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Le Travel Tripod de Peak Design arrive sur Kickstarter

Peak Design lance aujourd’hui sa neuvième campagne Kickstarter avec un produit dont les photographes baroudeurs se languissaient : un trépied photo léger, compact et hyper polyvalent. Le Travel Tripod.

comparaison

Fruit de quatre ans de conception, les gars (et les filles) de chez Peak Design nous présentent un produit qui répond aux besoins des photographes voyageurs tout en respectant les standards de qualités et de conceptions habituels de la marque.

Proposé en deux déclinaisons, aluminium ou fibre de carbone, ce trépied, s’il ne révolutionnera pas l’utilisation que vous faites d’un tel accessoire photo, comporte plusieurs points forts.

Le Travel Tripod : roi de la compacité

C’est objectivement le principal point mis en avant par Peak Design. Replié, le Travel Tripod mesure une petite quarantaine de centimètres de long pour un diamètre d’un peu plus de 8 centimètres.

Cette compacité permet de glisser le travel tripod dans une valise sans que vous ne deviez emporter qu’un seul caleçon et un seul pantalon. Il se glisse aussi très bien dans les poches latérales des sacs de la gamme Everyday ou, encore mieux, de la Travel Line.

bag

Pour être honnête, il faut tout de même convenir que d’autres types de modèles de trépieds y rentraient déjà très bien. Je pense notamment à mon trépied actuel, le Velbon Ultra 655.

Cette compacité est obtenue par plusieurs astuces de conception.

D’abord, l’architecture même du trépied, avec des sections triangulaires et non tubulaires. De cette manière, les sections « s’emboîtent » parfaitement et il n’y a pas d’espace perdu.

Travel Tripod conception

Les taquets qui permettent de déployer les sections sont eux-mêmes conçus pour épouser pleinement la silhouette de la structure, n’offrant ainsi aucune aspérité extérieure pouvant gêner quand on le glisse dans une poche.

Travel Tripod size

Il n’y a pas grand chose à dire par ailleurs que le déploiement en lui-même des sections qui reprend un mécanisme vu et éprouvé sur de nombreux autres modèles.

Personnellement, je lui préfère désormais le système du Velbon Ultra 655 qui repose sur un mécanisme mécanique de verrouillage qui n’offre aucun dispositif extérieur. Mais c’est un autre débat…

Le coup de génie du Travel Tripod : la rotule intégrée !

Si l’ensemble des sections se rabat donc sur la traditionnelle colonne centrale, extrêmement fine dans le cas du Travel Tripod, le vrai coup de génie de Peak Design est d’avoir totalement intégré la rotule ball à cette colonne. Cette dernière se range ainsi complètement à l’intérieur de la structure une fois le trépied replié, n’offre aucune protubérance extérieure puisque sa tête est rigoureusement plate, et permet en outre de verrouiller le trépied pour qu’il ne se déploie pas quand il est en position replié.

Travel Tripod ball

L’idée est très astucieuse et a sans doute nécessité pas mal de travail. Car c’est en fin de compte une toute nouvelle approche de ce type de rotule. Habituellement, les trépied, y compris ceux orientés « voyage » offrent un pas de vis sur lequel greffer n’importe quel type de rotule (3D, fluide, ball, etc.).

Cela signifie qu’aux spécifications du trépied (et principalement son poids) il faut ajouter celui de la rotule. Cela rend l’objet plus modulaire, mais cela implique des contraintes supplémentaires.

Dans le cas du Travel Tripod, vous n’aurez pas le choix de la rotule, mais c’est finalement un moindre mal car, d’une part, la rotule ball est finalement la plus agile et la plus versatile qui convient donc à toutes les situations et surtout, cela permet donc de disposer d’un accessoires parfaitement compact et intégré.

Sur la rotule en elle-même, rien que de très classique, avec une bague de verrouillage, la compatibilité avec les plaques pour une pose et un retrait rapide et les bagues habituelles pour régler la fluidité des mouvements sur la balle.

Classique mais efficace et surtout très intelligemment conçu pour répondre à l’objectif premier : rester compact.

Dernier raffinement de cette colonne centrale, l’intégration en son sein du support pour Smartphones.

C’est un petit détail qui ne paye pas de mine, mais qui révèle encore une fois une conception intelligente et optimale, à la fois de l’espace disponible, mais également du service rendu aux photographes.

C’est en outre la prise en compte que de plus en plus de photographes, professionnels ou amateurs éclairés, usent de leurs photophone sophistiqués pour des prises de vues soignées.

Aussi léger qu’une plume

Corollaire de la compacité, le Travel Tripod est extrêmement léger. C’est d’autant plus vrai avec le modèle en fibre de carbone qui n’affichera sur la balance qu’un modèle 1.3 kg, ce qui est le poids habituel d’un trépied de voyage… sans sa rotule.

Travel Tripod weight

Le modèle en aluminium n’a pas à rougir non plus avec ses 200 grammes de plus sur la balance.

Une inconnue demeure toutefois : quelle sera la stabilité réelle du trépied en conditions réelles, surtout par temps de vent ? Une fois totalement déplié, colonne comprise, il ne faudra pas que la structure subisse trop les secousses, au risque de ne pas se montrer à la hauteur.

Toutefois le Travel Tripod permet de suspendre un sac (Peak Design ;)) ou tout autre objet de poids pour alourdir l’ensemble et lui conférer plus de stabilité si vous allez faire des photos à la pointe du Raz.

La polyvalence à l’état pur

Un trépied photo aujourd’hui ne peut pas se contenter d’offrir une certaine hauteur pour le confort de la prise de vue.

Il doit pouvoir permettre de réaliser des prises de vue au raz du sol (pour de la macro par exemple).

Le Travel Tripod peut donc se déployer à seulement 11 cm de hauteur ou, d’orienter sa colonne vers le bas, offrant la possibilité de capturer des objets ou éléments placés sous le trépied.

Ce sont là des choses assez communes sur les trépieds actuels, mais force est de constater que Peak Design n’a fait aucun compromis sur les capacités de son dernier né.

Quel prix pour le Travel Tripod ?

Quand on a dit tout ça, reste à savoir à quel tarif Peak Design propose son dernier né.

Et forcément, qui dit long cycle de recherche et développement, matériaux haut de gamme et qualité de conception, dit addition salée.

Le prix public recommandé, qui sera appliqué après la campagne Kickstarter sera de 349$ pour la version alu et 599$ pour la version fibre de carbone. Rapporté en euros, avec les frais bancaires et frais de port, ça donnerais environ un peu moins de 330€ pour le modèle alu et 560€ pour le modèle en carbone.

Cela rend donc d’autant plus intéressant de précommander l’un ou l’autre pendant la campagne kickstarter.

En effet, les tarifs tombent respectivement à 289 et 479$, soit 100$ de moins sur chacun des modèles. Modulo les frais de ports, cela nous les laisse environ à 240€ pour le 1er et 420 pour le 2nd.

Cela peut paraître assez onéreux, mais la somme des raffinements esthétiques et techniques me font dire que l’on en a finalement pour son argent.

C’est dans tous les cas un investissement et, si vous ne recourrez pas beaucoup à un trépied pour vos prises de vues, ça ne sera sans doute pas la peine de vous ruer dessus.

Mais pour tous ceux qui cherchent un modèle compact, robuste et intelligent, c’est probablement le meilleur investissement du moment !

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Récap’ de mes lectures d’Avril 2019

Lectures avril 2019

La tour et le fou

La tour et le fou

Reproduire en conditions réelles les circonstances et le déroulement des attaques du 11 septembre, avec de vraies avions et les tours reconstruites à l’identique. Tel est le pari fou que se lance le héros de ce roman atypique.

Fou. Le terme n’est pas usurpé tant l’entreprise parait insensée et par certains aspects, chimérique.

Et pourtant, pied à pied, au prix d’intenses efforts, et de la contribution de nombreux participants, le projet parvient à se monter.

Avec La tour et le fou, Christoff Chinsky signe un roman à l’apparence burlesque mais dont le fond est pourtant d’une incroyable justesse. 
A l’heure des fake news et du complotisme facile et généralisé, l’auteur nous gratifie d’une satire incroyablement actuelle d’une société dans laquelle n’importe quel business peut voir le jour. 

Malgré les intentions louables du héros, qui se heurte malgré tout aux réticences tout autant qu’à la violence de ceux que le projet mettrait en porte à faux, le projet mis en oeuvre ressemble au départ à une vaste blague dont on peine pourtant à croire que, au fil du récit, il puisse prendre corps et aboutir. Quel que soit son issue d’ailleurs !

Le plus fascinant dans ce roman n’est finalement pas sa chute, mais bien toutes les arcanes du récit qui conduisent le lecteur dans des états émotionnels plus que variés.

J’ai eu la chance de pouvoir échanger avec l’auteur et prévoie de faire un retour plus complet sur ce roman qui est clairement mon coup de coeur de ce mois d’avril.

Un roman prenant, servi par la plume efficace et plaisante de son auteur.

3 secondes

3 secondes

Je me suis lancé dans la lecture de cette trilogie après avoir reçu un exemplaire de « 3 minutes » (cf. infra) dans le cadre du festival « Quai du Polar ».

J’ai découvert alors cette série, sans trop d’a priori.

Ce premier opus repose sur un propos relativement confus, au rythme terne, qui ne décolle qu’au deux tiers du roman.

Il souffre par ailleurs des principaux défauts de la littérature scandinave en général, et suédoise en particulier, à savoir un style trop direct, qui voit se tutoyer les gens instantanément, et surtout, une démarche d’auto-flagellation permanente.

Ainsi, sous couvert d’une critique sévère des méthodes employées dans leur pays, ici de la police suédoise en matière d’infiltration des organisations narco-trafiquantes, les auteurs se livrent en fin de compte comme à une sorte d’exercice d’excuses ininterrompu.

Si on comprend rapidement qu’ils ne cautionnent pas les pratiques décrites, le récit vient à souffrir tout aussi rapidement puisque le style adopté tend irrémédiablement vers ce seul point de vue.

L’action se déroule donc sans véritablement d’intérêt, la tension finale étant elle-même noyée dans une prose laborieuse.

Un premier tome finalement assez peu engageant de mon point de vue, qui me laissait redouter le pire pour l’ouvrage suivant…

3 minutes

3 minutes

3 minutes met donc en scène les mêmes protagonistes que dans « 3 secondes ».

Mais contrairement à l’opus précédent, les choses sont ici beaucoup plus intenses, beaucoup plus prenantes et autrement plus épiques.

Plongés dans l’enfer des cartels colombiens, nos suédois se trouvent impliqués dans le trafic de drogue dans tout ce qu’il a de violent, d’impitoyable et de destructeur.

Tout aussi moralisateur que « 3 secondes », « 3 minutes » parvient pourtant à diluer cet aspect dans un mélange d’action et de tension savamment dosé.

Le climax final, qui donne évidemment son nom au roman, est très réussi et nous scotche page après page.

Un bien meilleur roman que le précédent, qui, s’il n’est pas nécessairement mieux écrit, propose un bien meilleur moment à passer.

La vie secrète des écrivains

La vie secrète des écrivains

Je dois vous avouer un truc : c’est mon premier Guillaume Musso…

Mais pourquoi, alors qu’il s’agit de l’un des auteurs francophones les plus lus et les plus vendus ?

Justement. Comme j’ai pu le dire ici ou là, j’ai une méfiance naturelle vis à vis des auteurs à « succès ». Malgré tout, le titre de ce nouvel opus a éveillé en moi une certaine curiosité.

D’autant que Pitch était lui aussi alléchant.

Je ne me prononcerais donc pas sur le positionnement de ce livre particulier dans l’oeuvre global du Sieur Musso, en cela que je serais bien incapable de dire s’il en constitue une pièce maîtresse ou à l’inverse une anomalie oubliable.

En tant que roman en lui-même, La vie rêvée des écrivains n’est pas déplaisant à lire. Le style et l’intrigue y sont très convenus, un peu comme dans un exercice d’atelier d’écriture, mais on se laisse du coup tout de même emporter par l’histoire qui, derrière un véritable postulat « qu’est-ce qui peut pousser un écrivain à succès à la retraite », dissimule une intrigue policière déjà vue.

Ça ne rend toutefois pas l’ouvrage inintéressant, ne serait-ce que pour ses quelques descriptions du sud, si joliment présenté.

Le jour où Apple à acheté la Grèce

Le jour où Apple

C’est un fait : la multinationale Apple, qu’on déteste adorer ou qu’on adore détester, possède autant de réserves que le montant de la dette de la Grèce…

De là à imaginer ce qu’un analyste de la compagnie pommée, s’apercevant de cette singularité, puisse proposer à son patron Tim Cook, il n’y a qu’un pas que l’auteur nous propose d’explorer avec brio.

