet univers avec l’ouvrage destiné aux joueurs et le bestiaire.

Eclaircir les ténèbres

On a tous connu à un moment de notre existence l’un de ces instant fugace où toutes les idées semblent exceptionnelles, même les plus farfelues. Ces fins de soirées entre amis où, refaisant le monde, aidé de quelques breuvages alcoolisés, on imagine mille et unes inventions « géniales » qu’on se promet de mettre en oeuvre dès le lendemain, avant que la gueule de bois ne nous rattrape bien vite et que les projets géniaux de la veille ne soient vite relégués dans les limbes des vapeurs d’alcool.

Là où germes des idées sans lendemain, certains semblent y trouver non seulement le lit de leur inspiration mais également le terreau fertile de leur productivité.

Car si certains chef d’oeuvre sont nés sous acide, ce qui reste dangereux et rare, d’aucun n’ont semblent-ils pas assez de recul sur leur délire éthylique pour se rendre à l’évidence qu’une idée doit être abandonnée.

Car comment imaginer que le roman du jour ne soit pas le fruit d’une accumulation d’accès. Excès de confiance très certainement car quoique séduisante sur le papier, et très dans l’ère du temps à la sauce « Fantasy de bas étage à la sauce wikipédienne », Nicolas Bouchard signe avec « Eclaircir les ténèbres » une tentative aussi maladroite que pénible de conjuguer plusieurs genres au sein d’un récit qui se veut épique.

Mais à vouloir être partout, on finit par être nulle part et l’auteur, sans doute plein de bonnes intentions au départ, s’est perdu dans son propre méandre. 

Se voulant comme le point de départ d’une grande fresque de ce qui s’apparenterait à de la « Fantasy » (au sens le moins noble du terme), sur une toile de fond historique, le roman peine à se hisser au niveau de la trame narrative d’un épisode du Donjon de Naheulbeuk (la qualité et l’humour en moins) rushé dans un livre formaté par le professeur d’écriture de Catherine Pancol.

Le récit suit les canons du genre à la lettre, et quand on dit ça il faut presque lire « à la virgule » tant les éléments sont posés selon un patron surexploité par quantité d’auteurs en tous genre et la seule bouée de sauvetage qui ait été trouvée, fut de faire appel à l’Histoire avec un H.

Si d’Histoire il est bien question, elle ne sert que de prétexte pour intriguer le lecteur à travers la couverture et le résumé. 

Passés les premiers chapitres, force est de constater que l’intrigue aurait très bien pu se dérouler dans une univers tout à fait imaginaire, sans aucune « assise » historique. Descartes fait figure de héros pâle et standard, sans charisme ni véritable personnalité en dehors de celle qu’on attribue aux stéréotype de ce genre romanesque. Héros presque malgré lui, sa présence ne sert ni le propos ni à célébrer la mémoire du grand homme. 

Là où Tolkien parvenait à transposer sans filer une allégorie grossière l’esprit de son époque dans une épopée prenant pourtant place dans un univers nouveau et inédit, la tentative de Nicolas Bouchard tombe à plat en ce qu’elle ne fait honneur ni à l’imaginaire ni à l’hommage.

Les extraits de l’oeuvre de Descartes en incipit de chaque chapitres ne résonnent que comme de vaines tentatives pompeuses de l’auteur d’intellectualiser son récit qui n’est au final qu’un nième roman d’action ou la faiblesse de la dimension fantastique se le dispute au ridicule d’une vallée imaginaire du jura digne de Sodome et Gomorre. 

Malgré toutes les faiblesses du propos, le style est par moment plaisant et quelques dialogues relèvent quelque peu le tout. 

On ne pourra que déconseiller cette lecture incertaine, qui ne permet d’en apprendre d’avantage ni sur Descartes ni sur le Jura. Et on doute bien évidemment du bien fondé d’une trilogie déjà annoncée, cédant par là à un effet de mode hélas trop répandue depuis l’âge d’or de Star Wars. 

Recap’ de mes lectures de juillet 2018

La porte d’Abaddon (The Expanse Tome 3)

S’éloignant toujours plus du cœur du système solaire, l’humanité se voit offrir la possibilité de coloniser des mondes lointains en empruntant une porte mystérieuse sortie de nulle part.

Ecrivez un roman en 30 jours

Nanowrimo

Les mots ont un sens.

Contrairement à ce que beaucoup semblent attendre de ce livre, son titre n’est pas « Ecrivez un roman publiable en 30 jours » ou « Ecrivez un bon roman en 30 jours ».

Le livre de Chris Baty, initiateur du Nanowrimo (National Novel Writing Month ce qui dans la langue de l’oncle Sam veut dire National Mois National de l’écriture de nouvelles) consiste en un recueil de conseils, règles de conduites et autres astuces pour justement réussir le challenge du Nanowrimo.

S’il existait une recette pour pondre des livres facilement sans risque de se planter, ça se saurait !

Le Nanowrimo permet de mettre le pied à l’étrier et, sous forme d’un challenge haletant et un peu rude, de jeter les bases de ce qui pourra, un jour, devenir un best-seller (si c’est bien ça votre but).

Ayant déjà tenté plusieurs fois la Nanowrimo, parfois avec succès (sans toutefois publier derrière car c’était vraiment médiocre), parfois sans parvenir à aller au bout, ce livre est un bon compagnon pour garder la tâte dans le guidon.

Certains points pourraient d’ailleurs s’appliquer à d’autres contextes, avec certaines nuances toutefois, tant l’objectif du Nanowrimo tend vers la quantité au détriment de la qualité, ce qui n’est pas recommandé dans toute entreprise humaine !

Qui a piqué mon fromage ?

Qui a piqué mon fromage ?

Un « classique » qu’il est bon de relire de temps en temps.

Simple et d’une efficacité redoutable, la courte histoire métaphorique qui met en scène les deux souris et les deux minigus, est un rappel à l’ordre salutaire sur l’attitude à adopter face au(x) changement(s) et pas seulement les plus gros.

