La fonction publique c’est comme un meuble Ikéa

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La fonction publique est un monde merveilleux. Je le sais d’autant plus que j’en ai fait partie et que j’ai passé une longue partie de ma vie professionnelle à travailler à son contact.

On peut dire ce qu’on veut, mais tous les points de vues sur la fonction publique reposent sur un fond de vérité : il y a plein de gens formidables, il y a plein d’incapables ou de fainéants, ça coûte trop cher mais la plupart ne sont pas bien payés, les moyens sont mal employés, les politiques ne savent pas correctement la piloter, etc…

Entre les gens qui font de leur mieux, ceux qui se tirent une balle dans le pied, ceux qui ne savent pas pourquoi ils sont là, etc. on se retrouve devant un équipage plutôt improbable dont on se demande comment il tient encore debout.

De là est venu cette petite réflexion, cette petite « analogie ».

N’y voyez là aucune méchanceté ni aucune malice. Rien qu’un trait d’esprit. Oh ! Et pardon pour les designers d’Ikéa. C’est pas leur faute 🙂

Les agents sérieux

Les pièces discrètes, voire invisible, sans qui le meuble ne tiendrait pas. Sans les agents sérieux, tout l’édifice s’effondrerais pour de vrai. On peut tenter par moment de retirer une pièce sans que cela ne porte véritablement à conséquence : l’intégrité du meuble sera garantie la part que prendront les pièces encore en place. Mais à mesure que l’on retire des pièces, la charge utile du meuble diminue jusqu’au jour où celui-ci se délite

Les délégués syndicaux

Ce sont les pieds du meuble… mais posés de travers. Du coup on les voit bien, c’est moche et ça rend le tout bancal. Si on les enlève, le meuble est moins haut, si on le tire, ça peu rayer le parquet, mais dans les faits, c’est plus esthétique et plus efficace. En plus, ça évite que la poussière s’agglutine sous le meuble

La notice de montage

Illisible pour certains. Parfaitement compréhensible pour d’autre. Ensemble des règles, en apparence simple, qui permettent de monter l’ensemble pour qu’il réponde à son usage de destination. Toute liberté prise avec la notice est passible de dysfonctionnements plus ou moins graves

Les chefs de services

Ils sont en principe les potences, courroies et autres tringles qui permettent que tout glisse et d’amortir les secousses de fonctionnement. Mal dimensionné ou mal posées, les tiroirs sont bancals et tout grince.

Les élus

Ce sont les vitrines et les ornements du meuble. On voit à travers et n’ont de fonction qu’esthétiques. Que les goûts des utilisateurs du meuble changent et on les remplacent aussi vite qu’ils ont été installés

Les agents nuisibles, nocifs, incompétents et inutiles

Ce sont les pièces en trop qui restent une fois le meuble monté. On ne sait jamais quoi en faire donc on les laisse dans un tiroir du meuble « au cas où » et ils pourrissent la vie au jour le jour en se glissant là où il ne faut pas.

Le gouvernement

C’est la poussière inévitable qui se dépose lentement sur le meuble. Quand l’envie lui en prend, il passe un grand coup de balai et, quand il estime que la poussière revient trop vite, déplace le meuble à un autre endroit, voire lui affecte un usage bien différent de sa destination de départ.

Les think-tank

C’est le vendeur de Ikéa qui te propose de tuner ton meuble, soit en changeant de couleur, soit en ajoutant des options débiles dont tu t’aperçois au bout d’une semaine que c’était pas une bonne idée : genre le porte cravate sur la porte extérieure ou le porte pantalon qui t’oblige à virer toutes tes pompes pour encombrer un autre placard.

Voilà, c’est tout pour moi 😉

Maître de ces lieux

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