Très au fait de l’organisation de l’entreprise et de ses méandres, l’auteur nous emmène en même temps que le CEO à la perspective pas si folle d’exploiter les montagnes de cash disséminée sur la planète à un projet potentiellement risqué, mais probablement très rémunérateur.

Mettant en lumière le cynisme certain du monde de la finance, il illustre surtout que l’échelle de valeur, passé un certain seuil, n’est plus la même pour tous. Quand certains compte les centimes à la caisse, d’autres évoques les milliards comme des anomalies statistiques.

Reste que la réalité des chiffres n’est pas forcément celle de la finance. Les 256 milliards de dette grecque ne sont pas tout à fait la même chose que les montants de la réserve d’Apple, comme il ne sont pas non plus tout à fait 256 milliards d’Euros en espèces sonnantes et trébuchantes.

Ces montants là s’échangent dans le royaume de la fiction où l’argent n’a pas de support ni aucune odeur. Pourtant, par delà les zéro qui s’accumulent, quelqu’un paye bien pour cela, faisant reposer la fiction financière sur la réalité de l’économie.

Tout est-il que ce roman donne bel et bien à réfléchir et nous entraine dans un rythme et un style plaisant aux côtés de personnages attachants que l’on a plaisir à côtoyer au fil des pages.

L’Utopie

L'utopie

La lecture de ce grand classique philosophique m’a été inspirée directement par la lecture de l’ouvrage cité ci-dessus puisqu’il y fait explicitement référence au cours d’un passage au cours duquel le texte est discuté par deux personnages.

C’était le prétexte rêvé pour se (re)plonger dans ce fondamental de la littérature et de la pensée occidentale.

Il est malaisé de commenter le texte en lui-même pour son style ou son rythme. Son caractère de traité, même s’il est libellé sous la forme d’un récit, ainsi que la date à laquelle il a été produit, interdisent de critiquer la forme, tout du moins sans le mettre dans la perspective de l’époque ou du genre, chose que je serais ici bien incapable de faire.

Mais c’est bien plutôt sur le fond, que cet ouvrage doit d’être appréhendé.

Dire que le modèle de société décrit par Thomas More n’est pas celui mis en oeuvre dans nos démocraties actuelles est un euphémisme. Le caractère utopique dessine à la fois un optimum organisationnel et philosophique lointain et difficile à atteindre autant qu’un modèle « parfait » d’harmonie et de félicité.

L’utopie, telle qu’on l’entend de nos jours, revêt également une connotation péjorative en ce qu’elle incarne un potentiel inatteignable et donc frictionnel par essence. Sur ce présupposé empirique, se greffe tous les raisonnements tendants à démontrer que l’un ou l’autre des systèmes d’organisation de la société (et pas seulement les régimes politiques donc) parviennent à apporter autant de bonheur, de richesses et de sécurité, sinon plus que l’utopie, dont la recherche est à la fois vaine et dangereuse.

Aussi belle soit-elle décrit, l’utopie de Thomas More ne serait toutefois valable que si l’ensemble des corps constitués en jouaient le jeu. La nature humaine étant ce qu’elle est, et le contexte mondial ayant plus que largement évolué depuis le XVIe siècle, le pari semble en l’état, très douteux.

Il n’en reste pas moins que ce texte fondateur reste une référence, dans laquelle il est bon de se replonger, ne serait-ce que pour entrapercevoir ce que l’optimisme peut projeter de la nature humaine.

Le Reich de la lune

Le reich de la lune

Je dois confesser avoir été stupéfait lorsque j’ai découvert ce livre.

Stupéfait tout d’abord que quelqu’un ait eu l’idée d’écrire sur la base de ce Pitch. J’avoue avoir presque été jaloux de ne pas en avoir eu l’idée !

Stupéfait ensuite que ce livre ait été adapté en image, preuve qu’il existe encore des producteurs fous, ambitieux ou visionnaires. L’histoire jugera.

Vue comme ça, l’histoire à tout du nanard bidon. Et pourtant, l’histoire se déroule avec un sérieux et un axe de détails propre à faire rougir bon nombre d’autres productions littéraires qui se veulent bien au dessus de la mêlée !

Excellemment bien écrit, cette uchronie à base de Nazis ayant survécu à la seconde guerre mondiale pendant plusieurs décennies et retournant sur terre en plein XXIe siècle est à la fois terriblement drôle mais tout autant donnant matière à réflexion sur notre rapport au temps et nos bulles de confirmation.

Je sais qu’une suite, filmique, lui est prévue. Je doute pour le coup que cela soit animé des mêmes intentions que le matériau de départ. A voir. Ou pas.

J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu

Le fil du mensonge

Ce qui rend cet énième ouvrage politique séduisant, n’est pas tant son projet « politique » ni même, même s’il faut bien admettre son talent d’écriture, à la plume de son auteur, mais bien la démarche de documentation qu’il prétend mettre en oeuvre.

A l’appui d’archives recoupées, Philippe De Villiers estime avoir dénoué les fils tortueux d’une histoire cachée de l’Union européenne.

Il n’est ni le premier ni le seul à appuyer sa critique des institutions de l’Union européenne et du projet européen dans son ensemble sur une démarche historique. Les auteurs britanniques de la « Grande dissimulation » n’ont pas fait autre chose pour soutenir le discours résolument anti-européen destiné à militer en faveur du Brexit.

Si le but visé par ces ouvrages est clairement au service d’un propos politique, auquel on adhère ou pas, l’approche historique et archivistique, mérite à eux seuls le détour.

La mise en lumière de documents peu connus est en soi une petite découverte et, s’il n’y avait le soupçon du projet politique, on pourrait directement en faire une lecture édifiante. La prudence est hélas de mise car, même les choses sont présentées assez sérieusement, on ne s’improvise pas tout à fait historien pour autant.

Reste que comme la majorité des ouvrages politique, qu’ils soient écrit ou pas par des hommes politiques, ce livre va très certainement rejoindre les limbes de l’anonymat, ne survivant uniquement que dans les bibliographies de l’auteur dans ses prochains ouvrages ou encore sur sa page Wikipédia.

Retour sur Titan

Retour sur Titan

Nos sociétés vont vite. De plus en plus vite. Nous n’avons plus le temps de rien. Et le peu de temps dont nous disposons doit être le plus efficace et optimisé possible.

Les formats sont de plus en plus condensés pour nous permettre de voir, lire et écouter toujours plus dans le minimum de temps. Les morceaux musicaux sont de plus en réduits, autant pour satisfaire aux contraintes du zapping en streaming que pour masquer l’impasse créatrice dans laquelle sont plongés la plupart des artistes actuels. Les séries télés sont livrées sur palettes, sans plus s’encombrer d’un générique, afin de gagner toujours plus de temps.

Sur le fond, l’idée des éditions Belial de nous proposer des texte courts (pour ne pas dire des nouvelles) que l’on est susceptible de consommer en une heure de trajet en RER n’est pas inintéressante. D’autant que cette collection vise à nous proposer des textes inédits d’auteurs de science fiction ayant par ailleurs déjà fait la démonstration de leurs talents par d’autres publications, ce qui ajoute un peu de sel à cette proposition « insolite » quoique pas inédite de proposer une collection entièrement dédiée à des nouvelles de science fiction.

Le problème avec la nouvelle, c’est que si elle constitue souvent la première tentative pour un auteur de produire un texte auprès d’une audience, c’est également un exercice de style particulier et qu’il ne suffit pas de produire un premier jet pour ensuite y faire des ajouts ou des coupes à truelle pour le faire entrer dans le cadre imposé.

Mon premier contact avec cette collection m’a donné un gout assez amère dans le sens ou l’on sens, peut-être à tort, que le texte à été découpé, recoupé, élagué, pour le réduire à la longueur requise par le faire tenir en une heure de lecture.

L’intrigue en elle-même n’est pas mauvaise, mais elle ne se prête hélas pas au format imposé par l’exercice de style.

Je vais tâcher de donner une autre chance à cette collection pour voir s’il s’agit d’un incident de parcours ou bien si les autres opus de la collection souffrent du même défaut. A suivre…

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Récap’ de mes lectures de Mars 2019

Le chant des revenants

Le chant des revenants est un roman assez déroutant. Après un début rugueux, l’intrigue se déploie ensuite de manière assez laborieuse. Et s’il aborde bien des sujets lourds et graves, le roman se résume en fin de compte à raconter une tranche de vie.

On se prend d’une véritable empathie pour les deux jeunes enfants, qui illustrent à la perfection la devise « on ne choisi pas sa famille ». Drogue, violence, alcool, leurs parents sont en roue libre. Plus que la couleur de leur peau, qui n’est finalement pas un sujet si central dans le récit, c’est plutôt l’inaptitude de certains à être parent, dans une Amérique qui ne pardonne rien qui est mise en lumière.

Chargé malgré tout d’une poésie crépusculaire l’auteur nous gratifie de quelques figures de style intéressantes. Mention spéciale à la traduction française déplorable qui se borne à un mot à mot désespérant.

Venise à double tour

On ne reviens jamais complètement indemne d’un voyage à Venise. Même le touriste le plus superficiel et ingrat, qui se contente d’un aller-retour de quelques heures entre la cabine de son paquebot et la place Saint Marc, ne restera pas insensible à l’atmosphère si particulière de cette ville si particulière, entre ciel et mer, dépourvue de la cacophonie automobile et parsemée de joyaux architecturaux.

Alors pour qui dépasse ce statut de simple touriste et s’attache à s’imprégner de l’histoire vivante de la cité lacustre, c’est l’assurance de s’ouvrir des découvertes architecturales et humaines et saisir ce qui constitue l’âme et le coeur de Venise.

Multipliez les séjours sur place et vous reviendrez à chaque fois un peu plus différent, un peu plus riche de ce que vous aurez découvert sur place.

Jean-Paul Kauffmann, dont c’est là le premier ouvrage a passer entre mes mains (shame !), entretien avec Venise une histoire passionnée.

A force d’escales dans la ville désormais plus que millénaire, que la doxa des tour operator désigne jusqu’à l’écoeurement par le vocable éculé de « sérénissime », l’auteur possède une intimité avec Venise que seuls ceux qui cherchent véritablement à la connaître peuvent atteindre.

A tel point, que ne semblent lui manquer que l’inaccessible pour dernier terrain de jeu. Comme si tout le reste constituait un fait acquis.

Déroulé comme une enquête, la quête des églises fermées de Venise, souvent invisibles pour le commun des mortels, et devant lesquelles passent des hordes toujours plus nombreuses de touristes indifférents, se révèlent non seulement ardue, mais également imprévisible.

Car plus que l’intérieur de ces églises, on découvre avec cette quête une des faces cachée de Venise. Celle de la gestion administrative, de la vie économique. Bref, ce qu’il y a derrière l’écrin idyllique et romantique des décors de cartes postales.

Porté par une plume aiguisée et élégante, ces quelques pages sont autant le reflet d’un parcours du combattant pour se faire ouvrir ces joyaux cachés du public, qu’un puissant et vibrant hommage à Venise qui pourra en inciter plus d’un à délaisser les parcours fléchés pour se perdre dans les ruelles magnifiques de cette cité si arpentée et pourtant si mystérieuse.

Merci, Fallait pas

Si l’intention du livre est louable, force est d’admettre que son ton passe à côté de son objectif. Ni drôle ni pertinent, l’auteur se contente d’empiler les clichés sans apporter une once de valeur ajoutée.

Sans cesse péremptoire, le livre passe avant tout pour donneur de leçon et finalement assez manichéen et absolutiste alors que son propos vise justement à contribuer à « vulgariser » le discours féministe. Sans compter que bon nombre de cas présentés sont éculés, voire dépassés…

Si la guerre est une chose trop sérieuse pour qu’on la confie aux militaires, il en va peut-être de même pour le féminisme (par ailleurs assez mal défini par l’auteur) qui est un sujet suffisamment sérieux pour qu’on ne le galvaude pas n’importe comment.

Ce qui fonctionne sur Youtube ne devrait parfois pas franchir la barrière des pixels de nos écrans…

Ce pays que tu ne connais pas

Quoique j’ai comme chacun d’entre nous un trou du cul point de vue sur le monde et des convictions politiques (au sens général du terme et non partisan) je tâche au maximum de rester le plus neutre et le plus objectif possible.