Comme souvent en revanche, plus facile à dire (ou à lire) qu’à faire ! La vraie richesse du livre réside dans sa mise en application concrète 😉

La guerre du livre numérique

Guerre du livre numérique

Les gens ont probablement déjà oublié comment tout a commencé pour la venue du monde du livre numérique tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Ce livre, appuyé sur les minutes du procès ayant opposé les parties prenantes du dossier (éditeurs, distributeurs, avec au premier chef Amazon et Apple), reviens en détails sur les étapes qui ont conduits à la situation actuelle.

Dans un marché qui se cherche encore et dans lequel de nombreux acteurs n’ont hélas pas encore pas confiance, ce petit ouvrage joue un rôle majeur de passeur de mémoire et nous éclaire dramatiquement sur la perception du livre numérique par tous les acteurs de la chaîne.

Les sanctuaires du mal (Critique)

Les sanctuaires du mal

Sans conteste le plus mauvais Terry Goodkind qu’il m’ai été donné le lire. Déclinant d’ouvrage en ouvrage, il est grand temps que cet auteur arrête les frais.

Un thriller soporifique, à l’intrigue poussive, rembourrés aux poncifs de vieux réac.

A fuir.

L’été des quatre rois (Critique)

L'été des quatre rois

Un « roman » historique ambitieux et quelque peu indigeste sur cette période charnière de l’histoire, assez méconnue par ailleurs de beaucoup de gens.

Prévoir beaucoup de temps (calme) devant soi pour en arriver à bout !

Initiation au jeu de rôle

Initiation au jeu de rôle

Découvert par hasard lors d’une visite, elle-même inopinée, de la librairie spécialisée Trollune à Lyon, ce kit est pour moi une première incursion dans le monde merveilleux du jeu de rôle.

C’est un univers qui me démangeait depuis quelques temps déjà et je commençait à chercher un moyen d’y glisser un pied.

Après lecture et mise en oeuvre lors d’une (hélas) unique partie, force est d’admettre qu’il s’agit d’une bonne entrée en matière.

On regrette que l’intrigue soit extrêmement scriptée, mais c’est un passage obligé afin de guider au mieux nos premiers pas d’aventuriers. Toutefois, les marges de manœuvre ne sont pas larges et le Maître du Jeu (MJ) devra par moment trouver des trésors de créativité pour expliquer tel ou tel événement ou contrainte.

Le tout est excellemment bien présenté et plaisant à utiliser.

Cela donne envie de prolonger l’aventure !

Les feux de Cibola (The Expanse Tome 4)

Un huit clos magistral et qui met en lumière que même à des milliards de kilomètres de notre bonne vieille galaxie, nos problèmes de survie sont toujours les mêmes.

Tolkien, auteur du siècle

Tolkien auteur du siècle

Tolkien est un monument, pas seulement de la littérature fantastique, mais de la littérature tout court.

Pour vous en convaincre si vous en doutiez ou que la lecture de la communauté de l’anneau vous a semblé être un interminable catalogue de paysages, vous devez lire cet ouvrage.

Si la présente édition française a été publiée en 2016, sa version originale date de 2000. Et cela en fait justement toute sa force et toute sa valeur car cela signifie qu’il a été écrit avant le raz de marée provoqué par la sortie des longs métrages de Peter Jackson qui a fait naître toute une génération de « geek » et autre « fan de fantasy ».

L’ouvrage de T.A Shippey revient donc en détail sur les sous-bassement même de l’oeuvre de Tolkien. Ce qui nous permet de comprendre certains choix, certaines orientation du récit, à l’aune de la vie de l’auteur, du contexte historique et surtout de la langue, véritable outil que Tolkien utilise avec brio.

Nous plongeant au cœur de la philologie, le livre ne nous sert pas une simple pseudo analyse des métaphores du récit de Fantasy comme d’autres ouvrages simplistes le propose. Au contraire, dans un propos très fouillé et précis, l’oeuvre de Tolkien est disséquée sous nos yeux et l’on découvre, fasciné, toutes les subtilités – de langue principalement – qui échappe à nos sens de lecteurs plutôt passifs.

Un chef d’oeuvre à propos d’un chef d’ouvre. Voilà en synthèse ce que représente ce livre que tout aficionados de Tolkien se doit de lire au moins une fois !

Warcraft, Chroniques 1

Dans une édition très soignée, richement illustrée, tous les aspects de l’histoire de la mythologie sous tendant l’univers créé par Blizzard y trouvent leur place.

Ce premier volume s’attache aux fondements même de l’univers et notamment les titans. Vous saurez tout dans les moindres détails.

Un must have pour qui s’intéresse à cette licence majeure !

Terry Goodkind : grandeur et décadence

J’ai rencontré Terry Goodkind pour la première fois dans les rayons de la Fnac.

Non, pas en personne, mais lors de la publication française du septième tome de sa saga de l’épée de vérité.

Disponible en quantités astronomiques en tête de gondole et affublé d’un éloge dithyrambique en couverture, cet auteur avait l’air en vogue, dans un genre que j’affectionne  tout particulièrement.

Mon sang ne fait qu’un tour et je m’écrie (très intérieurement parce que ça ne se fait pas de crier dans les rayons cosy de l’espace librairie de la Fnac) « Mince, je suis passé à côté de cette série. Vite, mettons-y bon ordre ! ».

Je m’enfuie donc dans les profondeurs du rayon à la recherche du premier tome, qui, Miracle !, se trouve être disponible dans sa version poche.

Ce fut ici le début d’une aventure littéraire, longue aujourd’hui de plus de 10 ans !

10 ans au cours desquels j’ai écumé toute l’oeuvre de Goodkind, rattrapant tout d’abord mon retard, puis, revenu dans le rythme des publications, guettant les sorties comme une groupie.

D’abord donc l’épée de vérité et ses bientôt 15 volumes, entrecoupés de préquelles et de ce qui constituait jusqu’à aujourd’hui son seul thriller « contemporain ».

Et à la lumière du dernier opus qui vient de sortir, on aurait préféré que ce soit le seul…

Pour être tout à fait honnête, seule la curiosité m’a fait aller au bout des 15 tomes de la saga de l’épée de vérité. En vérité (sans mauvais jeu de mot), même avec toutes ses faiblesses, la saga se tient jusqu’au tome 11. Avant le rajout « il faut que je paye mes impôts » des tomes suivants, écrits gros et vides de sens.

