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Quand iPapy doit justifier son évangile

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Ça n’aura échappé à personne. Ce qui marque ce début d’année 2010 ce n’est pas le WEF de Davos ou les quelques performances sportives, exceptionnelles, de l’équipe de France de Handball ou de Roger Federer, mais bien le lancement, quasi prophétique, de l’iPad d’Apple, en grandes pompes et par le boss en personne, Steeve Jobs, alias iPapy. La bonne parole a été répandue, et l’illumination de Steeve a été révélée au monde…

De ses propres mots, il s’agit du projet le plus abouti et le plus important sur lequel il se soit investi. Certes, nous sommes près à le croire. Surfant sur la vague du succès de l’iPhone et subodorant que l’inconfort relatif dans certains de ses usages permettait d’envisager un agrandissement du format afin de donner naissance à un « nouvel » outil, dont le design léché allait subjuguer la planète et créer un nouveau besoin, la firme et son patron lance donc cette tablette « révolutionnaire ».

Malheureusement pour Steeve, ce qui semble le plus « révolutionnaire » dans cette création, c’est la vague de critiques qui déferle sur le web, atteignant même, fait rarissime, les plus applemaniac. Pas de changement vis à vis de l’iPhone ou de l’iPod Touch, faible spécifications (mémoire assez ridicule), (toujours) pas de support de Flash, évolutivité nulle qui ne correspond pas au positionnement du produit en tant que concurrent des netbook (si tenté que que soit l’un des objectifs – http://bit.ly/aimcYj), etc…
Autant de critiques et de déceptions, justifiées ou non, qui ne donne pas l’impression voulue que l’outil est « révolutionnaire ». Modérons toutefois ce constat par deux éléments :
– tout d’abord, l’appareil n’est pas encore sorti, en ce sens qu’il n’est pas disponible pour le grand public et que, en dehors de la démo et de quelques tests rapides, il est impossible d’avoir des informations sur l’usage régulier de l’iPad, pas plus que sur les habitudes d’utilisations par un grand nombre d’utilisateurs.
– ensuite, personne n’est dans la tête de Steeve Jobs. Celui ci a sans doute quelque chose derrière la tête, une ambition pour son produit, une idée précise de l’utilisation qui doit en être faite et qui peut peut-être passer par une interconnexion avec des services futurs qui n’existent pas encore (domotique ?).

Et Steeve a peut-être levé une partie du voile lors de sa dernière intervention concernant la sortie de l’iPad, mais cette fois ci devant les employé de la firme à la Pomme. Assez étrange exercice que de refaire une tournée de communication en interne au sujet d’un produit déjà sortie et par le truchement d’une intervention physique, dans une société ou le patron n’est pourtant pas le dernier à communiquer par mail (annonce de son retrait temporaire début 2009 pour raisons de santé).

Le navire iPad prendrait-il l’eau au point que le capitaine du navire doivent écoper lui même ? Pas sûr. Et pourtant, cela ressemble pourtant à une mise au point pour faire taire les critiques. Sur le flash par exemple. Il fallait s’y attendre, le boss a quelques coups d’avance sur l’échiquier de la technologie. Tout comme les développeurs de Everquest il y a quelques années, qui pariaient sur une évolution notable des configurations des ordinateurs des joueurs et qui programmaient un jeu surdimensionné par rapport  à l’état réel du parc informatique au moment de la sortie du jeu, Steeve semble croire que le format Flash n’en a plus pour très longtemps à vivre et que l’ère du HTML 5 est bientôt arrivée. Un pari audacieux mais risqué, car, si cela traîne trop, cela risque d’agacer les utilisateurs, même les plus patients (car on peut vivre sans flash http://minu.me/1myk).
Sans trop entrer dans les détails, on perçoit donc que iPapy a une idée bien précise de ce que sera l’usage à terme de son nouveau terminal même s’il se garde bien de nous en dire d’avantage. Pour le coup, il faudra être patient, et ce, bien au delà des 2 mois qui nous sépare de la sortie réelle du précieux.

Mais là ou les propos de Steeve sont assez étonnant, c’est lorsqu’il aborde la question de Google. Car au rayon mise au point, il n’a pas été question que de défendre son dernier bébé. L’iPad c’est bien, mais Apple, c’est encore mieux et c’est surtout son plus gros bébé.
Ce n’est pas un mystère que les relations entre Apple et Google sont pour le moins… tendues. Le PDG de Google a quitté son poste d’administrateur d’Apple et Apple fait les yeux doux à Microsoft pour que son moteur de recherche Bing soit le moteur par défaut sur l’iPhone. Mais quelle est la raison de la colère de Steeve ? Et bien officiellement, parce que Google est venu piétiner les plates bandes d’Apple dans le secteur de la téléphonie. Et Steeve de déclarer haut et fort que sa société n’a pas été fourrer son nez dans le domaine de la recherche du Internet mais que Google ne s’est pas gêné pour venir sur celui de la téléphonie en déclarant même vouloir « tuer l’iPhone ». Et ça, Steeve, il a pas aimé.

La guerre est donc ouverte. Mais ce qui est étrange, c’est le prétexte.  Qu’une société veuille se battre contre un concurrent, c’est le jeu de la concurrence et la loi du marché. Cela étant, Google s’est certes inséré dans le marché de la téléphonie, mais Apple n’est pas la seule société sur ce créneau (même si elle a été a l’avant garde des Smartphones tactiles) et de plus, la téléphonie n’est pas l’activité principale d’Apple (encore que cela aurait tendance à changer). C’est pourquoi il parait étonnant que Steeve attaque en disant que sa société n’a pas été mettre les doigt dans la recherche du internet, qui est, rappelons le, le coeur de métier de Google, et que, pour cette raison, elle va se battre sur le terrain de la téléphonie, qui n’est une activité principale pour aucune des deux compagnies. On aurait pu comprendre et justifier la sortie de iPapy si Google s’était directement attaqué au coeur de métier d’Apple qui est… euh… ah oui : l’informatique et la conception d’ordinateurs, chose que ne fait pas (encore totalement) Google.

La bataille se joue donc sur un segment de marché pour ces deux entreprises, un segment qui va certes prendre de l’ampleur chez les deux protagonistes et qui déjà chez Apple prend énormément de place. L’imbrication de Google et de Apple au sein de l’iPhone a fait ses preuves et une vaste période d’incertitude vient de s’ouvrir ne laissant présager de rien sur les conséquences de ce clash (Morandini sort de ce corps).

Alors, quand verrons nous un moteur de recherche fonctionnant avec un algorithme made in Apple ? Wait and see.

Maître de ces lieux

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