C’est pour cela que j’attache une attention toute particulière à écouter ce que chaque courant de pensée a à dire. Je reste fermement convaincu que le pluralisme et le débat d’idées est le seul vecteur du mieux vivre ensemble, garant de nos démocraties modernes.

Ne partageant pas, à priori, les mêmes idées que François Ruffin, les qualités humaines du bonhomme et son parcours, avant qu’il ne soit élu député, me le rendent éminemment sympathique.

Ce livre est un véritable cri du cœur qui, à l’opposé de toute la littérature politique saisonnière aseptisée, est emprunte de sincérité, de justesse, de vérité et de franchise.

Si la forme est par moment volontairement tranchante, le fond du propos est quant à lui profondément sérieux et ne tombe pas dans un manichéisme simpliste que le genre aurait pu encourager.

Bien entendu, c’est à charge contre le Président de la République. Bien entendu, le propos est très teinté de « rouge » et penche clairement à gauche. Mais l’empathie de l’auteur, et la primauté donnée à son parcours, n’en font pas un réquisitoire bête et méchant mais au contraire une tentative d’appel au secours.

S’il ne fera pas forcément avancer le débat politique, qui reste très cloisonné à la sphère feutrée des palais parisiens, cet ouvrage a au moins le mérite de rendre témoignage du parcours d’un des députés les plus atypiques de la mandature actuelle, voire de la Ve république.

Venise, la cité monde

C’est en rentrant de Venise que je me suis fait l’amère réflexion que malgré mon passé d’historien, je ne connaissais finalement pas grand chose des détails de l’histoire de Venise.

Se mettre en quête d’une bibliographie sur Venise s’avère être une mission périlleuse. La plupart des titres recommandés ici ou là sur le net n’est plus édité ou, s’il le sont, ne sont pas disponibles immédiatement en librairie. On privilégie évidemment les guides de voyages, qui se vendent comme des petits pains, mais qui à l’heure du temps réel, deviennent obsolètes dès leur impression.

Parmi les titres suggérés et sur lesquels j’ai pu mettre la main, cet ouvrage propose une approche particulière de l’histoire de Venise.

Globalement chronologique, l’ouvrage adopte une structure articulée autour de quatre thématiques qui permet de faire la synthèse de plusieurs sujets, le tout à travers le prisme du caractère « international » de la ville, située aux centres politiques et économiques de l’histoire mondiale.

Recueil de plusieurs textes qui s’apparentes à des articles de publications spécialisées, ce livre offre un aperçu plaisant de l’histoire de Venise et fouinant plusieurs de ces aspects.

Cette lecture est toutefois largement insuffisante pour appréhender toute l’histoire de la ville et il faut notamment s’appuyer sur d’autres sources, qu’elles soient livresques ou numériques pour expliciter certains termes ou certaines notions si celles-ci vous sont inconnues par ailleurs.

Développez votre intelligence avec le Mind Mapping

A force de tourner autour du pot, la rigueur m’a poussé à revenir aux fondamentaux de l’outil de Mind Mapping.

S’il faut reconnaître à Tony Buzan d’avoir formaliser un certains nombre de concept autour de cette méthode, il faut admettre qu’elle lui fut antérieure. Tout ça pour dire que quand l’auteur nous dit qu’il a « inventé » la méthode, il faut le relativiser.

Presque exclusivement orientée sur une pratique manuelle de la méthode, le livre présente une méthode très stricte et limitante en dehors de laquelle il ne saurait y avoir de salut selon Tony Buzan.

Si la nécessité d’avoir un cadre est important, le caractère très personnel des cartes mentales produites impose justement que chacun puisse s’approprier les règles pour pouvoir les enfreindre ensuite et trouver les automatismes propre à chacun.

Si la définition des bases est nécessaire, l’ouvrage me semble trop absolu et imposer un carcan trop strict. Tout le monde n’a pas besoin d’un dessin central, de courbures et autres fioritures.

A l’heure du numérique, un bon outil flexible et dans l’esprit de ce qui est présenté par Tony Buzan peut donner d’aussi bons voire de meilleurs résultats quand à la mémorisation ou l’organisation de la pensée.

Là encore, chaque cas va être unique.

Une lecture importante, mais qu’il faut savoir très vite dépasser pour s’approprier les outils et la méthodes et la mettre à son service.

Dette de sang

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur ne tergiverse pas.

On entre d’emblée dans le cœur de l’action et le lecteur n’a pas vraiment le temps de se poser de question. Tout va vite. Extrêmement vite d’ailleurs.

Mais là où cet ouvrage se distingue d’une banale histoire d’enquête ou même de vengeance, c’est qu’il illustre la fragilité des frontières entre bien et mal, bons et mauvais, gentils et méchants, justice et vengeance, détresse et folie. On assiste à la lente transformation de la seule survivante qui passe progressivement de la tristesse à la noirceur la plus totale.

Dans un inattendu retournement de situation savamment amené, les rôles se trouvent finalement inversés et les êtres les plus noirs ne sont finalement pas ceux que l’on croient. Le mystère reste hélas entier à la fin de la lecture, ce qui ne gâche en rien la qualité du roman, mais frustre quelque peu le lecteur !

Venise, Portrait historique d’une cité

Réédition d’un ouvrage des années 70, cet livre s’inscrit dans le courant historiographique qui cherche à s’extraire de l’approche purement chronologique prévalant largement au XXe siècle pour glisser vers une destructuration du récit historique, privilégiant le thématique sur le chronologique pure.

En résulte un ouvrage aujourd’hui daté, puisque si réédition il y a, cette édition n’est nullement enrichie par les derniers développements de la recherche historique concernant Venise.

Si celles-ci ne bouleversent pas fondamentalement la science des faits et de leur enchaînement, elles permettraient néanmoins de tempérer la teinte politique prise par cette étude de Venise, finalement assez superficielle.

Pas vraiment une lecture recommandée pour celles et ceux qui souhaiteraient approfondir leurs connaissances de l’histoire de la sérénissime.

Le jardin des papillons

Ce roman glaçant déploie sont intrigue avec un brio exceptionnel.
Jouant habillement des non dit, l’histoire prend la chronologie à rebours en nous racontant les faits alors que l’intrigue est déjà dénoué du point de vue des personnages.
Les faits se dévoilent donc à mesure que le personnage principal les raconte tel qu’elle les a vécu.
Par petites touches, on découvre tout de cet enfer dans lequel perce malgré tout un peu de joie et de solidarité.
Mais des antagonistes principaux, nous ne saurons rien. Tout juste leurs noms et certaines de leurs tenues vestimentaires. De même, si l’on devine certaines situations car insinuées, elle ne se révèlent pleinement qu’à la toute fin.
Prodigieux dans son processus d’écriture, la trame nous fait adopter progressivement la résignation des filles prisonnières du jardin preuve que le lecteur s’identifie très bien à ces personnages attachants et bien écrit.
Les pièces du puzzle finissent par s’assembler et il n’est pas sur qu’une suite (en deux volumes) était indispensable.

Le vol de la Joconde

Quoique cela ne soit pas particulièrement mal écrit, ce livre est en définitive assez inintéressant.

S’adressant par moment directement au lecteur, ne respectant pas la chronologie ni la cohérence des faits, on ne sait finalement pas trop ce que cherche à accomplir l’auteur par cet ouvrage.

Hommage maladroit aux « génies » artistiques de la France du début du XXe siècle, le récit enchaîne les portraits de ces artistes, au moins connus de nom, et pour lesquels l’auteur semble éprouver une certaine fascination.

La trame narrative n’est qu’un prétexte assez vite oubliable pour permettre à l’auteur de mettre en scène sa galerie de personnage.

A noter toutefois quelques anecdotes sur des faits parfois méconnus mais qui ne suffisent pas à faire surnager un propos passable et quelconque.

Voyage au pays des bibliothèques (Critique)

Je reviens assez longuement sur ce livre dans la critique que je lui ai consacré.

Un ouvrage, et surtout un rapport, assez faible, superficiel, dont les vides sidéraux tentent d’être rembourrés avec les poncifs les plus plats et éculés possibles.

A fuir absolument. Y compris pour les commanditaires du rapport idoine…

L’orbe de Xaraz

Orbe de Xaraz

Suite des aventures de nos héros aux bras cassés !

Un propos toujours aussi jouissif et une plume toujours aussi drôle.

Dictionnaire amoureux de Venise

Dictionnaire amoureux de Venise

Cela faisait longtemps que je souhaitais m’attaquer à cette série des « dictionnaires amoureux ».

Un titre intrinsèquement paradoxal qui conjugue la subjectivité assumée de l’auteur à l’impartialité descriptrice que représente un dictionnaire.

Car dans cette série ce qui compte d’avantage que le sujet du livre – Venise en l’espèce ici – c’est surtout son auteur. A la différence d’un « bête » dictionnaire de Venise, qui, s’il serait évidemment collégial, viserait à rendre compte objectivement sans le biais du point de vue des auteurs de faits, lieux ou objets ayant trait au sujet traité, les ouvrages de cette série offrent avant tout à appréhender le regard porté par son auteur sur le sujet.

Le nom de « Dictionnaire » subsiste donc uniquement en raison de l’approche alphabétique de l’ouvrage.

Le caractère « amoureux » de la collection assume donc également le côté partial et passionné de la prose de l’auteur.

Un fois cela posé (et ces portes ouvertes enfoncées), que penser de ce dictionnaire amoureux de Venise ?

Si Venise reste et restera à tout jamais Venise, cet ouvrage met plus que jamais en lumière que Venise est surtout une expérience personnelle. A chacun son Venise en sorte.

Au delà des apparences, chacun expérimente Venise différemment selon sa sensibilité, sa culture, son passé, et aussi selon l’époque à laquelle il la visite. La Venise nocturne du coeur de l’hiver n’a pas la même saveur que la place Saint-Marc un midi de plein été.

Philippe Solers nous livre ainsi un aperçu de ce que l’on peut voir et ressentir à Venise tout autant qu’une séance de rattrapage à propos de celles et ceux qui se sont déjà exprimé sur Venise au long de l’histoire et principalement du XXe siècle.

Un ouvrage majeur dans une bibliographie d’ensemble sur la ville lacustre, mais qui ne saurait se suffire à lui-même malgré la qualité évidente de son écriture.

La voix rauque

La voix Rauque

L’affaire Gregory est un enchevêtrement d’intrigues, de rancoeurs, de rebondissement, d’incompétences, etc.

Cet ouvrage de Thibaut Solano revient sur ce qui constitue finalement la colonne vertébrale de tout ce drame.

Bien avant l’assassinat, la vie de nombreux habitants de cette vallée fut à tout jamais bouleversée par les appels de ce ou ces corbeaux.

L’ouvrage revient donc en détails sur ces appels, en les replaçant dans le contexte de la vie quotidienne de chacun des protagonistes.

Richement documenté, le livre propose l’intégralité des retranscriptions, tout juste mises en scène avec les éléments issus des témoignages, interviews ou directement de la procédure judiciaire.

S’il est impossible de parvenir à une conclusion définitive sur le sujet, l’ouvrage ouvre des pistes de réflexion interessantes. Dans tous les cas, en recoupant les informations contenues et détaillées dans cet ouvrage avec celles fournies par le reste de la bibliographie sur l’affaire, nous finissons par avoir un faisceau de présomptions.

Seul certitude : celles et ceux qui ont trempé dans cet sombre histoire, qu’il s’agisse du harcèlement téléphonique ou du lâche assassinat en lui-même, sont d’immondes personnes sévèrement dérangées, pour qui, malgré tout, on ne peut s’empêcher d’éprouver un peu de pitié matinée de colère.

L’énigme reste hélas encore à ce jour irrésolue, tout du moins officiellement.

Nous sommes l’étincelle

Nous sommes l'étincelle

Brouillon est certainement le meilleur qualificatif pour ce roman décousu.

Parsemé malgré tout de plusieurs idées interessantes, le propos brasse tout cela de manière assez peu cohérente et nous offre en définitive une histoire oubliable.

En dehors de quelques séquences à la trame narrative compréhensible, l’auteur se perd dans un enchevêtrement poussif d’intrigues servies par des personnages transparents.

Un coup pour rien, bien regrettable car l’auteur tenait bien le fil de quelques thèses audacieuses, hélas noyées dans un texte mal fagoté.

Premier Sang

Premier Sang

Quand on vous dit que l’histoire de Rambo a débuté par un livre, vous croyez d’abord à une blague.

Mais en fait non !

Beaucoup plus subtil que le film dont il est l’adaptation, il est également beaucoup plus violent. Les morts se comptent ici par dizaines, lorsqu’ils ne sont que deux dans le long métrage.