Avec « La loi des neuf », Goodkind tentait le pari osé de transposer son univers dans le monde contemporain, dans une intrigue pataude, mais audacieuse. Mais il était clair que l’auteur n’était pas fait pour écrire autre chose que de la « Fantasy ».

Avec le recul, Gooodkind a produit trois véritables pépites dans sa saga : le premier volet « La première leçon du sorcier », qui, au delà de son rôle de pierre fondatrice, propose un vrai récit épique, sans fioritures, à l’intrigue solide et aux figures du style maîtrisée. Le reste de la série est hélas très inégal et seuls les quatrièmes (Le temps des vents) et sixièmes (La foi des réprouvés) volets sortent vraiment du lot.

Pour le reste, on peut dire qu’un opus sur deux est au choix : raté, oubliable ou inutile. Les ajouts à l’histoire globale sont suffisamment marginaux pour qu’on ai pu en faire l’économie. La palme revenait sans hésiter au 3, au 5 et au 8.

Mais au delà de l’histoire qui s’essouffle d’elle même tant l’auteur use son filon jusqu’à la corde, l’auteur lui-même s’enferme dans une caricature de lui-même et les actions de ses personnages peinent de plus en plus à masquer son propre discours teinté de politique et d’idéologie américaine qu’il rabâche sans discontinuer à travers des scènes de dialogues toujours plus longues et pompeuses dans un style toujours plus niais, comme s’il s’adressait très maladroitement à des enfants en bas-âge, incapable par exemple de se souvenir de ce qui se disait trois pages plus tôt, et se croyant obligé soit de le répéter, soit de le formuler autrement à travers des périphrases d’un grotesque éhonté.

Une fois le 15e et, le croyais-je, dernier tome terminé, le laissait le brave homme de côté et allait convoler avec d’autres écrivains.

Je n’ai par exemple pas lu ses deux derniers ouvrages sur Nicci, à côté desquels j’étais largement passé.

Néanmoins, la sortie en promotion de son dernier ouvrage, un thriller, son deuxième donc, m’a poussé à aller voir ce que donnait le dernier cru en date de cet auteur prolifique.

Que n’ai-je donc commis comme erreur !

Enfonçons tout de suite les portes ouvertes. Quoique l’intrigue soit vue et revue (des tueurs aux trousses de deux personnages en fuite…) et que le style sans saveur laisse clairement à désirer de part son absence d’épaisseur (dont la pauvreté de la langue n’un hélas qu’un des symptômes), ce n’est hélas pas là que réside les défaut majeurs du livre.

C’est tout dire !

Qu’est ce qui peut être pire pour une oeuvre littéraire que de laisser le souvenir périssable d’une histoire banale mal racontée ?

Et bien Terry Goodkind tente peut-être de relever le défi dans une expérience autodestructrice au service non pas de ses récits mais bien plutôt au service de ses idées. Et, une fois encore, non pas de ses idées de romanciers – la vacuité de son propos et ses errances de styles prouvent que tout comme le souffle épique de ses histoires, ses qualités d’écrivain s’épuisent – mais bien plutôt de ses opinions politiques et « philosophiques ».

Entendons nous bien : un auteur, ou un artiste au sens plus large, est un témoin de son époque, un citoyen de son temps. Quoiqu’il exerce comme art, quelles qu’aient été sa formation, son contact avec les idées et les formes de culture, il est nécessairement influencé par « l’air du temps » et ce qu’il produira sera le reflet conscient ou en creux de tout ce que l’époque brassera d’idées, d’actions ou d’émotions.

Le problème n’est donc pas que Goodkind ait des opinions ou qu’elles aient pu lui donner un angle d’attaque pour évoquer certains thèmes développés au cours de ses différents romans.

Non. Le problème, est qu’au fil de ses romans, le propos politique de l’auteur a progressivement pris le pas sur la narration, ne se contentant plus de donner une coloration au récit, mais pour devenir en fin de compte l’objet de son propos.

Au début, ça paraissait presque mignon, les personnages prenaient des postures et adoptaient des points de vue cohérent avec la situation dans laquelle ils étaient plongés. Mais, emporté dans son élan, ces attitudes dictées par les circonstances sont devenues au fil de l’eau les traits de caractères principaux des personnages passant par exemple pour le héros principal du courage noble à une sorte d’attitude moralisatrice teintée de fatalisme.

A la base de tout récit, particulièrement lorsque celui-ci s’étend sur plus d’une dizaine d’opus pour la saga de l’épée de vérité, il est normal et même souhaitable que l’on constate d’une évolution (positive ou négative) des personnages. Ils vivent des choses, ressentent les choses et les circonstances doivent nécessairement leur faire revoir leurs façons de penser.

Malgré tout, l’évolution des personnages de Goodkind ne va pas tant dans la direction d’un parcours logique au sens psychologique du terme, mais plutôt vers une transformation de ces deniers d’acteurs à celui de porte-parole. C’est comme cela que l’on est passé de « Moi, Terry Goodkind, je vous raconte l’histoire de Richard dans un univers de mon imagination » à « Moi, Terry Goodkind, je vous explique très clairement mes opinions à travers les dialogues de mes personnages ».

Car cela s’applique à tous les personnages. Quoique philosophiquement opposés dans une dichotomie excessivement manichéenne, les « bons » et les « méchants » partagent le même discours auto-persuasif martelé page après page, dans un torrent indigeste et ininterrompu de rabâchages aussi lourds que pompeux le tout avec la subtilité d’un marteau-piqueur manipulé sous stéroïdes.

A peu près épargnés par le phénomène sur les quatre premiers tomes de l’épée de vérité, le lent et progressif passage de saga à tribune politique s’amorce à partir du cinquième volume.

Et c’est aujourd’hui, dans un thriller raté sur le fond et sur la forme que se cristallisent toutes les dérives de l’auteur à un niveau de concentration jamais atteint.