Quand on remet ce roman en perspective par rapport au torrent de productions surfant sur le « First Blood » cinématographique qui ont inondé nos salles obscures et nos magnétoscopes dans les années 80 et 90 jusqu’à saturation, force est d’admettre qu’Hollywood a une capacité hors norme pour générer du business sans limite.

La postface de la main de l’auteur est singulièrement interessante et éclairante à la fois sur les intentions de l’auteur et son rapport à l’adaptation qui en aura été faite (ainsi que ses suites).

Avant un nième visionnage, plongez vous dans cette lecture !

Ecrire un roman

Premier Sang

Il ne semble jamais y avoir eu autant de monde souhaitant écrire un livre et, le cas échant, se faire publier.

S’il y a aussi peu d’élus parmi la foule des appelés, c’est sans doute principalement une question de manque de temps plus qu’une absence d’inspiration ou de talent.

Et quand on voit certaines publications arriver sur les étals des librairies, on peut se dire que ceux qui n’ont ni talent ni inspiration sont ceux qui ont finalement le plus de temps pour accoucher de manuscrits aussi mauvais qu’insipides. Mais c’est un autre débat.

Ce petit ouvrage propose un condensé synthétique de conseils simples mais efficace pour poser les bases d’un roman. Il ne s’agit évidemment pas d’une baguette magique, mais il a le mérite de guider l’auteur en herbe sur de bons rails.

Ces premiers conseils sont à approfondir, soit par d’autres lectures sur des aspects plus spécifiques (personnages, dialogues, etc.) ou surtout, par la pratique !

Le livre de l’Ikigai

Le livre de l'Ikigai

Faut que je vous avoue un truc : je vous une passion secrète aux diagrammes de Venn. Vous savez, ces graphiques représentant trois ou quatre cercles qui se recoupent pour faire apparaître les zones de frictions ou de complémentarité.

A force de voir passer des articles à propos de l’Ikigai et de découvrir des rayons entiers de librairies remplis d’ouvrage sur le sujet, j’ai eu l’envie de voir ce qui pouvait bien se raconter sur le sujet, finalement assez simple dans son approche et son explication.

L’Ikigai est l’incarnation de ce qui vous pousse à vous lever le matin. Il se trouve à la confluence de ce qui vous passionne, de votre profession, de votre vocation et de la mission que vous pensez devoir accomplir en ce monde.

Aussi beau que soit ce concept sur le papier, tout le monde n’y trouvera pourtant pas l’épanouissement promis.

A t-on vraiment envie de faire de notre passion un métier, au risque de banaliser cette passion et de la rendre contraignante ? A l’inverse, si votre passion c’est d’être tourneur fraiseur, que le monde a besoin de tourneur-fraiseur, que vous ne respirez que par le métier de tourneur-fraiseur, votre Ikigai sera sans doute d’être tourneur fraiseur. Pourtant, vu de l’extérieur, cela semble être à l’opposé de ce que le monde considère comme un véritable Ikigai.

Ce livre propose une définition du concept et quelques « exercices » censés vous conduire à votre propre définition de ce qui vous pousse véritablement à vous lever le matin.

Si le chemin est interessant, je reste tout de même dubitatif vis à vis de cette philosophie qui, si elle reste belle et séduisante, n’en demeure pas moins très abstraite et utopique.

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Voyage au pays des bibliothèques

Voyage au pays des bibliothèques

Ce livre échoue dans tout ce qu’il entreprend, ce qui est une performance rare et exceptionnelle.

Déjà, c’est couillu de mettre en vente en librairie une version légèrement tunnée d’un rapport public téléchargeable gratuitement. On va prétexter que c’est justement pour décloisonner la confidentialité relative de ce type de rapport. Ou encore que, s’agissant du livre, il allait de soi que la destination naturelle de ce rapport était justement les rayonnages des bibliothèques et par ricochet, des librairies.
Ou encore, qu’il s’agira de distribuer les bénéfices à une association. Ah ! On me dit dans l’oreillette que c’est déjà fait !

Vendre 14€ un lot de 120 pages aussi peu consistant relève du coup de génie marketing. On n’est pas loin du casse du siècle.

S’il n’avait été exposé dans les médias, et surtout dans la Grande Librairie de France 5, ce petit opus au titre déjà destructeur, serait resté confiné à un anonymat dont il n’aurait jamais du sortir.

Le titre donc. Qu’y a t-il à lui reprocher ? Tout en fait. Le choix de ce titre est symptomatique des errances des auteurs et qui traduit quelque part l’incompréhension des commanditaires du rapport vis à vis de l’objet de l’étude.

Tout est dans le titre

Voyage déjà.

Wikipedia nous dit :

Un voyage est un déplacement dans l’espace, contraint, effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel (par exemple tourisme) ou professionnel (affaires) […] »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Voyage

Indubitablement, nos deux compères ont vu du pays et ont fait du tourisme. Quant à s’être imprégné de la destination, il semble qu’il faille davantage prendre ce voyage comme une escale de croisière ou un citytrip peu inspiré.

Et surtout, ce qui importe dans un voyage, c’est le chemin emprunté. Pas la destination. Or, parler de voyage alors que l’on a pour objectif de rendre un rapport, qui est donc le point d’arrivée et donc de destination, c’est mettre l’accent sur cette destination au détriment du chemin.

Choux blanc donc.

Pays ensuite.

Nul n’est prophète en son pays

Dans son sens premier, le dictionnaire nous dit :

Un pays est un territoire habité, constituant une entité géographique et humaine

http://www.cnrtl.fr/lexicographie/pays

Les bibliothèques et leurs personnels seraient-ils donc à ce point un territoire à part, derrière une frontière avec un langage à part ?

Si c’est comme cela que les perçoivent les auteurs, on est un peu mal barré non ?

Et là où ça fait des chocapic, c’est que tout le rapport gravite autour du fait que les bibliothèques sont l’élément principal de l’accès à la culture, à la connaissance, etc. L’accès aux accès…

Comment pourraient-elles donc être à la fois un vecteur déjà en place de cette diffusion mais en même temps totalement à part ? C’est un non sens.

Bibliothèques enfin.

Les grandes oubliées

C’est chiant, mais les mots ont un sens.

Une bibliothèque (du grec ancienβιβλιοθήκη : biblio, « livre » ; thêkê, « dépôt ») est le lieu où est conservée et lue une collection organisée de livres.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Biblioth%C3%A8que

De bibliothèques, il sera finalement très peu question tout au long de ces quelques brèves pages superficielles.

Ou plutôt, les auteurs prennent pour un fait acquis que la question du « livre » est réglée.

Or, comme ils l’avouent eux mêmes, plus de la moitié des espaces que l’on appelle « bibliothèques » ne sont que des « points d’accès aux livres ». Si les usagers de ces lieux doivent bien se trouver en présence d’une collection effectivement organisée de livres, les volumes en présences et par conséquent la cohérence de l’offre ne sont certainement pas à la mesure des enjeux.

Plutôt que de se perdre dans des considérations sur les transformations des usages et pousser à la généralisation de services de niches, le rapport aurait dû bien plutôt insister sur le socle nécessaire et indispensable que représentent les livres.

S’il faut effectivement accompagner les évolutions des pratiques culturelles et sociétales, la vocation première d’une bibliothèque est d’offrir un accès aux livres sous toute ses formes.

Un livre qui tape à côté

Superficiel, enfonçant des portes ouvertes, abondant dans le sens souhaité par l’exécutif sans en discuter ni la forme ni le fond, ce « rapport » ne fait qu’effleurer son sujet, appuyé sur une vision parcellaire de la question et biaisé par quelques exemples, certes emblématiques, mais loin de témoigner des problématiques profondes auxquelles sont réellement confrontées les bibliothèques de notre… pays.

La semaine prochaine, découvrez le rapport de Christophe Castaner sur les nights club de France et sur la façon de supporter la filière de la nuit à travers son ouvrage « Very Bad Tip : Périple en contrée nocturne« .

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Humeur

A vous, parents qui assistez aux spectacles de vos enfants

parents spectacles

Ayant la chance et le bonheur d’avoir deux beaux enfants (en même temps, quel parent dirait de ses enfants qu’ils sont moches ?), j’ai toujours considéré les spectacles de fin d’année comme des moments privilégiés dans notre vie de famille.

C’est d’abord l’assurance d’assister à un moment de candeur et d’innocence, oeuvre d’une ribambelle de bambins cherchant tous à faire de leur mieux.

C’est aussi et surtout notre façon de participer et de témoigner de notre gratitude envers les équipes enseignantes et éducatives qui se démènent toute l’année pour organiser et mettre au point ces spectacles qui sont avant tout une partie du programme pédagogique mis en place pour nos enfants afin de les conduire sur le chemin de la connaissance et du savoir-être.

Tous les parents n’ont pas forcément l’opportunité d’assister à ces spectacles. Sans tomber dans le cliché véhiculé par certains films américains avec des papa ou des mamans tellement surbookées et obnubilés par leur travail qu’ils en oublient le match de baseball décisif du petit dernier ou le spectacle de danse de la cadette, certains métiers ou certaines situation ne permettent pas toujours d’être disponible pour ces évènements.

Néanmoins, dans mon village, beaucoup de monde assiste aux spectacles des écoles maternelles et primaires.

Tant mieux ! Cela créé un vrai enjeux pour les enfants, qui savent alors qu’il vont devoir jouer devant une foule conséquente. Cela témoigne également d’un vrai interêt des parents (ou grand-parents, amis, nounous, etc.) pour le travail fourni par les enfants et les enseignants. Ou alors, c’est juste un réflexe narcissique pour se faire la réflexion que quand même « il est beau mon fils ! ».

A force d’assister année après année à ces rituels, si les chorégraphies, les thèmes, les costumes, les mises en scène, les musiques, et bien entendu les participants changent, il est une chose hélas qui reste immuable : l’attitude des parents.

C’est quelque chose qui me choque à chaque fois mais cette fois-ci, je pense avoir assister à la quintessence de toutes les dérives possibles d’une assistance de parents complètement gaga.

Voici donc une liste non exhaustive de conseils, ou plutôt de consignes à suivre pour que chacun dans l’assistance, mais surtout pour que vos enfants, passent un moment serein.

Arrivez à l’heure

Nous connaissons tous les aléas des transports, d’une sortie trop tardive du bureau, ou le pot de confiture qui s’éclate sur vos beaux souliers à cinq minutes de partir, mais la ponctualité, globalement, ça se prépare.

Un spectacle de ce type, ce n’est pas une séance de cinéma où l’on sait tous qu’il y a 25 minutes de pub au minimum avant que ça démarre vraiment.

Là, en général, un temps nécessaire et suffisant est prévu pour laisser le loisir à tout à chacun d’arriver avant le début du spectacle. Mais après l’heure… c’est plus l’heure.

Un retard est toujours possible, mais dans ce cas, faites vous discret et ne cherchez plus à vous mettre au premier rang !

Posez vos fesses et ne bougez plus

C’est quoi cette manie de se lever sans arrêt de naviguer d’un bout à l’autre de la salle ?

Quand c’est pas pour téléphoner, c’est pour courir après un bambin qui s’est fait la mâle ou une copine pour tailler le bout de gras, quand c’est pas pour aller aux toilettes ou simplement pour le plaisir de changer de point de vue.

On est d’accord que c’est le type d’évènement assez bon enfant et pas guindé pour un sous mais demandez-vous quand même si vous feriez la même chose à l’Opéra ou même plus prosaïquement dans une salle de cinéma près de chez vous.

Quand vous avez votre place, restez-y !

Et tant pis si vous deviez être à côté de quelqu’un. Vous débrieferez plus tard.

Ce qui m’amène à un autre point crucial.

Fermez votre gueule

Ouais, désolé, ça devient vulgaire.

Mais bon sang : d’une part est-ce que c’est vraiment l’endroit pour tenir une conférence avec vos voisins, et d’autre part, avez-vous aussi peu de respect pour vos enfants et leurs enseignants pour ne pas pouvoir la mettre en veilleuse pendant, aller quoi, une heure maximum, et laisser les chants se dérouler dans un silence de gymnase ?

C’est pas une réunion tuperware ni le salon de la moquette. Il y a des gens sur scène. Et pas n’importe lesquels en plus. Des gens que vous connaissez et qui par dessus le marché sont des enfants. Des enfants qui des fois ne parviennent même plus à s’entendre face au brouhaha de vos conversations désordonnées et inintéressantes.

Vous faites ça au concert d’Ed Sheeran ou tout autre artiste populaire du moment ? Non bien sûr. Vous fermez sagement votre gueule pour surtout « profiter du moment ». Tout juste reprenez vous en choeur un refrain avec les autres spectateurs, mais jamais vous ne digressez vers une conversation triviale à base de jante alu, de tuto macramé ou de lait 2e âge…

Posez votre téléphone et regardez avec vos yeux

Vous, vous aurez l’impression d’avoir assisté au spectacle de l’école.

Les enfants, vos enfants, auront fait face à une armée de téléphones braqués sur eux.

Dire qu’on se moquait des papas à caméscope dans l’école de fans. Mais outre le fait que c’était touchant, c’état fait avec tendresse et discrétion.

La facilité que les outils modernes nous ont donné pour capturer par l’image chaque moment de notre existence, a donné naissance à une armée de clone qui ne vit plus qu’à travers les écrans.

Le tout, en plus, pour un résultat souvent médiocre, que personne ne verra jamais et qui finira par être sommairement supprimé parcequ’il n’y a plus assez de place pour mettre à jour Candy Crush…

Si vous voulez vraiment des photos ou des vidéos du spectacle, plutôt que de tous faire les mêmes photos ou vidéos ratées, faites en sorte qu’il y ait de vrais photographes ou vidéastes dans la salle. Réservez leur les bons emplacements pour qu’ils puissent produire de belles images. Organisez vous pour qu’ensuite ces images soient partagées.

Vous profiterez ainsi pleinement du spectacle et vos enfants verront que vous les avez regardé et pas seulement fait acte de présence.

Soyez discret et ne faites pas « Coucou » à votre gamin

Que diriez-vous si, immergé dans l’eau glaciale de l’atlantique nord, Leonardo Dicaprio s’était tourné vers la caméra et avait beuglé « Coucou papa ! Coucou Maman ! » le tout accompagné de grands gestes ?

Ridicule n’est ce pas ?

Et bien là c’est pareil. Les enfants ne sont pas sur scène pour vous faire « Coucou ». Même si c’est pour une putain de photo floue. Surtout si c’est pour une putain de photo floue.

Les enfants sont sur scène pour exécuter le fruit de leur travail, de leur effort. Ce qui demande concentration et un peu de discipline. Même pour les plus petits. Un enfant de maternelle qui pleure parce qu’il est intimidé ne pas instantanément se sentir mieux parce qu’il vous aura vu faire de grand signe des bras dans la foule. Au contraire, cela va l’inciter à se précipiter vers vous et perturber tout le spectacle.

Et si c’est pas pour ça, pourquoi voulez vous que votre enfant vous fasse coucou ? Pour que vous sachiez qu’il vous a bien vu ?

Aussi étonnant que cela paraisse, les enfants ne jouent pas la représentation que pour vous. Vous ne seriez pas là, ils auraient fait pareil.

Donc sauf à ce que vous souhaitiez leur faire une surprise (ou arpenter les salles des fêtes en mode client mystère) ils sont en principe au courant que vous êtes là quelque part.

Si vous tenez vraiment à ce qu’ils vous localisent dans l’assistance, arrivez en avance, quand c’est encore les préparatifs, à un moment où faire coucou comme un Gogol ne sera pas gênant ni pour vous ni pour eux.

Odile

Restes à ta place bordel

Je l’ai déjà dit mais quand au début du spectacle tu as fait des pieds et des mains pour venir te mettre au premier rang pour pouvoir faire une story Instagram du passage de ton gamin en Marcus de la Pat’patrouille, c’est pas pour te casser 3 secondes après qu’il soit allé se rasseoir.

Déjà parce que personne ne viendra prendre ta place. On n’est pas devant la Joconde au Louvre où les touristes se chassent mutuellement les uns les autres devant le cordon comme des hooligans allemand dans un bordel russe pendant la coupe du monde.

Si tu as une place assise, tu la garde. Jusque. Au. Bout. Bordel.

Même si ça veut dire se farcir les 50 minutes restantes de spectacle a regarder des gamins qui ne sont pas les tiens…

Ne pars pas avant la fin

Ca rejoint le point précédent. Que tu sois assis devant ou pas. Que tu sois assis ou pas. Que tu sois à une spectacle scolaire ou pas. C’est toujours, je dis bien TOUJOURS, malpoli de se barrer avant la fin.

Si vous aviez fait ça pendant l’acte, vous n’auriez justement peut-être pas de gamin à venir voir… Enfin je dis ça…

Ça vous semble peut-être long, mais dites vous que c’est long aussi pour les enfants. Surtout ceux qui passent au début et qui vont se faire chier comme des rats mort le temps que tous les petits copains défilent.

La différence pour eux, c’est que pendant tout ce temps là, ils sont costumés à la vue de tout le monde et qu’ils ne peuvent rien dire, rien faire…

Vous, vous pourrez toujours surfer sur Facebook ou Zalendo…

N’applaudis pas que quand c’est ton gamin qui chante

Vous vous croyez à l’assemblée nationale ?

Les enfants des autres ne méritent pas vos applaudissement ? Ah. Peut-être ne les avez vous même pas regardés ?

Imaginez que tout le monde fasse comme vous. Chaque groupe d’enfants est connu par moins de monde qu’il n’y en a dans la salle.

Ça donnerait quoi ? 30 parents sur 200 qui applaudissent ? Un peu vide non ?

Et puis quelle violence pour les enfants en face. Ils pensent quoi ? Que ce qu’ils ont fait n’est pas assez bien ?

Allez. Faites vous violence et tapez dans vos petites mimines à chaque tableau !

Voilà. C’est tout pour le moment, et c’est déjà pas mal !

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Livres

Le top 10 de mes livres favoris

Il n’est jamais évident de faire état de ses œuvres préférées, qu’il s’agisse de littérature, de cinéma ou de musique.

D’abord parce que « choisir c’est renoncer ». Pour définir une liste contenue de ses œuvres favorites, cela implique nécessairement de faire un tri et de laisser sur le côté d’autres œuvres, non moins intéressantes ou géniales.

Mais surtout, c’est « s’exposer », se dévoiler. Si je vous confesse que mes livres favoris sont des biographies de tueurs en série, vous ne me regarderez pas de la même manière que si je vous avoue posséder l’intégrale de Oui-Oui reliée cuir.

Si je partage régulièrement le flux de mes lectures, rien n’indique au delà de mes coups de cœur ou coups de gueule, si tel ou tel titre intègre mon « panthéon » personnel.

Voici donc quels sont pour moi les œuvres littéraires les plus importantes et les plus marquantes.

Bien entendu, il s’agit d’un palmarès partial et partiel, fondé uniquement sur mes lectures personnelles. Si vous avez d’autres titres à me suggérer, je serais ravi d’en discuter avec vous dans les commentaires 😉

Le cimetière de Prague – Umberto Eco

Le cimetière de Prague

Mon cursus universitaire a été marqué au fer rouge par l’Histoire des unifications allemande et italienne au XIXe siècle.

Umberco Eco nous plonge littéralement dans cette époque à travers un roman à la langue élégante et à l’intrigue haletante et ciselée.

C’est cette alliance d’un contexte historique fidèlement retranscrit, impliquant physiquement de grands noms de l’époque, tel Alexandre Dumas pour ne citer que lui, et une intrigue rocambolesque mais passionnante qui en font mon livre préféré, n’ayons pas peur des mots.

Le nom de la Rose – Umberto Eco

Le nom de la rose

Faut-il encore présenter ce monument de la littérature du XXe siècle ?

Largement popularisé par le film de Jean-Jacques Annaud, trop peu de gens se sont frottés à mon gout à l’oeuvre originelle.

Assez paradoxalement, je ne sais pas clairement dire précisément pourquoi ce livre est l’un de mes favoris. C’est un sentiment d’ensemble. Tout juste la combinaison enquête / moyen âge me ferais dire que ça en fait justement un ouvrage à part, mais cela ne suffit pas. D’autre l’ont fait après Umberto Eco.

C’est donc également sa touche à lui, empreinte de sobriété et d’élégance qui fait mouche.

Un livre dans tous les cas particulièrement prenant et dans lequel on découvre de nouveau détails à chaque relecture.

La saga du Commonwealth – Peter F. Hamilton

l'étoile de pandore

De tous les auteurs de science fiction qu’il m’a été donné de lire, Peter F. Hamilton est sans conteste mon favori.

Créateur d’une bibliographie colossale, son oeuvre fait référence dans le monde de la science fiction. Maître du space opera, son talent réside à la fois dans la création d’univers riches et cohérents, mais surtout dans des personnages excellemment bien écrit auxquels le lecteurs s’attache et s’identifie immédiatement.

Dans cette profusion, la saga dites du Commonwealth (intergalactique) fait pour moi figure de summum littéraire.

Composée de quatre volumes (L’étoile de Pandore 1 et 2, Judas déchaîné, Judas Démasqué) elle trace sur près de 2500 pages des intrigues entrelacées sur fond de guerre galactique.

Le tout est d’une cohérence et d’une limpidité déconcertante, ce qui en rend la lecture passionnante et inarretable.

L’univers mis en place dans cette saga, qui n’est pas le premier ouvrage de l’auteur, a ensuite été prolongé par la trilogie du vide, non moins passionnante, mais de mon point de vue un peu en dessous, puis par les naufragés du Commonwealth, sympathique mais qui s’éloigne tout de même assez du matériau de base.

Farhenheit 451 – Ray Bradbury

Fahrenheit 451

J’ai découvert ce livre pendant mon adolescence. Avant de découvrir par le menu le concept même autodafé, qu’il ait été pratiqué au moyen-âge ou par le régime nazi.

Quoi de plus détestable pour un lecteur que d’imaginer que l’on puisse brûler les livres ?

Mais ce qui donne toute sa force à ce titre, c’est le pari simple mais audacieux de proposer une uchronie basée sur le renversement du rôle des pompiers. Sous la plume de Bradbury, ils deviennent soldats du feu, non pour les éteindre, mais pour les allumer.

A la fois simple et terriblement explicite, le roman pose son intrigue de manière efficace. Et cette simplicité donne toute sa force à ce texte majeur du XXe siècle.

J’ai d’ailleurs été frappé de découvrir, bien après ma première lecture, que cet ouvrage, pourtant dense, n’avait nécessité que neuf jours pour son écriture. Un élément qui témoigne d’une part du génie de Bradbury, mais également qu’une idée n’a pas nécessairement besoin de plusieurs années pour être accouchée !

La langue géniale – Andrea Marcolongo

La langue géniale

Je suis un helléniste contrarié ! Et l’une de mes plus grande frustration d’étudiant aura été de ne pas avoir été au bout de mon cursus sur l’antiquité grecque…

Du grec, j’en ai fait par choix pendant presque 10 ans. Ce n’est pas assez pour en dominer toutes les subtilités et toute la beauté.

Le grec, et c’est triste à dire, est de plus en plus délaissé. Surtout le grec ancien, mais il ne se trouve pas beaucoup plus de cours de grec moderne.

Le livre d’Andrea Marcolongo désacralise cette langue qui fait peur et tente de dissiper les mauvais souvenir de ceux qui ont fait grec sans le choisir.

Jovial et très simple à lire, ce livre est une puissante déclaration d’amour à cette langue mal aimée et qui pourtant porte en elle tout ou presque de notre patrimoine intellectuel, philosophique et grammatical.

Le seigneur des anneaux – J. R. R. Tolkien

Le seigneur des anneaux

Ça fait un peu cliché d’avoir le Seigneur des Anneaux dans son top tant la folie du début des années 2000 avec la sortie de l’adaptation cinématographique de Peter Jackson a donné naissance à une armée de « fan » de l’oeuvre de Tolkien.

Comme beaucoup de gens de ma génération, j’ai découvert ce livre alors que j’étais au collège. Effrayant pour beaucoup de monde en raison de son épaisseur et de l’apparente monotonie de son style avec ses grandes et longues descriptions, ce monument de la littérature de l’imaginaire est pourtant le pilier fondateur de la fantasy.

Souvent imité mais jamais égalé, il a inspiré des centaines pour ne pas dire des milliers d’auteurs à travers le monde, épuisant le genre jusqu’à l’excès.

Mais derrière l’épopée, qui a posé les conventions du genre, derrière les paysages majestueux, se dessine l’interprétation du monde par Tolkien. Un monde meurtri par le premier conflit mondial. Miroir de la folie des hommes, le seigneur des anneaux offre une relecture du monde contemporain de Tolkien sous des dehors imaginaires et féerique.

C’est pour toutes ces raisons que j’aime ce livre (enfin, ces livres) et que je lui réserve une place de choix dans mon panthéon personnel.

Belle-Amie – Harold Cobert

Belle-amie

Il se passe définitivement quelque chose entre moi et le XIXe siècle.