Mais au fond, peu importe les convictions de l’auteur. Que celui-ci soit bouddhiste intégriste, vegan à mi-temps ou zélote de l’armée illumiti-reptilienne, ce qui pose problème n’est pas tant le fond de sa pensée et de ses convictions que la façon dont celles-ci viennent occuper une place prépondérante dans le récit. Mais c’est surtout la façon dont ces idées transpirent et sont retranscrites qui pose problème.

Bon, bien que cela soit évidement décevant, Goodkind n’est pas un zélote de l’armée illuminati-reptilienne. Non, plus simplement, Goodkind est ce que qu’on pourrait appeler un « conservateur ». De nationalité américaine, son affinité politique va au parti « Républicain » (opposé au part « Démocrate »), même s’il se définit lui-même comme adepte de la philosophie libertarienne.
Quoique très insatisfaisante, la comparaison avec notre système français voudrait que les Républicains soient à droite de l’échiquier politique, quand les Démocrates y prendrait la gauche (sachant que l’échiquier politique US ne couvre pas l’ensemble de notre spectre idéologique et s’arrêterait pour les plus extrêmes gauchistes à ce qui correspondrait à notre centre gauche).

Bref. Ce qu’il faut retenir, ce n’est finalement pas ce qui défini la ligne politique des républicains, mais que la séparations Républicains / Démocrates, est extrêmement clivante aux USA et que l’appartenance et la revendication de celle-ci à l’un ou l’autre camp défini pour parti les individus. Cela fait même parti d’une information déclarative, librement accessible à tout un chacun. Difficile donc de garder le secret de son vote (encore que…) !

Les ouvrages de Goodkind sont donc une tribune offerte à sa libre expression politique et philosophique, peut-être (quoique j’en doute) avec une arrière pensée prosélytique.

Sauf que, et c’est pas de bol pour nous, on n’assiste en rien à une subtile utilisation au service de l’intrigue, mais bien plutôt au discours enflammé d’un oncle bourré en fin de repas lors des fêtes de noël. Et encore, le fameux oncle bourré se contentera de paraphraser maladroitement ce qu’il pensera avoir compris des flash infos de fox news, comme le ferais un élève de primaire passé par hasard devant la télé allumée chez ses grands-parents.

On est donc très loins de l’analyse fine et de la mesure.

Sans doute grisé par l’accession de Donald Trump à la maison blanche, Goodkind se trouve empli d’une confiance en lui redoutable et ne se prive pas de se regarder écrire de longues diatribes empruntes de populisme gras et de jugements absolus à l’emporte pièce.

On retiendra avec amusement ses passages sur l’axe du mal (Iran et Corée du Nord en tête) et surtout sur le « Dark Net » qui constitue a priori le thème central des « Sanctuaires du mal ».

Je dis « a priori » car à part en deux points précis de l’histoire, le dark net n’occupe aucun rôle central dans le récit en dehors de servir d’exutoire à Goodkind qui déverse sur de (trop) longues pages sa vision partielle du sujet (cf. la paraphrase de Fox News).

Faire du Dark Net (qui tire ce nom du fait qu’il n’est pas aussi facilement accessible que l’internet « classique ») une plateforme uniquement dédiée aux activités criminelles c’est oublier un peu vite que :

  1. Les criminels peuvent agir  très librement sur l’internet « normal » et tout sortes d’activité illégales ou nuisibles y ont déjà cours
  2. Un internet caché permet à certaines personnes ou certaines idées de trouver leur chemin lorsque les régimes en place y font obstacles de manière illégitime
  3. Que grâce au point précédent, de grandes compagnies, américaines pour la plupart, exploitent ce Dark Net à des fin commerciales en arguant qu’elle font justement oeuvre de liberté.

Accuser le Dark Net d’être la réplique moderne de Sodome et Gomorre de manière aussi ferme et absolue que ne le fait l’auteur revient à adopter la même condamnation pour de bêtes tâches, trouvables dans n’importe quel magasin de bricolage, au motif que quelqu’un s’en est servi pour effectuer un massacre. Le problème n’est pas incarné par l’outil mais par l’utilisation qui en est faite.

De ce point de vue, l’approche de Goodkind est quelque peu désespérante, surtout qu’elle n’aide en rien le récit et le dessert même tant la critique est grossière et caricaturale. Mais peut-être que pour un américain moyen, relativement peu instruit et abreuvé à la source de Fox News, ça passe crème…

En définitive, « Les Sanctuaires du Mal » est un livre raté, à tous points de vue. Il ne constitue que le énième épisode de la lente mais inexorable chute de Goodkind d’auteur talentueux à papy aigri.

Cette situation est vraiment triste, car cela entache l’aura qu’avait (et qu’a encore auprès du public) l’oeuvre de Goodkind, et au premier chef l’épée de vérité. Il est tout de même à espérer que Goodkind délaisse ses démons actuels pour retrouver le souffle épique qui nourrissait ses premiers opus pour redonner ses lettres de noblesses à son interprétation du genre héroïcomique-fantasy qui compte tant d’adeptes à travers le monde !

L’été des quatre rois de Camille Pascal : lourd mais brillant

Un roman ?

Dans « L’été des quatre rois« , Camille Pascal nous livre un récit brillant et extrêmement documenté de cette période trouble et relativement méconnue de l’histoire de France qui prend place dans la première partie du 19e siècle.

Marquant l’échec de la restauration, la tentative de coup de force de Charles X est ici illustrée avec force dans un propos détaillé où les faits connus sont présentés avec soin et détails. Appuyé sur une bibliographie riche et solide, l’exactitude historique des faits et leur contexte ne peut en aucun cas être remis en cause. 

L’intrigue, quoique déjà écrite par l’Histoire, nous emmène de cette décision de Charles X de restreindre les libertés publiques jusqu’à sa disgrâce et son exil en Angleterre, en passant par l’épisode famélique des Trois Glorieuses, nième épisode insurrectionnel et révolutionnaire dans la capitale, écho à celui de 1789 et qui trouvera encore sa réplique en 1848 et 1870.

Le récit se décompose en deux parties inégales, la première décrivant l’origine de l’insurrection et son déroulement, puis, après les atermoiements politiques dont le livre tire son titre de manière quelque peu exagérée puisque deux des quatre rois en question n’ont pas régné, enchaîne en seconde partie sur le très long chemin de l’exil pour Charles X. 