Si j’avais été plutôt froid à l’endroit du Bel-Ami de Maupassant lorsque je l’ai eu entre les mains sur les bancs de l’école, la suite proposée par Harold Cobert en ce début 2019 me l’a rendu beaucoup plus sympathique.

Belle-Amie réussi le double pari de proposer un ouvrage reprenant le style de Maupassant, ce qui est en soi une gageure, et surtout une suite cohérente et passionnante de l’oeuvre originelle.

Ces deux aspects sont intimement liés. Ecrire un tout nouvel ouvrage à la manière de Maupassant sans se référer à l’oeuvre de ce dernier n’aurait pas beaucoup de sens. De la même manière, proposer une suite à Bel-Ami, en n’adaptant pas le style et le ton à celui de Maupassant n’aurait que peu d’intérêt.

Du coup quand on additionne le talent, la beauté de la langue, la puissance de l’intrigue et l’hommage, nous trouvons là un véritable chef d’oeuvre qui mérite pour moi sa présence dans cette liste !

L’île au trésor – Robert L. Stevenson

l'ile au trésor

Si j’ai brièvement eu la volonté de devenir explorateur, marin, pirate, ou les trois à la fois, c’est en grande partie à cause de l’île au trésor.

Combinant exotisme, danger, trésor et flibuste, ce livre incarne à mes yeux le roman d’aventure par excellence.

Mais plus qu’une chasse au trésor et tout ce qui l’entoure, l’île au trésor donne à voir aux (jeunes) lecteurs de manière tout à fait subtile, un éventail assez large des sentiments humains, allant de la peur jusqu’à l’euphorie en passant par la trahison et la duplicité.

Un classique certes mais dont l’élégance et la simplicité me le garde cher à mon cœur !

Ready Player One – Ernest Cline

Ready Player One

Ready Player One est un livre qui résonne en moi d’une façon que je n’aurais pas soupçonnée.

Enfant des années 90, j’ai construit la majorité de mon imaginaire à cette époque. Si ma culture scolaire et générale s’est construite et enrichie bien plus par la suite, elle ne remplace pas le référentiel de pensée inconscient qui se met pendant les jeunes années.

La naissance de l’informatique et les débuts de la démocratisation du jeu vidéo m’ont accompagné pendant des années.

Vibrant hommage à cette époque révolue, mais que l’on oublie trop souvent quand elle n’est pas simplement décrédibilisée, Ready Player One offre d’une part une bouée mémorielle pour cette époque des débuts du gaming, mais inclue également toute la pop culture numérique jusqu’au jeux et pratiques les plus récentes.

Sur la base d’une intrigue solide et distillant ses clins d’œil tout en délicatesse et subtilité, Ready Player One est, au delà de son contenu, un objet littéraire tout à fait plaisant !

Les sept habitude de ceux qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent – Stephen R. Covey

Les 7 habitudes

J’aime à penser que nos réussites tiennent avant tout à nos propres efforts, à notre propre volonté et à nos propres réalisations.

Si l’on est pas à l’abri que les circonstances contribuent à provoquer un échec de l’un ou l’autre de nos projets, je trouve que cette excuse est trop souvent utilisée pour justifier nos propres lacunes.

Le livre de Stephen R. Covey, s’il est idéaliste sur certains points est un excellent guide pour se mettre en ordre de marche afin de réussir ce que vous entreprenez.

A relire régulièrement !

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Livres Récap'

Bilan de mes lectures de février 2019

Février 2019

Un mois de février très chargé !

Emmanuel le magnifique

Emmanuel le magnifique

Avec une plume et un style qu’on lui connait, Patrick Rambeau poursuit avec Emmanuel le Magnifique son oeuvre de chronique de la vie politique française inaugurée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Si pour nous, contemporains du sujet, la tournure prise par le récit nous est d’une limpidité absolue (pour peu que l’on s’intéresse un minimum aux actualités et que l’on ne vive pas dans une grotte), que restera t-il une fois les affres du temps passés ?

Certains détails sont en effet embellis et, outre les préférences politiques objectives de l’auteur, l’exercice de synthèse inévitable conduit bien entendu à emprunter certains raccourcis qui trahissent néanmoins ce que la plupart des gens retiennent de chaque épisode narré. On est néanmoins en présence d’un livre tout à fait plaisant qui permet de remettre en perspective le tumulte de l’actualité.

Dans tous les cas, une petite merveille de vocabulaire et de maniement de la langue française pour notre plus grand plaisir !

La méthode bullet journal

La méthode bullet journal

Noyé au milieu de tous les outils numériques disponibles pour organiser notre quotidien, la méthode Bullet Journal propose d’avoir un véritable compagnon de route sous la forme d’un carnet unique.

Celui ci sera le réceptacle de toutes vos tâches, tous vos projets, toutes vs idées et tous vos ressentis.

Si Ryder Carroll donne un cadre, il insiste bien sur le fait que la « méthode » peut s’adapter selon les besoins de chacun.

Si j’ai bien aimé le livre, il est encore un peu tôt pour en livrer une critique. En effet, comme pour chaque ouvrage de ce type, il faut d’abord passer par la case de l’expérimentation pour en faire le tour complet.

Je tiens donc depuis le début du mois un bullet journal. Rendez-vous en avril ou en mai pour voir ce que cela aura donné !

Mind mapping

Mind Mapping

Une lecture décevante ou l’on apprend moins finalement sur la méthode du mind mapping que sur les prestations diverses et variées des auteurs.
Si l’on glane quelques conseils utiles au passage, le lecteur est vite laissé à lui-même, les chapitres étant structurés à l’identique : exposé / débrouillez-vous / bilan.
L’ouvrage passe beaucoup trop vite sur certains aspects, ne prend pas le temps de détailler les exemples proposés et laisse en revanche beaucoup de place à des sujets inutiles (la procédure d’installation de Xmind par exemple).
Cher pour ce que c’est, d’autres ouvrages sur le sujet semblent permettre d’en apprendre d’avantage de manière plus concrète.

Lectio Letalis (Critique)

lectio letalis

Lectio Letalis exécute avec brio la recette du thriller ésotérique. Tous les ingrédients nous invite à déguster au plus vite chaque page pour atteindre le dénouement et les révélations finales. Un livre qui tue, des personnages haut en couleurs, une secte mystérieuse et une enquête menée tambour battant dans un cadre dépaysant, que demander de plus ?

Maniant avec subtilité l’art de l’ellipse, le roman sait nous garder au fait de l’action avec une économie de mots qui rend la lecture fluide et plaisante. Dommage pour certaines scènes que l’on aurait aimer voir se dérouler avec de plus amples détails.

Si l’ensemble se tient tout à fait, on regrette quelques raccourcis scénaristiques ou que les personnages parviennent trop simplement et justement à certaines conclusions. On n’est pas loin par moment du Deus Ex Machina.

Il n’en demeure pas moins que c’est très bien écrit, avec une richesse de vocabulaire assez rare pour être notée pour ce type de littérature. Un roman haletant !

Silence sous la blouse (Critique)

silencesouslablouse

Une enquête très fouillée et documentée sur les ravages du harcèlement sexuel en milieu hospitalier.

On a beau le savoir ou le deviner, les pratiques de certains praticiens (!) font froid dans le dos.

Une lecture éclairante et qui va participer à la prise de conscience collective qu’il est grand temps

La solitude Caravage (Critique)

La solitude Caravage

Une véritable déclaration d’amour pour le peintre italien !

Bien plus qu’une biographie, la solitude Caravage nous amène à une certaine intimité avec le peintre mais également avec l’auteur.

Plaisant à lire et qui donne envie d’en savoir un peu plus sur le Caravage. Une vraie réussite !

L’art de la victoire (Critique)

l'art de la victoire

Il s’agit de la biographie du fondateur de Nike, Phil Knight, dont il fut le président jusqu’en 2006.

Suivant un plan strictement chronologique, l’auteur parcours toutes les étapes de la création de ce véritable empire du sport.

Guidé par son audace, sa ténacité (ou son obstination) et un peu par la chance, il passe petit à petit de la vente de chaussures d’import japonaise depuis le coffre de sa voiture à la gestion de magasins et de contrat avec des sportifs à travers le globe.

Forcément biaisé sur certains aspects, le livre affiche tout de même un bonne dose de franchise et de lucidité sur certaines de ses faiblesses (managériales, familiales, etc.)

Une lecture savoureuse et instructive !

Game of Rome

Game of Rome

Ce livre est une catastrophe…

Alambiqué et confus, son propos, pourtant simple, à savoir pourquoi l’antiquité est-elle utilisée dans les jeux vidéo et comment est-elle utilisée ou représentée, n’est absolument pas lisible.

L’auteur se perd dans des considérations absconses en faisant usage d’un vocabulaire et d’une syntaxe totalement en inadéquation avec le sujet. Si l’ouvrage ne se destine a priori pas à un travail de vulgarisation, force est d’admettre que l’ouvrage et son auteur se trompent visiblement de cible. en effet, trop lacunaire pour ceux qui ne serait pas familier avec l’univers vidéoludique en général et trop tarabiscoté pour ceux qui ne seraient pas issus du sérail du corps enseignant universitaire, le livre se montre au final trop superficiel pour pouvoir être considéré comme un ouvrage sérieux sur le sujet.

Trop peu d’exemples (mal) utilisés qui ne reflète finalement qu’une infime portion de tout ce qui aurait pu ou du être dit sur le sujet.

Le contenu de ces quelques pages auraient pu être résumés en une simple note de blog un peu fournies ce qui, dans un langage compréhensible, aurait pu servir d’introduction à une somme beaucoup plus approfondie du sujet.

A éviter…

Histoire secrète du sport (Critique)

Une histoire secrète du sport

Si ce livre ne vous donnera pas forcément envie de vous mettre au sport si vous êtes plus adepte du pizza-bière-foot que des footing matinaux, il va vous mettre en revanche une belle claque si vous pensiez en savoir un tant soit peu sur le Sport avec un grand S.

Et d’abord sur sa relative jeunesse. Contrairement à la croyance couramment admise, quand bien même les grecs de l’antiquité pratiquaient des activités physiques de compétition, l’émergence du sport en tant que pratique concurrentielle de haut niveau est, à l’échelle de l’humanité, très récente. un siècle et demi tout au plus.

Et l’on prend alors conscience de la folle machinerie qui s’est mise en marche autour de ce qui n’était au départ qu’un loisir, qu’une distraction, utile pour le corps et l’esprit.

A travers les grandes et les petites histoires et anecdotes de l’histoire du sport (à ne pas confondre avec l’histoire sportive) on découvre aussi bien de grands moments et des héros, que les pires bassesses et le gangrénage progressif par l’argent.

L’ouvrage, d’une richesse incroyable, nous offre à voir cette face cachée du sport, derrière les médailles, les résultats, les buts et les records. Excellemment bien écrit et très bien documenté, les auteurs nous offre une véritable saga, que l’on imagine sans peine adaptée en série télé ! Même les épisodes pourtant à priori très bien connus du publics sont éclairés sous un nouveau jour et enrichi de détails insoupçonnés.

Une véritable somme sur le sujet que tout bon passionné se doit d’avoir dans sa bibliothèque !

La folle enquête de Stieg Larsson – Sur la trace des assassins d’Olof Palme

Stieg Larsson

L’assassinat du premier ministre suédois Olof Palme est pour nous français quelque chose d’inconnu ou, pour les plus anciens, quelque chose de diffus et lointain.

Si cela n’a pas forcément eu beaucoup de retentissement chez nous, encore moins aujourd’hui plusieurs dizaine d’années après les faits, il n’en n’a pas été de même pour Stieg Larsson, auteur mondialement connu de la saga Millenium.

Ce livre extrêmement bien construit et bien écrit, nous fait donc découvrir que l’élucidation de cet assassinat a non seulement été l’oeuvre d’une vie pour Stieg Larsson mais que ce crime est encore à ce jour non élucidé.

L’auteur reprend donc l’enquête sur la base de l’importante documentation laissée par Larsson et tente de donner une issue à ce mystère qui continue de traumatiser la Suède.

Passionnant et intriguant à plus d’un titre !

Les cendres de Babylone

Les cendres de babylone

On retrouve nos héros à la lutte contre la flotte libre après le cataclysme provoqué sur Terre par la chute volontaire d’astéroïdes qui ont provoqué mort et désolation.

Toujours aussi haletant, toujours aussi bien écrit, c’est à ce jour l’un des meilleurs de la série !

La mère parfaite

La mère parfaite

Il n’est décidément pas facile de devenir maman.

C’est finalement le message principal de ce roman policier qui a pour toile de fond l’enlèvement d’un nourrisson. Si l’intrigue policière donne corps au récit, le roman nous donne plutôt à voir toutes les difficultés que pose la très forte intellectualisation de la grossesse puis de l’arrivée du nouveau-né.

Les différentes protagonistes, dans une sorte de « Desperate Housewives » du syndrome post-partum, sont chacune confronté à des situation différentes; Grossesses compiiquées, FIV, fausses couches, tout y passe. Et les choses se compliquent quand on découvre leur quotidien New-Yorkais avec ce que cela implique de stress, d’angoisse face à un système américain pas vraiment porté sur l’assistance et où les frais doivent être intégralement couverts par le fruit de votre travail.

L’intrigue essai bien de faire passer chacune des maman pour une potentielle suspecte, mais cela ne prend jamais véritablement. En effet, on assiste un peu éberlué au fil de la lecture à la disparition de l’instinct maternel. Ces nouvelles maman semblent en effet incapable de la moindre initiative et sont sans arrêt tributaire de conseils, de guides, pour leur dire quoi faire et quand. De ce fait, on les imaginent bien incapable de fomenter un enlèvement…

Malgré quelques lourdeurs, la lecture est globalement plutôt fluide et le sens du suspens, quoique artificiel, est bien maîtrisé.

La méthode mapwriting

La méthode mapwriting

Je suis particulièrement adepte du mind mapping (ou carte heuristique dans la langue de Molière).

Outil de clarification et d’organisation des idées, je souhaitais aller plus loin. Après un premier ouvrage assez décevant sur le sujet (cité plus haut), je me suis en chasse d’un autre livre sur le sujet. Mes recherches m’ont conduites sur cet ouvrage qui propose un angle assez original.

Mes projets tournant beaucoup autour de l’écrit, l’orientation de ce livre m’a assez vite convaincu de sa pertinence et de son intérêt.

Je dois avouer que sa lecture ne m’a pas déçue et que je suis actuellement en train de mettre en pratique les conseils et techniques détaillées à l’intérieur.

Bilan a venir d’ici quelques semaines / mois.

Bernadette Chirac, les secrets d’une conquête

Bernadette Chirac

Erwan L’Éléouet nous livre avec cet ouvrage une version écrite de ce qui s’apparente à un numéro de l’émission « Un jour, un destin » à laquelle il participait.

Le livre brosse à grands traits certains points saillants de la vie de celle qui fut première dame de France. Car plus que la vie de Bernadette Chirac, c’est très vite celle de son illustre mari que l’on retrace en creux. De son enfance marquée par une éducation très stricte et par la guerre, mais qu’elle aura toujours vécue depuis un château, jusqu’à sa retraite, le livre égrène les épisodes successifs d’une vie menée tambour battant.

Assez pudique sur les écarts de Jacques, le livre met en lumière la force de caractère de celle qui a su passer progressivement de l’ombre à la lumière. Exercice biographique documenté, l’ouvrage n’est pourtant pas aussi détaillé que pourrait l’être un livre du genre.

Moins documentaire dans sa démarche que narratif, le livre tend à réhabiliter cette femme politique en justifiant son caractère et sa conduite à l’aune des événements de sa vie. Une publication de plus dans la littérature déjà abondante sur les Chirac, qui contribue néanmoins à détailler un peu plus une fresque historique déjà chargée, à travers des détails inédits récoltés par l’auteur lors d’entretiens exclusifs.

Erwan L’Éléouet synthétise également de nombreux fragments disséminés dans différentes interviews, reportages ou articles, qu’il replace ici dans une démarche chronologique bienvenue.

La meute

La meute

Ce livre est maladroit dans tout ce qu’il entreprend.

Sans véritable fil conducteur, le roman nous bombarde les excès et les états d’âme de cette bande de copines assez vulgaire et à laquelle on n’éprouve aucune empathie. Le roman se termine sur une note grave, qui essaye de donner un peu de sens à toutes les dérives auxquelles on a pu assister page après page.

S’il fallait le résumer, le message du livre pourrait être : profitez de la vie car on ne sait jamais quand celle-ci va se terminer. Mais même ce final dramatique est brouillon, confus et peu lisible. Et puis surtout, est-ce vraiment profiter de la vie que de brûler la chandelle par les deux bouts, au risque de maltraiter son corps ? On a le droit d’en douter sérieusement. Consommation excessive d’alcool, de stupéfiants, boulimie, vie sexuelle débridée, sont autant de clichés de la vie nocturne parisienne (mais pas que) auxquels on n’adhère déjà pas forcément, même s’ils sont probablement poussés un peu à l’extrême, mais surtout, tout cela est extrêmement mal écrit.

Le style est brouillon, la narration totalement décousue et le propos confus. En découle un roman bancal, sans direction, brassant des situations qui au mieux suscitent l’indifférence, ou, au pire, la révulsion.

Le président sur la corde raide

Le président sur la corde raide

Se voulant à la fois très objectif et très analytique, le livre de Roland Cayrol brosse un constat plutôt honnête du début de quinquennat d’Emmanuel Macron.

N’occultant pas les difficultés et les erreurs commises, l’auteur insiste par ailleurs beaucoup sur les réussites ou, à tout le moins, sur les engagements tenus ou en passe de l’être.

De ce fait, l’ouvrage est relativement ambigu car il semble embellir quelque peu le positif et minorer ou à minima relativiser les points négatifs que lui même aborde.

Cet exercice d’équilibriste nuit au propos. Non qu’il eu fallut que le livre soit totalement à charge ou à décharge, mais il ne tranche pas suffisamment, même quand il s’agit de dire du bien.
Au surplus, l’ouvrage n’explicite sa finalité qu’à l’amorce de sa conclusion. En découle un long exercice d’introduction pour ne finalement délivrer qu’un seul message : l’exécutif doit accepter d’avoir recours au peuple pour gouverner. Selon l’auteur, il s’agit là de la seule promesse électorale non (encore) tenue à ce jour.

Compte tenu de ce point de vue, il est dommage que le mouvement des gilets jaunes n’aient pas été étudié plus avant, car s’il est bien une de leur revendications qui trouve écho dans ce livre, c’est justement cette coupure des élus et du peuple, ce dernier se sentant mis à l’écart à l’heure où le président élu, comme cela est rappelé par Roland Cayrol souhaitait plus de démocratie, plus de participation.

Correctement documenté, l’ouvrage pose un diagnostic plutôt consensuel qui a au moins le mérite de voir s’engager l’auteur. Cela fera le délice des historiens qui auront à disposition une littérature abondante sur ce quinquennat comme les précédents.

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Cinéma

Vice d’Adam McKay : tout sur Dick Cheney

Vice

Vice est un film américain, réalisé par Adam McKay (The big short) et distribué par Annapurna Pictures  aux États-Unis et par  Mars Distribution en France.

Le film nous raconte la vie de Dick Cheney, homme politique et homme d’affaire en vue dans les années 70 et 80. Il est surtout connu pour avoir été le colistier et vice-président de George W. Bush, 43e président des Etats-Unis d’Amérique de 2000 à 2008.

Le film tire son titre de ce dernier poste d’influence qu’il occupa et fait écho aux manœuvres que Dick Cheney mit en œuvre tant en matière d’enrichissement personnel que de dérives politiques.

Le rôle-titre est interprété à l’écran par Christian Bale. Le reste du casting trois étoiles met en scène de nombreux personnages de l’administration Bush bien connus du grand public. Donald Rumsfeld y est notamment campé par un Steve Carel resplendissant.

Ce film est une véritable réussite visuelle, scénaristique et intellectuelle.

Un scénario en béton

Bien que racontant la vie de Dick Cheney, le long métrage n’adopte pourtant pas le cadre d’un classique et banal biopic standardisé. S’il y a bel et bien une trame chronologique, le film s’attache avant tout à explorer et mettre au jour la façon insidieuse dont le discret Dick Cheney parvient à s’emparer du second rôle de l’État américain.

Car s’il ne s’est jamais véritablement exposé sur le devant de la scène politique, il fut malgré tout l’artisan d’une transformation de l’exécutif vers un rôle absolu et omnipotent.

Pour cela il s’appuya sur la théorie du … elle-même fondée sur une interprétation de l’article 2 de la constitution. Selon cette théorie, rien ne saurait être supérieur à l’impératif qu’a le président des Etats Unis de protéger le peuple américain. Ainsi, il est possible de se dispenser en certains cas de l’avis et du contrôle du parlement (chambre et sénat) dès lors qu’il est question de la sécurité des américains.

La mise en œuvre de cette théorie explique les nombreuses dérives opérées après les attentats du 11 septembre et lors de la guerre en Irak.

En cela, le film est très éclairant sur les mécaniques à l’œuvre dans l’escalade de violence et de violation des droits de l’homme : manipulations de l’opinion, interprétation des faits et des documents, etc.

Mais au-delà de cette période, qui constitue la fin de sa carrière politique, le long métrage nous donne à voir les débuts de cette carrière, largement méconnue de notre côté de l’atlantique. Son ascension progressive dans les rouages de l’administration et de la maison blanche sous les présidences de Nixon ou Reagan débute sous l’aile de Donald Rumsfeld, personnage bien connu de l’administration Bush.

Quelles sont nos convictions ?

Le choix de Cheney de se porter sur Rumsfeld ne tient qu’à la personnalité et au franc parlé de ce dernier. D’ailleurs, le film ironise très largement sur « les convictions » de ceux qui occupent ces postes à responsabilité. « Rumsfeld est républicain ? OK. Je serais donc républicain. ». « Mais au fait, quelles sont nos convictions ? ». Ce à quoi Rumsfeld répond par un grand éclat de rire.

S’il fallait encore en douter, l’intérêt des américains semble passer au second plan derrière les intérêts personnels et d’affaires.

Le film met enfin en scène la vie familiale et personnelle de Dick Cheney. Ses excès, qu’il s’agisse d’alcool dans sa jeunesse ou de bonne chaire au fil du temps, qui le conduiront plusieurs fois à l’hôpital en raison des fragilités de son cœur.

Raconté par un narrateur dont je vous tairais l’identité, le film excelle en cela que les « trous » inévitables que la documentation ne permet pas de combler, sont très élégamment gérés avec des dialogues décalés qui laissent imaginer la teneur de ces instants « off the record » sans chercher à les recréer de manière artificielle.

Le ton du film est résolument à charge et hostile à Dick Cheney, et plus largement au camp républicain. Mais la démarche presque documentaire du long métrage en fait avant tout un objet de réflexion avant d’être un simple film engagé.

La deuxième réussite du film est donc intellectuelle.

Méditez, méditez…

S’il en était encore besoin compte tenu du nombre incalculable d’œuvre de fiction décrivant par le menu les rouages du monde politique américain, le film nous donne à voir la fabrique du pouvoir aux États-Unis. Il se concentre tout de même sur deux périodes clés : la présidence Nixon et celle de George W. Bush.

La première se termine par la démission du Président à la suite du scandale du Watergate. La seconde met en scène un homme politique largement inexpérimenté, peu sur de lui, qui n’a pour lui que son nom et qui recherche en Cheney une caution politique.

C’est cette inexpérience conjuguée à la faiblesse de l’individu qui laissera le champ lire à Cheney pour mettre en œuvre son projet politique et intervenir directement dans la vie politique du pays, alors que le rôle du vice-président est avant tout symbolique. Les conséquences de cette prise de pouvoir se font encore sentir aujourd’hui…

Le long métrage s’attarde évidement sur le rôle joué par Cheney dans le déclenchement de la guerre en Irak et sur les manipulations mises en œuvre. Le film absout par la même occasion Colin Powell, secrétaire d’état à la défense de l’époque, qui, en ce temps, paraissait pour un va-t’en guerre alors qu’il n’était pas partisan de cette intervention.

Les conséquences de cette guerre dans l’état du monde d’aujourd’hui sont pleinement mises en lumières. Et pour qui le découvrirait : c’est édifiant…

Féroce, le film nous oblige à interroger le rôle du politique et nuancer la « nouveauté » de certains discours. Des extraits savamment choisis de discours prononcés dans les années 80 font étrangement écho (presque au mot près) de discours prononcés par Donald Trump ou Emmanuel Macron.

Non content de nous enseigner des choses et d’alimenter notre réflexion, le film a le bon goût d’enrober son message dans une esthétique réussie.

Vice est une réussite visuelle.

Un bel objet cinématographique

En tout premier lieu, le travail de montage effectué est bluffant. Dans la veine de cette frange de film américains d’opinion, présentés sous forme de fiction, l’enchaînement des plans adopte une forme presque nerveuse. Parfois douce et tantôt abrupte, les transitions donnent un vrai rythme au long métrage.