Sur cette base scénaristique contrainte, l’auteur tente le pari audacieux d’en proposer une version romancée, rembourrant la trame des faits et des archives par tout ce qu’autorise les conventions littéraires. 

Ainsi le roi se trouve-t-il en train de rêver et nous même plongé dans son rêve ou bien encore des scènes de dialogues dont ne nous est parvenu que l’esprit sinon les mots, se trouvent retranscrits sans que ces mots manquants ne soient réinventés. 

Ou un manuel historique ?

A mi-chemin entre le manuel universitaire et la fresque romanesque pure, l’ambition du livre se heurte malgré tout à quelques difficultés liées à l’exercice. 

Le propos suit une trame parfaitement chronologique, où le lecteur est invité à suivre presque heure par heure, les actions des différents protagonistes. En conséquence, nous passons très (trop) rapidement d’un point de vue à un autre, sans que la structure du récit nous l’indique clairement. C’est le cas lorsque plusieurs actions se déroulent au même endroit, avant que nous ne soyons propulsés ailleurs et qu’un intertitre nous l’indique. 

En découle un récit très compact, très dense, qui implique une lecture attentive et méticuleuse, qui éloigne quelque peu l’ouvrage de son objectif romanesque, qui autoriserait une lecture plus fluide et plus aérée. N’espérez donc pas accompagner vos trajets en transports de cette lecture qui nécessite du calme, presque une prise de note pour ne pas perdre de vue qui est qui au risque de se perdre dans l’entrelacs de l’histoire et de devoir relire plusieurs fois le même passage. 

Au surplus, les non-initiés à cette période seront rapidement perdus s’ils n’ont pas une connaissance minimale de la trame chronologique. La lecture d’un manuel ou, à minima, de quelques fiches Wikipedia, sera un préalable recommandé. 

Au final, avec l’été des quatre rois nous sommes en présence d’une belle monographie, écrite avec soin dans un style ciselé et qui ne se tire pas trop mal de l’exercice délicat consistant à mêler roman et livre d’histoire. 

Cela n’enlève en revanche rien au fait que ce n’est pas un livre facile d’accès et que la lecture est rendue ardue de part la densité de son propos. 

Récap de mes lectures de juin 2018

Autorité

Deuxième tome de la trilogie du rempart sud, cet opus n’a finalement que peu d’adhérence avec le premier. On a l’impression d’être dans Matrix, à savoir avec un premier volet autonome, puis une suite en deux parties, incompréhensibles l’une sans l’autre.

Bon, à la différence notable de Matrix, le film des frères / sœurs Washowsky a été fait avec talent.

Ce n’est hélas pas le cas ici. Le style est hésitant, l’intrigue décousue et on s’en remet encore à ce stade à l’espoir que le dernier volet dissipera les nombreuses questions laissées en suspens, et ce depuis le premier volet.

Acceptation

Acceptation

Tant qu’à se faire mal, autant le faire en une seule fois. C’est un peu le principe du sparadrap : faut arracher d’un seul coup.

Donc pour ne pas mourir idiot et en finir avec cette trilogie entamée, je me suis imposé la lecture de ce dernier tome.

Comme pour les deux précédents, les mêmes défauts et pire, aucune des questions soulevées ne trouve de réponse.

Un calvaire. Heureusement terminé.

Les robots

A notre époque marquée par l’Intelligence Artificielle, la littérature anticipatrice d’Asimov est rafraîchissante.

Déjà à l’époque de l’auteur les questionnements sur le rapport entre l’humanité et la technologie était d’une acuité déconcertante.

Pour ne rien gâcher, le tout est plutôt drôle avec des personnages qui ont le verbe haut.

Un fondamental à avoir dans sa bibliothèque.

Le sang des 7 rois (Tome 4)

Si le tome précédent marquait le début de la fin de cette série, ce quatrième tome plante un clou de plus dans le cercueil.

Les personnages ne savent pas ce qu’ils font, ni pourquoi et encore moins où ils vont.

Le roman se dirige doucement sur la pente du grand n’importe quoi quand il commence a être question d’extra-terrestres…

Éclaircir les ténèbres (Critique)

éclaircir les ténèbres

J’ai déjà trop écrit sur ce livre qui oscille dans mon cœur entre le médiocre et l’oubliable.

La Guerre de Caliban (The Expanse Tome 2)

Cet opus donne encore plus d’ampleur aux intrigues mises en place dans le premier volet. Ne se contentant pas d’en livrer un simple prolongement, il enrichi considérablement le caractère des personnages et insuffle une profondeur incroyable dans l’univers mis en place.

Au surplus, ce tome introduit un nouveau personnage, dont l’importance ira crescendo dans la série.

Délectable !

Le Président a disparu

Le président a disparu

Au risque de paraître un peu « beauf », c’est l’une des bonnes surprises de l’année.

Signé James Patterson dont le succès industriel n’est plus à démontrer et de l’ancien Président des Etats-Unis Bill Clinton, ce roman se dévore littéralement.

Quoique basé sur une intrigue assez convenue, le fait qu’elle ait reçu les conseils de Bill Clinton pour donner plus de réalisme aux descriptions et aux situations rencontrées lui donne malgré tout une saveur particulière. Pour le reste, les conventions d’écriture à la Patterson sont respectées à la lettre. On aime ou pas !

1984 (Nouvelle traduction)

1984

Au-delà du fond qui ne prend pas une ride, l’éditeur s’est cru obligé de proposer une nouvelle traduction. Mais en avions-nous réellement besoin ? Si cela permet de faire entrer une nouvelle référence au catalogue et de gonfler artificiellement les ventes, une nouvelle traduction apporte-t-elle vraiment quelque chose ?

Pour faire court : non. Pire, c’est un vrai carnage. Sous prétexte que le contexte actuel a changé, on argumente que les mots employés doivent changer aussi sous peine d’avoir un écart trop important entre le contenu (le livre) et le contenant (l’époque).

Sauf que le contexte dans lequel le livre a été écrit, lui, ne changera pas. En outre, le livre a été popularisé avec la traduction de l’époque. En travestissant cette traduction, on viole l’esprit dans lequel le roman est parvenu jusqu’à nous.

Comble du sacrilège, la « Novlangue », terme qui a fini par passer dans le langage courant dans nos contrées est remplacée par un vulgaire et aseptisé « Néoparlé »…

Sans vouloir passer pour un rétrograde passéiste, on aurait pu s’abstenir de commettre cette nouvelle traduction et on reviendra avec plaisir à celle originale qui n’a rien perdu de sa beauté.

Un défilé de robots

Suite de la publication des nouvelles d’Asimov au sujet des robots. Toujours aussi « drôle » et élégant.

La façon dont l’auteur envisage l’évolution même des robots, d’un statut « primaire » à des modèles de plus en plus évolués est fascinante.

Récap de mes lectures de mai 2018

Lectures de mai 2018

La cinquième saison

Cinquième saison

Allez savoir pourquoi, j’ai décidé de me lancer dans la lecture de tous les ouvrages ayant reçu le prix Hugo du meilleur roman. Ce prix récompense le meilleur roman de Science-Fiction ou de fantasy depuis 1953.

Pour simplifier les choses, je suis repartis de la fin de la liste et c’est la Trilogie de la terre fracturée qui s’est présentée.

Sacré en 2016 et 2017 (le 3e volet sera consacré en 2018), je me suis donc attaché à La cinquième saison, premier volet de la trilogie.

Autant le dire tout de suite : je n’ai pas accroché. Mais alors pas du tout.

Je sais pas si c’est le style ou les personnages sans charisme ou l’absence de cohérence de l’univers décrit, mais à part le twist de fin, rien ne m’a fait adhérer au propos.

Et je ne suis a priori pas le seul, car le moins que l’on puisse dire, c’est que les avis sont très partagés et très tranchés sur le sujet. A tel point que certains, dont je fais partie, remette en cause la pertinence d’un prix littéraire pour ce roman.

La vie en ordre

La vie en ordre

Malgré son sujet sérieux, ce livre est extrêmement rafraichissant. L’auteur y aborde des sujets pourtant a priori plutôt graves (rien de moins que la fin de vie) mais avec une légèreté et un humour extraordinaires. Inutile d’y chercher des détails précis sur ce qu’il vous faudrait jeter ou donner. Ce n’est pas vraiment le propos.

En revanche, l’ouvrage est truffé de principes généraux qui devraient guider tout un chacun dans son rapport à ses possessions matérielles et l’encombrement de ses placards.

C’est donc moins un guide du rangement qu’une véritable philosophie de vie à laquelle nous invite l’auteur, le tout axé autour de la problématique bien concrète et douloureuse du débarrassage du dernier lieu de vie d’une personne défunte.

Le leitmotiv est simple : « Si vous ne le faites pas pour vous, faites le pour vos proches » ! Message simple et efficace que l’auteur délivre de manière touchante et attendrissante dans un style tout aussi délicat que plaisant.

Une lecture précieuse !

Les leçons du pouvoir

Les leçons du pouvoir

Alors là, c’est presque tout l’inverse. Où alors si : si vous voulez savoir tout ce qu’il ne faut pas faire en terme de management et de leadership, ce livre est pour vous !

Parce qu’à part servir d’alibi pour une éventuelle nouvelle candidature présidentielle, de thérapie ou de liste d’excuses, le niveau global du livre est assez faible.

A l’issue de lecture, on a le sentiment très inquiétant que l’individu a découvert qu’être Président c’était difficile. N’importe quel citoyen un peu éclairé n’aura pas besoin d’être en fonction pour s’en rendre compte… Quand on parle de déconnexion des élites, ce n’est pas qu’avec le commun des mortels. C’est aussi avec la réalité des choses. Et ça, c’est inquiétant.

Au final, un livre sans surprise, qui pèse finalement moins lourd que ceux écrits par chacune de ses ex…

La porte de cristal

La porte de cristal

Tant qu’à avoir entamé une trilogie, autant aller au bout, même si je dois reconnaître que c’est à contrecœur.

Les griefs énoncés à propos de la Cinquième saison sont ici encore plus prononcés. Le style est inutilement lourd et complexe. La multiplication des personnages mal conduite et leur utilisation maladroite.

Un très mauvais moment de lecture. Hélas.

L’éveil du Léviathan

The Expanse

Je dois confesser avoir été un peu réticent à l’idée d’entamer cette série. Popularisée par une adaptation sur le petit écran et signée par des acolytes de George R. R. Martin, la hype autour de ce space opera ne me disais rien qui vaille.

Mais finalement, toutes ces craintes n’ont pas résisté au plaisir de la lecture. Comme quoi, il faut toujours donner sa chance à une oeuvre de l’esprit !

Bien écrit, avec des personnages attachant et au caractère très fort, ce premier opus nous propulse dans l’espace au milieu des conflits plus ou moins feutrés entre la terre et mars.

Lois d’être un simple « Game of Thrones » de l’espace, The Expanse propose quelque chose de nouveau dans l’épopée spatiale ou l’humain occupe la première place.

Ton monde vaut mieux que le mien (Critique)

Ton monde vaut mieux que le mien

Là encore, je renvoie vers ma critique. Pas nul mais bourré de défauts gênant.

A éviter.

Le procès Fillon

Le procès Fillon

Avec Donald Trump, Emmanuel Macron et François Hollande, François Fillon aura été malgré lui l’une des locomotives littéraire de 2017.

Entre les livres d’investigation, les pour, les contre… Il y en avait pour tous les goûts. L’histoire en elle-même n’est pas terminée, même si l’on en entend nettement moins parler, et, un jour, quand la poussière sera retombée, on découvrira une fois de plus que les tenants et aboutissants n’étaient pas totalement ceux que l’on pensait.

Au milieu de ce maelström livresque, j’ai jeté mon dévolu un peu par hasard sur « Le procès Fillon », sans doute attiré par le titre qui laissait entendre que le propos ne serait pas entièrement à charge.