Ensuite, certains plans sont d’une extrême puissance visuelle. La réalisation prend un malin plaisir à insister sur certaines situations ne mettant pas spécialement Dick Cheney en valeur. Ces plans sont particulièrement longs et, à la manière d’un Tarantino, insiste par cette longueur sur le message délivré. La scène de la transplantation cardiaque, laissant apparaître la cavité cardiaque complète vide, dure là aussi assez longtemps pour que le spectateur puisse se faire la réflexion que finalement, il ne s’agit rien de moins que d’un homme sans cœur. Subtil.

Quels talents !

Mais là où Vice sublime son propos, c’est à travers le jeu de ses acteurs. Christian Bale campe à la perfection Dick Cheney, que celui-ci soit athlétique dans ses jeunes années avec un physique, dégarni à l’approche de la cinquantaine ou bedonnant à un âge avancé. Le travail de maquillage est exceptionnel et, si l’on devine toujours les traits de l’acteurs, ceux-ci se font largement oublier derrière la carrure imposante qu’il incarne. Le travail sur la voix est également impressionnant. Une économie de mots, posés dans un murmure caverneux renforce bien l’idée que l’on est en présence d’un homme nimbé de mystères.

Mention spéciale pour Amy Adams, une actrice que j’aime beaucoup. Elle livre ici une performance rafraichissante quoiqu’il faille admettre qu’elle ne vieillit pas autant à l’écran que son mari de vice-président.

Si Steve Carell surjoue par moment, mais jamais trop pour que cela soit dérangeant, il n’y a rien à redire sur les acteurs et leur présence à l’écran. Leur jeu sonne juste.

Pour les besoins de l’histoire et de la vraisemblance, puisqu’il s’agit pour certaines scènes de faits réels, le rôle des décors est primordial. Certains ont été recréés via trucages. C’est notamment le cas du discours de George W. Bush sur le porte-avions à la fin de l’intervention en Irak. Dans tous les cas, le soin du détail est présent et l’immersion de spectateur total.

Le travail sur la lumière mérite d’être noté. Excellement bien dosée, elle concourt à l’esthétique globale et n’est jamais prise en défaut (ce qui n’est hélas pas forcément le cas sur tous les longs métrages).

Un dernier mot concernant la bande son (oui, je sais, ça sort du cadre visuel !). La bande originale est excellente et accompagne toujours discrètement l’image.

Foncez

Vice est une véritable réussite. Avec un propos pas forcément évident, le réalisateur parvient non seulement à faire le tour de son sujet mais également à faire passer plusieurs messages forts.

Réussite visuelle et scénaristique, le long métrage réussi le pari de proposer un récit à mi-chemin entre le biopic et le documentaire, le tout servi par un casting impeccable, une bande son irréprochable et une réalisation franche et maîtrisée.

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L’art de la victoire de Phil Knight : quel pied !

L'art de la victoire

L’art de la Victoire est l’autobiographie du fondateur de l’équipementier américain Nike dont il fut le président jusqu’en 2006.

Life is life

Je suis toujours un peu perplexe face aux biographies. Et encore plus face aux autobiographies.

L'art de la victoire

C’est quelque chose que nous expérimentons tous : nos souvenirs ont souvent tendance à être embellis. Nous avons déjà une tendance naturelle à ne retenir que les meilleurs souvenirs. Mais par ailleurs, nous biaisons nos mauvais souvenirs ou mauvaises expériences. Soit qu’elles nous aient appris quelque chose, ce qui en atténue l’aspect négatif, soit que nous relativisions.

La vie de Phil Knight est un roman. Un roman qui démarre véritablement pour lui quand il entreprend son tour du monde à l’issue de ses études. De son enfance, il sera très peu question. Un choix volontaire et délibéré qui en dit long sur ce que le fondateur de Nike estime important. Quelle qu’ait été votre éducation ou vos études, rien ne conditionne votre vie, vos projets ou vos rêves.

A partir de cette épiphanie fondatrice, le récit se déroule chronologiquement dans une succession de chapitres rythmées par les années qui passent. On assiste alors aux prémices du business de chaussures de sports qu’il rêve de créer. D’abord distributeur d’une marque japonaise, qu’il commercialise de manière assez artisanale à l’arrière de sa voiture, il va progressivement s’en émanciper et commencer à faire fabriquer ses propres modèles.

Tributaire de ses fournisseurs, de ses créanciers, la situation financière de la jeune entreprise est régulièrement dans le rouge et flirte souvent avec la banqueroute. Cette situation est d’ailleurs loin d’effrayer Phil Knight même s’il confesse plusieurs nuits blanches. Car plutôt que de suivre les conseils et recommandations de ses banquiers, afin qu’il adopte une gestion saine (selon leurs critères) de son entreprise naissante, Phil Knight appui au contraire sur l’accélérateur.

Aller plus haut

Petit à petit, l’entreprise croit et se développe. Son chiffre d’affaire augmente ainsi que le nombre de ses collaborateurs. Jusque-là, il ne s’agit rien de plus que du parcours classique de la création d’une entreprise, qui trouve ici ses expressions les plus terre à terre de gestion des ressources humaines et financières.

Sauf à ce que vous souhaitiez vous lancer dans un business équivalent (drop shipping) la véritable valeur du livre ne réside pas forcément dans cette partie-là. C’est instructif certes, et cela permet de replacer les choses dans le contexte des années 70 et 80, où les règles n’étaient pas tout à fait les mêmes et que la valeur des choses ne reposait pas sur la même échelle de valeur.

Si le livre n’est pas un modèle pour ce qui concerne la gestion financière, il ne brille pas non plus par les méthodes liées aux ressources humaines. Phil Knight ne semble étrangement pas forcément doué pour les relations humaines, qu’elles soient personnelles ou professionnelles. Bien entendu, il s’est marié et a eu deux enfants, et voue un amour sans borne à son épouse qui fut plus qu’une aide précieuse dans cette aventure entrepreneuriale. Mais comme il le confesse tout au long du livre, il n’est pas à son aise lors des négociations bancaires ou commerciales, peut se montrer assez dur, cassant voir indifférent à ses propres collaborateurs même et surtout les plus zélés. Et surtout, il n’a pas su trouver les clés pour entretenir de bonnes relations avec ses fils, dont l’aîné trouvera la mort dans un accident de plongée.

Biographie = mode d’emploi ?

Mais une biographie, si elle vaut déjà par ses aspects testamentaires et historiques, vaut surtout par ce que lecteur en retire. Une vie qui mérite d’être racontée en détails (même choisis) apporte son lot d’expériences, de conseils et d’enseignements.

Le piège dans lequel tombe beaucoup d’ouvrages « à propos de » telle ou telle personnalité ayant brillé par son parcours, est de laisser entendre que la vie de la personnalité en question est un modèle et une route à suivre. Comme s’il suffisait de suivre une « recette » pour que le succès soit au rendez-vous.

Ce fut énormément le cas pour ce qui concerne toute la littérature publiée à la suite du décès de Steve Jobs.

Dans le cas de « l’art de la victoire », ce qui a fait justement la force de la vie de Phil Knight explique certainement son manque d’appétit pour la gestion financière et les relations humaines.

Don’t stop believe in

Tout est résumé par l’auteur lui-même : ne jamais s’arrêter. Et force est d’admettre que Phil Knight pense chaussure, respire chaussure et incarne la chaussure à 100%. Ces gens-là ont un nom : Shoe Dog, qui est d’ailleurs le titre original du livre en anglais.

Sa passion immodérée du sport et de la chaussure de sport constitue son moteur. Il faut aller toujours plus loin et toujours plus vite. Cela ne s’est pas fait sans conséquences, mais le fait est qu’à force de pugnacité, d’obstination et de persévérance, Phil Knight est parvenu à bâtir un empire.

Si la chance et l’époque ont une part de responsabilité dans le succès rencontré, qui s’est patiemment bâti année après année, le principal message de cette biographie est que cette conviction de réussir et cette persévérance sont des qualités à cultiver pour accomplir ses projets et s’accomplir en tant qu’homme.

Cela ne fera pas disparaître les obstacles ou les difficultés comme par enchantement, mais une volonté farouche d’aller de l’avant, une certaine dose d’obstination (quand elle n’est pas entêtement aveugle), saupoudrée de confiance en soi constituent le bagage élémentaire pour aller au bout de ses projets.

L’art de la victoire est enfin une plongée dans l’histoire. Histoire du sport, mais pas seulement. Histoire des États-Unis et du monde de ces années 70 et 80. Une plongée dans le Japon d‘après-guerre et de la reconstruction. Histoire de l’émergence du sport business et du rôle que les équipementiers vont alors y jouer, comme cela nous est rappelé dans l’excellente « histoire secrète du sport » de François Thomazeau.

Run, run, run

On achève cette lecture sur un sentiment partagé. D’un côté c’est extrêmement fascinant. Parti de rien (ou presque), Phil Knight, faisant fit des difficultés ou complications, est parvenu à bâtir une multinationale tentaculaire dont la visibilité mondiale est hors norme.

Mais d’un autre côté le récit nous donner à voir quelqu’un, certes de pugnace et déterminé, mais qui dans le même temps peut se montrer sec, obtus, passablement désagréable et presque sans scrupule. En témoigne l’absence de détails sur les conditions de fabrication de ses chaussures en Asie, sur lesquelles il fini tout de même par écrire quelques mots à la toute fin, presque sous la forme d’un mea culpa contraint.

Je n’irais pas jusqu’à dire que Phil Knight est un exemple ou un modèle. Certains aspects sont sans aucun doute à méditer. Mais il ne faudrait pas y voir un modèle absolu de la réussite ou du succès.

Il n’en demeure pas moins que ce livre éclaire cette période de l’histoire et la création de Nike sous un jour nouveau et que rien que pour ça, ça en vaut la lecture !

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Défoule-toi

Défoule toi

Un livre jouissif…

« Défoule-toi ! » est un véritable OVNI qui se situe quelque part entre l’anti manuel de développement personnel et le hurlement primaire de Jean-Marie Bigard.

Ce livre possède une véritable différence avec les classiques du développement personnel que l’on relit régulièrement.

En effet je recommanderais de ne pas revenir trop souvent sur celui-ci. Vous risqueriez de devenir quelqu’un de parfaitement aigri, rancunier et désagréable.

Il ne fait pas de mal extérioriser ses colères. D’autant plus qu’elle est mauvaise conseillère. Mieux vaut donc s’en débarrasser. Néanmoins, le livre brasse tellement de sujets, de situations, de personnes, qu’il n’est pas à exclure que certaines situations ne s’appliquent pas à votre cas.
Là où cela pèche un peu, c’est que le livre ne vous laisse pas la possibilité de dire que vous n’êtes pas concerné, sauf a laisser un blanc…
Du coup, vous souviendrez vous que vous n’aviez rien à mettre ou que vous avez opportunément sauté la question ?

Le principal (et seul) mérite de ce livre, c’est de se délivrer de tout ce que l’on ressasse, consciemment ou pas, et de s’en délester sur le papier.

Passé cet exercice que l’on réalise avec plus ou moins de mauvaise foi, on se sent forcément plus léger. Si l’on a pas effectivement été mettre des claques à deux ou trois personnes ayant subit notre courroux manuscrit, on est en principe plus disposé à enchaîner sur des lectures plus classiques.
Particulièrement jouissif, ce véritable défouloir est autant une manière d’en vouloir aux autres qu’à soi-même et se questionner quant à certaines attitudes.

… mais dispensable

Plutôt bon enfant (encore que…) le livre fini par déborder vers la fin sur des considérations qui dépasse de loin votre cadre de vie quotidien. Il est toujours possible de râler contre des choses sur lesquelles nous n’avons pas prise. Mais comme on ne cesse de se le voir répéter à longueur de livres de développement personnel, il ne peut y avoir que de la frustration et de la colère à chercher à influer sur des choses sur lesquelles nous n’avons justement pas prise.

Fervent partisan du numérique et lecteur assidu sur tablette, je suis dans l’obligation de vous prévenir : Défoule-toi est inutilisable dans sa version numérique !
Le principe étant de pouvoir gribouiller sauvagement tout votre sou sur le papier, ce principe de base ne résiste pas à une version digitale blindée de DRM qui interdit toute modification du fichier…

De mon point de vue, plutôt un cadeau à faire à quelqu’un dont vous savez qu’il est un peu tendu sans le laisser paraître. Clairement pas le meilleur livre de ce mois de février 2019.