Et c’est le cas. L’ouvrage présente l’énorme avantage de proposer un très bon résumé chronologique de l’affaire. Chaque épisode y étant évoqué actuellement. On y découvre au passage de nombreuses explications sur le fonctionnement de la justice financière, chose qui n’est pas un luxe tant ce monde et ces règles sont d’une confisante complexité (savamment entretenue pour que les petites gens continuent bien entendu de ne rien y entendre…).

Si le parti pris politique est évident et en faveur du candidat malheureux, Il faut admettre que c’est de bonne guerre ! Après tout, nombreux sont ceux qui, sans savoir, ont tiré sur l’ambulance. Donc pourquoi pas plaider (raisonnablement) pour le bénéfice du doute.

Principal défaut, le récit se veut équilibré, entendu ne pas être trop à charge, mais en faisant ainsi il n’apporte pas de véritable conclusion ou de piste de réflexion, ne dépassant que rarement le cadre pur du factuel.

Mais en ces temps de « fake news », un ouvrage qui s’attache aux faits et seulement aux faits, on a envie de dire « tant mieux » !

Artémis

Artemis

Ce livre est l’oeuvre de l’auteur de Seul sur Mars, livre popularisé par son adaptation cinématographique avec Matt Damon dans le rôle principal.

Cet ouvrage, qui se passe encore une fois dans l’espace, nous emmène sur la lune. L’héroïne va, au gré de péripéties toutes plus dangereuses les unes que les autres, sauver tous ceux qui ont élu domicile sur le satellite de la terre.

Très plaisant, palpitant et bien écrit. Chaleureusement recommandé !

Luna

Luna 1

Même décor, à savoir la lune, mais toute autre ambiance. Ici il est question d’intrigues familiales, de clans, de luttes industrielles et économiques. La lecture est un peu pénible et on se perd facilement dans toutes les ramifications de ces familles brésiliennes pour la plupart (sans que cette nationalité apporte véritablement quelque chose au récit). S’il y a bien un cliffhanger appelant à la lecture du second tome, pas sur que je poursuive l’aventure.

Le sang des 7 rois (Tome 3)

Sang des 7 rois tome 3

Si les deux premiers tomes mettaient en place l’univers et les grandes lignes de l’intrigue, on passe notre temps dans ce tome à marcher…

A tel point qu’on se fatigue presque à force de voir les personnages gesticuler pour se rendre d’un point à un autre sans que l’on soi en mesure de savoir vers quoi ils vont.

Si certains points de l’intrigue sont un peu approfondis, ce tome marque tout de même le début de la fin de la saga.

Ton monde vaut mieux que le mien de FM Santucci

Avec « Ton Monde vaut mieux que le mien », FM Santucci signe un premier roman maladroit mais rempli de bonnes idées et de bonnes intentions.
Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions.

Maladroit dans la forme tout d’abord.

C’est tout bête, mais si l’écriture répond à certaines règles et conventions, ce n’est pas uniquement pour servir de carcan servile et castrateur. Au delà de la syntaxe, la mise en forme d’un récit, doit permettre au lecteur de savoir s’il s’agit d’une description, d’une pensée du narrateur, d’un dialogue, etc…
Or là, aucun dialogue n’est structuré selon les règles, avec des tirets, des guillemets, etc. Ici, tout est en italique seulement, y compris les pensées de certains protagonistes, sans qu’ils ne les livrent à voix hautes.
Cela rend la lecture pénible par moment sans que cela n’apporte ni profondeur supplémentaire au récit ni tension utile.

Maladroit sur le fond ensuite.

Il ne fait aucun doute que l’auteur nous livre ici un vibrant hommage à la Californie, à sa capitale Los Angeles et à sa culture ensoleillée.
Nul doute non plus sur le fait que l’auteur joue à plein la carte de la pop-culture technophile de ce début de siècle. Tous les noms de sociétés hi-tech (ou qui se prétendent comme telles) y sont nommées, ce qui constitue un bel exercice de contextualisation, mais vire vite au déclinologue fanserviesque.
Au final, cette toile de fond « technologique » est vite secondaire dans le récit et n’a d’intérêt que pour le dénouement final.
Si le récit nous dépeint de jolies descriptions de Los Angeles qui vous donnent l’envie de vous rendre sur place (à défaut d’y vivre faute de moyens suffisants), ce bel ensemble est rapidement mis aux oubliettes justement en raison de ce dénouement.

L’édifice narratif mis en place au fil des pages et dont on s’attend à ce qu’il culmine en une révélation et un twist renversant, s’écroule lamentablement lorsque l’on découvre, stupéfait, le motif capilotracté ayant servi au personnage principal pour bâtir son plan de « vengeance » sur plusieurs années. On en vient à relire l’explication tellement ça semble irréel.
Le tout étant prétexte à un happy-end forcé et dégoulinant de guimauve.

Seul rescapé de ce naufrage, un style particulièrement plaisant et un contre-pied des plus efficace pour déjuger la quatrième de couverture sur l’histoire d’amour naissante.

Ce que l’on retient au terme de cette lecture, c’est que l’auteur semble y évacuer un certain passif.
En témoigne les similitudes troublantes entre le récit et la biographie succincte de l’auteur en quatrième de couverture. D’autant plus troublantes, qu’en dehors des détails précis livrés qui témoignent d’une belle connaissance par l’auteur des lieux utilisés pour l’intrigue, la sous-intrigue en Côte d’Ivoire pourrait se dérouler partout ailleurs, dans le Poitou ou à Ibiza, sans que cela n’altère le récit. Sans le descriptif de l’éditeur, nous n’aurions pas ce sentiment bizarre de fiction-réalité.

Au final « Ton monde vaut mieux que le mien » constitue un livre paradoxalement agréable à lire mais qui souffre de trop nombreux défaut, même pour un premier roman. On peut se permettre de laisser de côté en attendant l’été et d’autres publications plus qualitatives.

Signe de vie : dans l’espace, on ne vous entendra pas pleurer

L’Histoire devrait nous avoir appris qu’il n’est jamais bon de jeter l’opprobre de manière trop catégorique et définitive sur les œuvres de l’esprit quelles qu’elles soient : films, musiques ou livres.
Certains à Libération savent qu’un jugement trop hâtif peut aisément se retourner contre vous quand le vent de l’histoire à tourné !

Malgré tout, conscient qu’une oeuvre jugée mauvaise à sa sortie peut devenir iconique et conscient que toute oeuvre de l’esprit est toujours porteuse d’une part d’humanité et témoigne de son époque, rien ne doit nous empêcher de débusquer la médiocrité, condamner la facilité et dénoncer ce qui est mauvais.

Tout ça pour dire qu’avec tout le respect que l’on doit aux créateurs, rien ne nous oblige a tout accepter pour autant.

Bon et avec tout ça, il en pense quoi du dernier Dos Santos ?

Bah a priori… pas que du bien…

On prend les mêmes et on recommence

Signe de vie est dans la même veine que les précédents opus de Sieur Dos Santos.
C’est probablement là sa seule vraie qualité : l’auteur est fidèle à son style et à son approche ou sa vision du genre romanesque.
C’est cohérent, et par certains aspects : courageux. Car bien que la formule d’écriture soit éculée, Dos Santos continue d’exploiter le filon. Difficile de se réinventer quand on tient une rente.
Car c’est bien là que réside la plus grande force des romans de Dos Santos et qui réside dans sa plus grande faiblesse : le chemin est balisé, l’intrigue minimaliste, un pageturner élevé du fait de la haute prévisibilité des actions à venir, et surtout, l’impression de s’instruire à peu de frais.
Un Dos Santos, c’est comme une paire de charentaire : on se glisse dedans, c’est tout confort et on se laisse aller.
Malgré tout, ce n’est pas parce qu’un « truc » fonctionne qu’il n’est pas dénué de défaut. Et hélas, ils sont nombreux…

De vrais défauts

Il y a d’abord les écueils que l’on trouve dans tous les ouvrages de Dos Santos mais qui se trouve ici à un degré tel que l’on dépasse de loin les limites du supportable.
Et en premier lieu cette assertion empirique (et insupportable !) sur la véracité de toutes les informations scientifiques contenues dans l’ouvrage. Comme à chaque fois, le récit s’inspire ou s’appuie sur des fais « véridiques » et vérifiables : des fait divers, des théories scientifiques, etc.
Sauf qu’en conclusion de son ouvrage, dans une note finale abominablement longue (et qui résume tout l’ouvrage en 20 pages, bibliographie incluse !), l’auteur indique qu’il a quand même pu commettre des erreurs de retranscriptions de certains éléments, malgré la relecture et l’assistance de plusieurs intellectuels, universitaires ou chercheurs (portugais pour la plupart).
Où se trouve donc la vérité ?
Toujours dans le même domaine, certes l’ouvrage est documenté (on ne peut pas reprocher à l’auteur de ne pas s’être documenté sérieusement), mais la somme de connaissances accumulée cherche à être délivrée dans son intégralité ce qui d’une part rend le propos abscons par moment, mais surtout donne des scènes de dialogues improbables, absolument interminables et d’une lourdeur insupportable.
Véritables tunnels dans le récit, dont le rythme est déjà lent, on passe presque la moitié du récit à palabrer (sur des théories la plupart du temps) alors que le roman insiste par ailleurs sur l’aspect « contre la montre » du défi qui s’est engagé.
De cette avalanche de concepts, d’informations, de paraphrases de Wikipédia ou de notes de lectures condensées, on ne retient finalement que peu de choses.
Il serait tout à fait possible de parvenir au résultat en moins de temps et moins de pages.
Car si l’on dit des hommes politiques qu’ils « s’écoutent parler », Dos Santos aime incontestablement se regarder écrire.
De là découle les dialogues sans fin qui mériteraient largement d’être raccourcis, au profit de l’action.

A little less conversation

Une action que l’auteur semble ne pas beaucoup apprécier tant les scènes où il se passe effectivement quelque chose et qui n’implique pas uniquement des gens assis dans une salle en train de parler, ne sont pas bien écrites.
Dos Santos est bien plus à l’aise pour « vulgariser » des idées et des concepts scientifiques à travers la voix de certains de ses personnages que pour mener un propos romanesque.
Dans sa note finale, il écrit d’ailleurs que son roman cherche à expliquer des choses… Un roman raconte une histoire, qui peut traduire un point de vue, une opinion, etc.. mais en aucun cas servir de manuel scolaire ou d’ouvrage de vulgarisation.
La prépondérance du propos « documentaire » rend la lecture pénible et faire perdre de vue le caractère romanesque de l’ouvrage.
Dommage car du coup, il n’excelle ni dans un domaine ni dans l’autre…
A cela s’ajoute de vrais faiblesses d’écriture : abus du cliffhanger de fin de « chapitre », un suspens de façade du à quelques twists maladroits (mauvaise utilisation du fusil de Tchekhov), alors que dans le même temps, quand l’auteur se détache du factuel pour aller vers la pure fiction, la suspension consentie de l’incrédulité fonctionne plutôt bien.

Signe de vie ou rebond du chat mort ?

En résulte un sentiment très mitigé : l’ouvrage mériterait d’avoir moitié moins de pages ce qui n’enlèverait rien à son propos. Cela aurait obligé l’auteur à restreindre sa boulimie documentaire ou, tout du moins, à synthétiser d’avantage.
Du reste, le style de l’auteur se prête pour une fois assez mal à son propos et on aurait aimé un peu de prise de risque pour nous narrer quelque chose d’épique dans un style qui aurait pu l’être tout autant.
A lire avec prudence, car, au delà des concepts brassés, toute la documentation réunie et résumée correspond en outre l’idée que s’en fait l’auteur. Le propos, quoique se voulant scientifiquement objectif est donc quelque peu subjectif quand même.

S’il faut reconnaître un mérite à « Signe de Vie », c’est qu’un jour s’il ne reste que lui et que tous les autres auront brûlé ou seront perdus, les théories ou informations scientifiques qu’il brasse (et il brasse beaucoup), auront peut être ici leur dernière survivance. Les générations futures seront peut-être ravies de trouver là des traces d’un savoir perdu par ailleurs, comme d’aucun en leur temps furent émerveillés de retrouver les écrits survivants de Platon ou tant d’autres penseurs grecs. C’est tout ce que je souhaite à cet ouvrage, qui par ailleurs est oubliable…